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prononciation, & étoit en quelque sortemuette ; de maniéré qu’il ne restoit qu’ag - -tum , legtum , où la foible g se change né-cessairement dans la forte c, à cause du tqui suit, & qui esl une consonne forte ;l’organe ne peut se prêter â produire desuite deux articulations , Tune foible &Pautre forte, quoique l’orthographe semblequelquefois présenter le contraire.
C’est par ce méchanisme que forbeo aaujourd’hui pour supin forptum , qui n’estqu’une syncope de Pancien lupin forbitum,qui a effectivement existé, puisqu’il a pro-dui t sorbitio ,* & c’est par une raison toutecontraire que les verbes de la quatrièmeconjugaison n’ont point de supin syncopé ,& forment régulièrement leurs fréquen-tatifs., parce que Yi du supin étant long ,rien n’a pu en autoriser la suppression.
II faut prendre garde cependant dedonner deux fréquentatifs à plusieurs ver-bes de la troisième conjugaison, qui, d’a-près ce que nous venons d’exposer, paroî-troient en avoir deux : tels que canere ,facere , jacere , qui ont cantare & canti-tare , facture & faclitare , jaclare & jacli-tare. Les premiers, qui peut-être n’étoienteffectivement que fréquentatifs dans leurorigine , font devenus depuis des verbesaugmentatifs , pour exprimer Pidée acces-soire d’étendue ou de plénitude que l’onveut quelquefois donner â faction ; & lesautres en ont été tirés conformément àP analogie que nous indiquons ici, pour les4 remplacer dans le service de fréquentatifs.
II est donc constant, nonobstant toutesles irrégularités apparentes , que tous lesverbes fréquentatifs font formés du supindu verbe primitif ; & cette conséquencedoit servir à réfuter Priscien , & après luila méthode de Port-Royal , qui préten-dent que les verbes vellico & fodico fontfréquentatifs. Outre que cette terminai-son n’a aucun rapport au supin des primitifsvelLo &c’fodio , la signification de ces dé-rivés comporte une idée de diminution quine peut convenir aux fréquentatifs ; &d’ailleurs les mêmes grammairiens regar-dent comme de vrais diminutifs, les verbesalbico , candico , nigrico , frondico , quiont une terminaison si analogue avec cesdeux-là : par quelle singularité ne seroient-
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ils pas placés dans la même clastè, ayanttous la même terminaison & le méme sensaccessoire ?
II est vrai cependant que l’idée primi-tive qu’un verbe dérivé renferme dans íasignification, y est quelquefois modifiéepar plus d’une idée accessoire ; ainsi for-billare , avaler peu à peu & à différentesreprises, a tout à la fois un sens diminutif& un sens fréquentatif. Donnera- 1 -onpour cela plusieurs dénominations diffé-rentes à ces verbes ? Non, lans doute ; iln’en faut qu’une, mais il faut la choisir ;& le fondement de ce choix ne peut êtreque la terminaison , parce qu’elle sertcomme de signal pour rassembler dans uneméme clastè , des mots assujettis à unemême marche, & qu’elle indique d’ailleursle principal point de vue qui a donné nais-sance au verbe dont il est question ; carvoilà la maniéré de procéder dans toutesles langues : quand on y crée un mot , onlui donne scrupuleusement la livrée de l’ef-pece à laquelle il appartient par sa signifi-cation ; il n’y feroit pas fortune, s’il avoità la fois contre lui la nouveauté & l’ano-malie : si l’on trouve donc ensuite des motsqui dérogent à l’analogie, c’est Teffet d’unealtération insensible & postérieure.
Jugeons après cela si Turnebe , & Vos-sius après lui , ont eu raison de placerdormitare dans la clastè des desidératifs ,parce qu’il présente quelquefois ce sens, &spécialement dans l’exemple de Fiante, citépar Turnebe, dormitare te aiebas. II fau-droit donc aussi l’appeller diminutif , parcequ’il signifie quelquefois dormire leviter ,comme dans le mot d’Horace, quandoquebonus dormitat Homerus ; & augmenta-tif, puisque Cicéron l’a employé dans lesens de dormire alte. La vérité est, que dor-mitare est originairement, & en vertu del’analogie , un verbe fréquentatif, & queles autres sens qu’on y a attachés depuis ,découlent de ce sens primordial, ou vien-nent du pur caprice de l’uí'age. Une der-niere preuve que les Latins n’avoient pasprétendu regarder dormitare comme desi-dératif, c’est qu’ils avoient leur Jormitu-rire , destiné à exprimer ce sens accessoire.
Nous remarquerons i°. que tous les fré-quentatifs latins font terminés en are , &
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