246 FOU '
comme on peut le soupçonner, à un pieddu sol du cendrier, il faut que le soutiende son creuset soit très-haut, comme onpeut l’inférer de ce qu’íl dit, qu’il faut em-plir le fourneau de charbon presque jus-qu’au haut, pour l’en couvrir. On sent bienqu’il prescrit d’y mettre des charbons ar-dens, parce que les noirs refroidiroient :mais il me paraît que l’intervalle. de huitminutes est bien long pour un pareil feu ,& qu’il faut vraisemblablement mettre descharbons noirs très - souvent, encore decrainte de refroidissement ; cependant iln’est point question de ceux-ci. S’ilyadescendres dans le cendrier autant qu’il doity en avoir à peu près ; s’il en passe beaucouppar le tuyau de fer ; quelle est l’épaisseur dece tuyau ; jusqu’à quelle hauteur il rougit ;s’il paraît un jet de flamme au-destùs ; quelleest communément fa hauteur, & ce qu’ilest capable de faire ; enfin, quels font lesinconvéniens qu’il a éprouvés avant deparvenir à ce point, qu’on peut appellerde perfection. Toutes ces questions bienéclaircies de la part de M. Pott, & quan-tité d’autres encore que cet illustre chy-miste est capable de se faire, ne pourraientmanquer de répandre une grande lumièrefur la théorie des fourneaux , qui éclaire-rait sur leur construction. II pourrait en-core ajouter à cela une docimastique deterres & de pierres, dans les vues de lesemployer à la construction des fourneaux& vaisseaux ; ce qui abrégerait peut-êtrebien des tâtonnemens.
II est aisé de voir que son fourneau n’estguere destiné qu’à ce à quoi il l’a employé,& il n’en vaut certainement que mieux :on peut cependant y mettre une grille detreize pouces de diamètre, fi on veut éle-ver le foyer ; celle qui fera à la partie in-férieure du corps près du cendrier, n’enpeut avoir que neuf, en comptant un pouce& demi d’épaisseur pour son garni. J’aiditque ce fourneau n’en valoit que mieux dene servir qu’à un usage ; & en effet il y atoute apparence que cet illustre artiste nel’a divisé en différons corps le moins qu’ila pu , que parce qu’il a vu que c’étoit au-tant de perdu pour la chaleur : delà;l’in-conséquence de ceux qui veulent tout faireavec le méme. On ne disconvient pas que
FOU
cela ne fût mieux si cela pouvoit être, &qu’on ne réussisse même jusqu’à un certainpoint ; mais on n’a recours à ces fortes defourneaux abrèges qu’en cas de nécessité,preuve certaine de leurs défauts en biendes circonstances ; & je ne crois point dutout que celui de Becker, par exemple,pût fondre les corps qui se fondent danscelui de M. Pott : le fourneau de Beckerpeut cependant être appelle un chef-d’œu-vre dans le genre des poly chrestes, commecelui de M. Pott l’est en fait de fusion.
Le maréchal réverbère la flamme avecI’eau dont il arrose son charbon, & l’ex-périence lui dit qu’il a raison; mais la con-centration qu’on se procurera de toutesparts fans éteindre une partie du charbon,& avec des parois qui l’allumeroient s’ilétoit éteint, ne doit-elle pas l’emporterinfiniment fur celui de la forge ? Les rayonsignés doivent toujours être comptés pourquelque chose , quelque direction qu’ilsaient ; soit qu’ils soient droits, qu’ils ail-lent vers un centre commun, qu’ils soientréfléchis vis-à-vis d’un charbon , ou d’unautre rayon igné ou non, ils doivent tou-jours augmenter le mouvement : ainsi doncil n’importe peut-être pas tant qu’on lecroit que le garni ait le poli d’un miroir pa-,rabolique ; d’ailìeurs il faut remarquer que,comme on ne craint point de casier cegarni par une chaleur subite, on a la com-modité de le faire & on le fait ausix d’unecomposition qui donne un verre opaque ,qui réfléchit beaucoup plus rie rayons ignésque la composition des autres fourneauxqu’on est obligé de faire poreux, de craintequ’ils ne se cassent. Nouvelle raison defaire les fourneaux de fusion elliptiques entôle, & les fourneaux de tôle elliptiques ;mais si la figure elliptique est celle qui ap-proche le plus de la sphérique, la cylindri-que approche auss plus de l’elíiptique quela quarrée : d’où il fuit que cette derniereest la plus mauvaise de toutes.
Si les fourneaux en tôle coûtent plusque les autres , on en est bien dédommagépar ailleurs ; outre les avantages considé-rables que nous venons de parcourir, ilsont encore celui de la durée : on croiraitpeut-être qu’ils feraient détruits par larouille ; mais cet inconvénient n’arrive