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Tome XV.
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FOU

manivelle. 11 faut aussi que ce tonneau soitsoutenu comme une roue, pour qu’il puissetourner sur lui-méme, & qu’il y ait à sonflanc une ouverture de huit pouces enquarté , avec une porte pour la fermer. Ona du plâtre pulvérisé bien menu, auquelon donne un degré de chaleur à pouvoiry supporter la main , & à ne point brûlerle cuir ; on le met dans le tonneau avec lespeaux , & l'on fait tourner le tonneau len-tement , enforte que le plâtre puiíle s’in-fìnuer entre les poils de la peau , & lesdégraisser : on peut travailler ainíi quatreà cinq peaux de loup à la fois. 11 faut pource nombre de peaux un demi-boisteau deplâtre.

On bat ensuite les peaux dégraissées juf-qu’à ce qu’il n’en sorte plus de poussière,& après cela on les tire ait fer : ce quiconsiste à les passer fur un instrument oulame qui a vingt-cinq pouces de longueurfur six de largeur , & qui a le taillant endos d’âne. Cette opération rend les peauxnettes de chair , les corrompt, & les étenddavantage. On a foin que la peau ne feplisse point fur le fer : ces plis lui occa-sionneroient autant de trous. Lorfqu’on acorrompu la peau fur le dos , on la cor-rompt de même fur le ventre.

On tire au fer toutes les peaux, soiten poil, soit en laine, excepté celles d’ours,qu’on fe contente de bien écharner. Cespeaux ne fe dégraistènt point non plus dansle tonneau comme les autres ; on les étendfur une table ; on a de la poussière de mottesde tanneur bien feche & bien échaufféeau soleil, & l’on en frotte les peaux ducôté du poil : cela fait, on les bat à quatrefur le poil.

II y a encore d’autres peaux que cellesd’ours, qui ne peuvent fe fouler au ton-neau ; telles font toutes celles qui ont lepoil tendre & délicat, comme la marte,la fouine, le lievre blanc , le renard noir ,le renard bleu , le loup cervier. On fe sertpour ces peaux , d’une pâte préparée de lamaniéré suivante.

On prend six livres de farine de seigle,& une douzaine & demie de jaunes d’crus;on délaie le tout ensemble dans une grandeterrine avec une demi-livre d’huile d’oli-ve, & ensuite on acheve de détremper

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cette pâte avec de l’eau dans laquelle ona fait fondre deux livres de sel commun.On applique cette pâte sor le cuir de lapeau, de façon qu’il y en ait par-toutégalement, & à peu près de Pépaistèur dedeux écus ; on la plie ensuite de la tête àla culée, & on laisse cet enduit enfermédans le pli environ pendant douze jours ;au bout de ce tems on ouvre la peau , onracle l’enduit en un endroit avec un cou-teau , on tire le cuir , & s’il paroît blanc,c’est une preuve qu’il est'soffifammentpastê ;s’il n’est pas blanc , on remet de la pâte,on replie la peau, & on la laiste encoreen cet état pendant huit jours , au boutdefquels on la porte fur le chevalet ; cmPécharne aussi-tôt fans lui laiíîer prendrel’air , de peur qu’elle ne durcistè ; on yétend de la farine du côté du cuir ; on lafrotte bien par-tout avec les mains ; onla plie, & on la laisse ainsi saupoudrée &pliée pendant deux jours. Au bout de cetems, on ôte la farine , & on passe la peauau fer.

II y a une façon particulière de passer lespeaux d’agneaux, qui fervent pour fourrerles manchons ; on P appelle paJJ'ement auconfit.

Pour les préparer à recevoir le confit,on les fait tremper pendant deux jours dansun grand envier rempli d’eau , & on lesécharne ensuite. Quand les peaux sont toutesécharnées, on les met dans le cuvier rem-pli de nouvelle eau, & on les y laistetremper une heure ou deux. On les en tirePune après l’autre pour les remettre furle chevalet, & on frotte fortement la laineavec le dos du couteau à écharner , afind’cn séparer toute la mal-propreté : cetteopération s’appelle r étaler. Quand les peauxsont rétalées des deux côtés, on les lavel’une après Pautre dans de nouvelle eau,jusqu’à ce qu’elles soient bien nettoyées ;ensuite on les expose à Pair , où on leslaisse pendant quatre heures; alors ellesfont prêtes à p aster au confit. Le confitpour cent de ces peaux fe fait avec de lafarine , moitié seigle & moitié orge , dé-trempée dans de Peau avec quinze livresde sel. Quand elles sortent du confit, &qu’elles lont bien feches, il n’y a plus qu’àles tirer au fer.