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Tome XV.
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bris d’un parti dissipéfurent aisément écra-sés. Stanislas, prince philosophe, qui avoitaccepté la couronne sans la desirer, nevoulut point être le fléau de fa patrie. IIengagea lui-même ses partisans à se rangersous les drapeaux de son ennemi, & allaen Turquie pour presser Charles XII d’a-baadonner le projet de détrôner de nou-veau son concurrent. La mort de Char-les XII en 1718, acheva de dissiper lesinquiétudes que àoxmoìtì Auguste la hainede ce jeune prince. 11 ne se croyois pointassuré du trône tant que son ennemi res-piroit. Stanislas avoit renoncé à la cou-ronne , mais Charles pouvoit la placer furune autre tête. Auguste se hâta de fairealliance avec la Suede : il fut reconnu parla reine Ulrique, laisse à Stanislas les hon-neurs & les titres de roi, rendit aux par-tisans de ce prince leurs biens & leurs char-ges ; après la mort du primat il décora decette dignité l'évêque de Warmie, & luidit : " vous savez quelle puiflànce est at-»> tachée à cette place ; fervez-vous en» pour le bien de l’état, & ne faites rien» pour mes intérêts , qui soit contraire à» ceux de la république. »

Malgré la soumission apparente des es-prits, Auguste eut la douleur de voir larépublique refuser son suffrage au comteMaurice de Saxe , son fils naturel, élu ducde Courlande par les états du pays. Ceprince voulut maintenir son élection parla force des armes ; & son pere, par com-plaisance pour la noblesse, fut contraintde fe servir de toute son autorité contrelin fils qu’il adoroit. Un nouveau sujet dechagrin pour lui , fut la mort de JacquesHenri Flamming , le plus fidele de ses amis,son conseil, son guide, & son maître. En-fin il mourut lui-même l’an 1733. Dignerival de Stanislas, ce fut un prince doux ,humain, fans faste dans les succès, fansbassesse dans l'adversité, courageux, maispeu actif, plus fait pour gouverner cres étatsque pour les conquérir.Ses peuples auroientété heureux, s’il l’eût été lui-même. 11 par-donna à ses ennemis, & même à Stanislas.II fit cestèr les persécutions que le zele in-tolérant du primat faisoit essuyer aux pro-testant « Monsieur , dit-il au primat, je» suis le pere de tous mes sujets ; Dieu m’a

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n fait roi pour les protéger, & je ne dois>, point distinguer les protestans des ca->, tholiques. Je saurai maintenir leurs pri->, vileges. C est par notre charité qu’il„ faut leur prouver l’excellenee de notre„ culte ». Un voyage qu’il fit au milieu desrigueurs de l’hiver, pour régler des affairesd’état, accéléra fa mort. On voulut l’endétourner ; on lui parla du péril où il expo-soit fa vie. "Je fais, répondit-il, que la» mort m’arrêtera peut-être en chemin ;» mais entre l’intérêt de mes jours & ce-» lui de l’état, je ne dois point balancer >,.( M. de Sact.)

Frédéric I, {Hifl. de Suede. ) roi deSuede. Après la mort de Charles XII, laprincesse Ulrique Eléonore , fa sœur , futplacée sur le trône. Elle avoit épousé Fré-déric , prince héréditaire de Hesse-Caífel.Résolue de l’associer à sa couronne , elleastbmbla les états l’an 1720 , moins pour lesconsulter sur le choix d’un roi, que pourleur ordonner d’élire son époux. Elle futobéie ; Frédéric fut couronné ; la Sueden’eut pas lieu de s’en repentir. Frédéricétoit un prince généreux par penchant &par principe ; ami de la vérité , ayant lecourage de la dire & celui de l’entendre.Gueri'ier habile & ennemi de la guerre, ilavoit eu part à la gloire de Charles XII ;mais il en avoit gémi. II accordoit aux artscette attention éclairée qui les dirige, &cette protection bienfaisante qui les encou-rage. Laborieux, actif, son esprit ne quit-toit les grands objets du gouvernement quepour se reposer sur les détails. Avare dusang des hommes, il préféroitla gloire dedicter de bonnes loix à celle de gagner des.batailles. La paix conclue avec l’Angle-terre , la Prusse, la Pologne & le Dane-marck , fut son premier ouvrage. MaisPierre le Grand n’avoit point encore ou-blié tous les maux que Charles XII luiavoit faits ; Pultava ne l’avoit point assezvengé ; & tandis qu’il envoyoit des ambas-sadeurs à Neustadt pour entamer la négo-ciation , ses généraux dévastoient les fron-tières de la Suede. La conclusion du traitecoûta cher aux Suédois : il fallut céder auczar la Livonie, l’Ingermanie, Wibourg& son territoire, la Carélie presqu'entiere»les isles d’Oésel, de Dragué, de Maeu, Le