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II crut justifier les hautes espérances qu’ilavoit données au Polonois, en portant laguerre au sein de la Livonie qui étoit tom-bée sous la domination Suédoise. II méprisala jeunesse de Charles XII qu’il voyoit me-nacé à la fois par les Danois & les Mosco-vites ; il se ligua avec eux pour l’accabíer,& cette conduite peu généreuse fut dansla fuite la cause de sa perte. Le jeune hé-ros força le roi de Danemarck à lui de-mander la paix, tourna ses armes contreles Moscovites, les tailla en pieces fous lesmurs de Narva qu’ils aísiégeoient. Augusten’abandonna point le czar. II resserra parun nouveau traité l'alliance qui les unif-soit, marcha vers la Livonie , fut vaincu ,& vit les Suédois conquérir d’un pas ra-pide la Courlande & la Lithuanie. La no-blesse Poîonoife avoit laissé Auguste s’en-gager dans une guerre , résolue de partageravec lui le fruit de ses victoires, & de luilaisser porter seul le fardeau de ses disgrâ-ces. II n’avoit combattu qu’avec ses Saxons,& la république lui avoit refusé des troupes.Dès qu’on le vit malheureux & vaincu, ondéclara que cette guerre étoit étrangèreaux intérêts de la république, qu’il falloitfermer aux Saxons l’entrée de la Pologne,& on députa vers Charles XII pour l’as-surer que la nation ne partageoit point Pa-nimosité du roi contre lui. Le jeune roi,qui nourriíîòit contre Auguste un ressen-timent qui ne s'effaça jamais de son cœur,déclara qu’il ne donneroit la paix à la ré-publique qu’après la chute de son ennemi,& que les Polonois n’avoient qu’à détrônerleur roi, ou le défendre. La noblesse offriten vain fa médiation; l’empereur ne fut pasplus écouté. Charles vouloir disposer de lacouronne, & faire la loi dans PEurope.Les plus profonds politiques ne pouvoientconcevoir cette prétention dans un princeà peine âgé de vingt ans. Auguste tenoitdes diètes, & déclaroit rebelles tous sesennemis. Charles gagnoit des batailles, pre-nois des villes, & ne répondoit qu’avecson artillerie aux manifestes A'Auguste.Ce prince fit cependant un coup d’état, cefut d’enleverles princes Jacques & Cons-tantin Sobieski, qu’il soupçonnoit de pré-tendre à la couronne. Alexandre Sobieskilui donnoit encore de l’ombrage. Le re-Tome XV %
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fus qu’il fit de monter au trône, dissipa cesalarmes. Mais Charles y plaça StanislasLeckzinski, palatin de Posnanie, qui futélu Pan 1704.
Auguste alíbmbla un grand conseil à Ka-min, & déclara Stanislas rebelle, tandisque le général Lewenbaupt battoit lesSaxons fur les bords de la Duna. BientôtCharles parut à la tête de son armée ; Au-guste s’enfuit à Warsovie, où on le reçutavec cette pitié insultante, plus dure à sup-porter que le malheur même. CependantCharles emporta Léopol d’assaut, & l’ar-chevêque de cette ville sacra le nouveauroi en 1705. La Lithuanie le reconnut ;d’autres provinces par affection pour fa per-sonne , par la crainte de Charles XII, oupar d’autres intérêts, se soumirent à lui.Auguste aísembloit toujours des dietes, &prenoit toujours dans ses manifestes le titrede roi, le seul bien qui lui restât en Polo-gne. Charles entra en Saxe. Auguste dé-puta vers lui pour lui demander la paix ;le roi de Suede exigea qu’il renonçât à lacouronne de Pologne, & qu’il lui livrât leLivonien Patkul, son plus zélé partisan.Auguste signa son abdication ; Charles exi-gea qu’il félicitât Stanislas fur son avène-ment au trône, & le malheureux princeobéit. Après s’être sacrifié lui-même, il nelui restoit plus qu’à sacrifier son ami. Patkulfut livré, & alla mourir en Suede au milieudes supplices. Auguste se renferma dansses états ; mais il ne perdit ni l’espérancede remonter sur le trône, ni le courage dele tenter. Charles s’achemina vers la Mos-covie; il passoit à quelques lieues de Dresde,& vint presque seul rendre visite au princequ’il avoit détrôné. Auguste n’osa se saisirde sa personne ; il implora même sa clé-mence , & l’inflexible Charles lui fit la loijusques dans son palais. Charles poursuivitíà route: la bataille de Pultava íutl’écueilde sa fortune ; il s’enfuit en Turquie. Au-guste rentra alors en Pologne ; il ne lui encoûta pas plus pour renverser Stanislas ,qu’il n’en avoit coûté à Charles XII pourle renverser Iuj-méme. II fut reconnu &proclamé de nouveau par l’aísemblée deThorn en 1709.
Le palatin de Kiovie voulut faire un estfort en faveur de Stanislas. Mais des dé-C cc