FOU
en coûte pourtant beaucoup moins qu’onne croiroit. L’ordre avec lequel une mul-titude y travaille, avance la besogne. Deuxfourmis , qui sont apparemment deux fe-melles , ou peut-être deux mâles , puisqueles mâles & les femelles font ordinaire-ment plus grandes que les fourmis du troi-sième ordre , deux grandes fourmis , dis-je, conduisent le travail, & marquent laroute. Elles font suivies de deux files defourmis ouvrières, dont les fourmis d’unefile portent de la terre, & celles de l’autreune eau visqueuse. De ces deux fourmisles plus avancées, l’une pose son morceaude terre contre le bord de la voûte ou dutuyau du chemin commencé : l’autre dé-trempe ce morceau , & toutes les deux lepétrissent & rattachent contre le bord duchemin ; cela tait , ces deux fourmis ren-trent , vont fe pourvoir d’autres maté-riaux , & prennent ensuite leur place à l’ex-trêmité postérieure des deux files ; cellesqui après celles-ci étoient les premieres enrang , austi-tôt que les premieres font ren-trées, déposent pareillement leur terre , ladétrempent, rattachent contre le bord duchemin , & rentrent pour chercher de quoicontinuer l’ouvrage. Toutes les fourmisqui suivent à la file en font de même, &c'est ainsi que plusieurs centaines de four-mis trouvent moyen de travailler dans unespace fort étroit sans s’embarrasser , &d’avancer leur ouvrage avec une vitestesurprenante. Voye\ M. Lyonnet, fur lesinfectes.
Les voyageurs parlent beaucoup de cer-taines fourmis blanches du royaume deMaduré, nommées par les Indiens car-reyan , & qui font la proie ordinaire desécureuils, des léfards, & autres animauxde ce genre ; ces sortes de fourmis élèventleurs fourmillieres à la hauteur de cinq oufix pieds au-deíïus de terre , & les endui-sent artistement d’un mortier impénétrable.Les campagnes du pays font couvertes defourmillieres de cette nature , que les ha-bitans laissent subsister, soit par la diffi-culté qu’ils ont d’empêcher ces insectesde les rétablir promptement, soit par lacrainte de les attirer dans leurs proprescabanes.
Quoi qu’il en soit, on remarque en tous
lieux que chaque eíjpece de fourmi faitconstamment bande à part, & qu’on neles voit jamais mêlées ensemble ; si quel-qu’une par inadvertance se rend dans unnid de fourmi qui ne soit pas de son es-pece, elle perd nécestairement la vie, àmoins qu’elle n’ait le bonheur de se sauverpromptement.
La fourmi vue au microscope , paroîtcurieuse par sa structure , qui est divisée entête, corps, & queue , qu’un ligament très-délié joint ensemble. Ses yeux perlés sor-tent de la tête, qui est ornée de deux cor-nes ayant chacune douze jointures ; fesmâchoires font garnies de sept petitesdents ; la queue de quelques fourmis estarmée d’un aiguillon creux , dont elles fefervent quand elles font irritées , pourjeter une liqueur âcre & corrosive.
Tout le corps est revêtu d’une especed’armure hérissée de soies blanches & bril-lantes ; les jambes sont aussi couvertes depoils courts & bruns. Voy. Hook , Microfc.obf 49 ; Poivers, Expër.phil. obf 41 ScBakers, Microfc. &c.
Mais le lecteur avide d’autres détails ,peut consulter le Traité des fourmis , deM. Gould , Lond. 1747 , in-S° & à sondéfaut les Tranf philos. n°. 482 , se ct. 4.Nous dirons seulement ici que cet habilehomme détruit complètement dans son ou-vrage l’idée vulgaire de la prévoyance desfourmis & de leur approvisionnement pen-dant l’hiver. {D. J.)
Fourmi. ( Econom. rufliq. ) Ces in-sectes préjudicient beaucoup aux arbresqui portent du fruit , particulièrement auxpoiriers & aux pêchers ; ils mangent lesjets de ce dernier arbre , & les font mourir:c’est pourquoi les jardiniers cherchent tousles moyens possibles de détruire ces petitsanimaux nuisibles , & y travaillent fanscesse. Les uns , pour y parvenir , em-ploient le fumier humain, que les fourmis'ne peuvent supporter ; & ils en mettentune petite quantité au pied des arbresqu’elles aiment davantage : d’autres, pourles en écarter, se servent de sciure de boisqu’ils jettent autour du pied de l’arbre ; deforte que quand elles veulent y monter ,elles sentent que le terrein n’est pas fermefous leurs pattes, & elles fe retirent ail-