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nient, d’après Keslar & Glauber, en met-tant au soupirail de sex fourneaux unetrompe qui descend dans la cave ; & Cha-ras en construisant son fourneau prèsd’unpuits, dans lequel il descend tout près deï’eau un pareil tuyau qui aboutit â Ion sou-pirail.
Tout corps qui passe d’un milieu pluslarge dans un plus étroit, disent quelquesphysiciens, prend une accélération de mou-vement ; & l’on croit expliquer par-là pour-quoi une rívíere est plus rapide quand sonlit s’étrécit, & pourquoi l’air qui paflè àtravers un fourneau acquiert une rapiditéqu’il n’avoit pas. On croit auífi par la mêmeraison, que ces deux cas font précisémentles mêmes. Nous allons tâcher de faire voirque c’est, comme on dit, le feu & I’eau.
En premier lieu, nous croyons qu’uneriviere ne devient plus rapide quand sonlit s’étrécit, que parce que l’eau ne pou-vant plus couler avec la même facilité,s’arrête, s’éleve,& retarde celle qui estderriere, laquelle étant austì devenue plusélevée, a nécessairement plus de poids,& doit pouílèr avec plus de violence l’eauqui est devant elle. Peu importe que cesoit à une écluse, ou à un pont, ou dansson lit : la chose est la même ; & il fautcroire qu’elle perd encore de cette rapi-dité par le frottement que M. Bouchu adécouvert qu’elle éprouvoit en pastànt dansun canal étroit ; mais elle peut gagner duterrein en-dessus,au lieu que l’air ne peutpas faire la même chose dans un tuyaudont toutes les parois ne lui laistènt au-cune ressource pour s’étendre : l’eau d’ail-leurs reste la même, & l’air se raréfie.
En second lieu, s’entend-on bien quandon dit que 1 air accéléré son mouvement,parce qu il passe d’un lieu plus large dansun lieu plus étroit? Si l’on approche lamam du tuyau d’un fourneau horizontalqm n est point allumé, on n’y sent pointd air du tout ; cependant Pair n’est jamaistranquille, & on devroit le sentir sous feucomme avec du feu dans un fourneau.Gauger n’a dû sentir l’air sortir d u tuyaude cuivre de quatre pouces de diamètre,que quand il l’a exposé au feu, & pointavant. Je sens qu’on me répondra querien ne détermine l’air à enfiler un tuyauTome XV.
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froid , & qu’il faut pour cela le concoursdu feu : mais le tuyau de Gauger étoit cy-lindrique ; d’ailleurs m’étant trouvé devantle soupirail d’un grand fourneau anglois,j’ai senti l’air frais qu’il attiroit, & cet airn’avoit certainement pas passé d’un endroitplus large dans un endroit plus étroit, caril n’e'toit pas encore entré dans le four-neau ; & quand il fait du vent, est-cequel’air de l’athmo'phere passe d’un endroitplus large dans un plus étroit ?
C’est donc uniquement à la raréfactionde l’air par le feu, qu’il faut attribuer lejeu qu’il éprouve dans les fourneaux. L’airle plus chaud est le plus léger, & l’air lsplus léger & le plus chaud est le plus élevédans une chambre, comme Gauger l’aéprouvé par le thermomètre & par le tuyauexposé à une chandelle, & d’autres phy-siciens avant & après lui. Ainsi toutes lesfois qu’il y a du feu allumé quelque part,il raréfie l’air en tout sens, & le rend plusléger ; mais cet air plus léger monte au-dessus de celui qui est plus pesant, & d’au-tant plus rapidement qu’il est plus léger :plus le feu est violent, plus il raréfiera l’air& le fera monter rapidement ; mais cetteraréfaction fera d’autant plus considérable,que l’air fera plus long-tems exposé au feu,& il le sera plus dans un long tuyau ques’il n’y en avoit point du tout ; & d’ail-leurs ce tuyau lui-même est fort chaud,puisque la flamme le surmonte encore. Ainsile tuyau mis fur un dôme servant à la ra-réfaction de l’air qu’il enferme, occasion-nera nécessairement sabord rapide de ce-lui qui tend à se mettre en équilibre, enfrappant le cendrier , lequel traversera lecharbon avec d’autant plus de vivacité qu’iltrouvera moins d’obstacles ; & il en trouvetrès-peu, parce que l’air y est très-rare!,& que la colonne est très-longue: il de-vra donc monter avec d’autant plus de ra-pidité qu’il a plus de place à occuper ; maisil ne peut pastèr lui-même à travers ce ca-nal embrasé, qu’il ne subisse la même ra-réfaction , & une raréfaction plus considé-rable dans le second instant que dans letroisième. II passera donc plus rapidement,& augmentera conséquemment le mouve-ment ou la chaleur ; ensorte que la colonnequi lui succédera, sera encore plus raréfiée