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Tome XV.
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de faire servir un fourneau à plusieurs opé-rations de différens genres, & ce font fansdoute celles d’un méme genre qui y ontconduit ; la preuve en est que les premiersfourneaux qui ont été employés dans cedessein, ont pris le nom de polychrefies ,que l’enthousiafme a ensuite converti encelui de catholiques ou universels. Cepen-dant celui de Beccker, qui est le plus endroit de prétendre à cette prérogative ,n’atteindra jamais à cette universalité ; &les enthousiastes du polychrefiifme serontobligés de convenir qu’il laisse les autresbien loin derriere lui, comme plus pré-caires ; tels que les athanor & fourneaude fusion de Cramer : mais il y a touteapparence qu’il ne fond pas des corps d’austìdifficile fusion que celui de M. Pott.

Des fourneaux philosophiques. Ondonne ce nom aux fourneaux qui font par-ticulièrement consacrés au grand-œuvre ,quoiqu’il s’entende aussi de tous ceux quifont du ressort de la chymie philosophi-que , ainsi qu’on peut s’en convaincre parle titre de nouveaux fourneaux philoso-phiques , donné par Glauber au traité qu’ila fait fur cette matière. Ces sortes àc four-neaux diffèrent peu des autres , & ils peu-vent être employés à la plupart des mêmesusages ; de même que les autres peuventpresque tous être employés à la confectionde la pierre philofophale ( voye\ PHI-LOSOPHIE hermétique), en les ajus-tant toutefois à ce sujet.

Nous n’avons donné qu’un exemple defourneaux philosophiques, à moins qu’onne comprenne au même rang les fourneauxà lampe , fig. 64 L? 6°, , \e$ fourneaux deGébert , fig. 5 & 98 , qui font aussi desfourneaux philosophiques ; c’est celui dela Roquetaillade , plus connu fous le nomde Rupefcifia , que la coutume pédantef-que de son tems lui avoit fait prendre. Lacoupe de ce fourneau que nous avons priseseule, se trouve pag. 48 de son livre in- 4 0 ,intitulé Liber lucis ; ouvrage qui, pour ledire en passant, n’a point été mis au nom-bre de ceux de ce cordelier, dans la no-tice que nous en a donné Bayle. Voye\son Diclion. critiq. art. Roquetaillade ,note E. Ce chymiste appelle ce fourneauson athanor : athanor , à la vérité, est un

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nom qu’Abulcasis donne indifféremment àtoutes fortes de fourneaux chymiques ,comme on peut le voir dans son liv. II ,où il traite du vinaigre distillé. Mais il estbon de savoir que ceux qui ont traité dela pierre philofophale , ont entendu par-ticulièrement sous ce nom le fourneau quileur servoit à cet usage , où ils convertis-sent , par ex. leur mercure préparé en laitde la vierge, c’est-à-dire , le dissolvent, lecoagulent, & l’exaltent. Ce fourneau desarcanes , ce fourneau d’Hermès & des phi-losophes , ce fourneau enfin qui portera telbeau nom qu’il plaira à MM. les adeptesde lui donner, doit être construit de fa-çon qu’il puisse fournir trois degrés dechaleur, à la volonté de l’artiste, & fansque le feu frappe immédiatement la matièredu grand-œuvre, ni le vaistèau qui la con-tient ; il faut qu’il ne donne précisémentqu’une vapeur chaude qu’on soit le maîtrede modérer. II faut donc qu’il ait un foyer& même une grille de cendrier , en casqu’on veuille le chauffer avec le charbon ,comme cela se fait d’ordinaire ; car on peutavoir recours au ventre de cheval ou aufeu de lampe ; l’ouvroir y est nécessaire:c’est pour éloigner le vaisseau du feu qu’ona fait le foyer élevé , & pour réverbérer lachaleur qu’on a mis un dôme ; ensorte quece fourneau est fait de quatre pieces. Cedôme est concave , parce que le ciel a cettefigure , ou paroît savoir ; ce qui lui a faitdonner le beau nom à'uranifcus. II a destrous autour pour registres ; celui du milieusert à observer le degré de chaleur. Liba-vius qui a représenté ce fourneau , page 166de son Alchymie , dit savoir fait exécuteren terre, s’en être servi, y avoir vu ce noirqu’on appelle la tête du corbeau , & y avoirfait toute la putréfaction & séparation oudissolution.

La hauteur du fourneau sera de troispieds & demi, & la largeur d’un pied &demi inclusivement : le cendrier fera hautd’un pied, y compris la grille & le fol dufourneau. Le foyer fera terminé à la hau-teur de neuf pouces par un diaphragme defer ou de terre, ayant dans son milieu untrou rond de quatre pouces de diamètre ,pour la communication de la chaleur. Onaura trois registres ou lames de tôle plus