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Tome XV.
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F "R °

nous nommons froid ; mais une "chaleurtoujours moindre que celle de notre corps,puiíqu’elle diminue celle-ci. Voye 3 cet au-teur , à l’endroit que nous venons de citer ;Mariotte, troisième Essai de physique;Musschenbroek, EJfai de physique , tom. I,chap. 2.6 vers lafin ; Hamberger , Element.phyfic. n. 493 & seq. &c.

Qu’est-ce qu’une moindre chaleur ? Laréponse à cette question dépend visible-ment de l’idée qu’on doit se former de lachaleur en général. On sait que les physi-ciens font partagés fur cet article. Le plusgrand nombre, persuadés que le feu est uncorps particulier distingué de tous les au-•res, croient que la feule présence de cemême feu mis en mouvement, constitue lachaleur. C’est le sentiment le plus vrai-semblable , & qui paroxt le mieux s’ac-corder avec l’obfervation. Voye\ F EU &Chaleur. Au reste , comme la chaleurdans tous les systèmes imaginés jusqu'icipour en expliquer la nature, est susceptibled’augmentation & de diminution , il estclair que dans chacun de ces systèmes par-ticuliers , le froid pont toujours être conçucomme une chaleur affoiblie.

Cette maniéré de le concevoir est sim-ple & naturelle ; elle ne multiplie point lesprincipes fans nécessité ; elle rend raison desphénomènes. Pour les expliquer , elle n’apoint recours à de vaines suppositions. Ladiminution de chaleur & la force de cohé-sion suffisent à tout. J’entends ici par forcede cohésion , celle que tous les physiciensadmet-ent fous ce nom, par laquelle lesparties qui composent les corps , tendentles unes vers les autres, s’unissententr’elles,ou sont disposées à s’unir. P r oye\ COHÉ-SION. Cette force qui est si obscure dansson principe, & si sensible dans la plupartdes effets qu’elle produit, est fans c este enopposition avec la chaleur. Ce font deuxagensqui, parla contrariété de leurs effortstoujours subsistans, peuvent se surmonterréciproquement. L’un des deux ne sauroitun peu s’affoiblir, que Tautre à Pinstant nerentre , si je puis m'ex primer ainsi , dansune partie de ses droits. On voit par - là,que quand la chaleur qui écartoit les partiesdes corps les unes des autres vient â dimi-nuer , ces mêmes parties se rapprochent

’ aussi-tót par leur cohésion mutuelle , d’au-tant plus que leur chaleur s’est plus affoi-blie. Ainsi les corps qui , généralementparlant, fe raréfient tous à mesure qu’ilss’échauffent, doivent se condenser quandleur chaleur diminue , pourvu toutefoisque nul agent physique différent de la cha-leur ne s’oppose d’ailleurs à cette conden-sation. Voyez Cohésion & Attrac-tion.

Ce n’est point précisément par le défautde chaleur ( on ne peut trop le faire re-marquer ) que les corps se réduisent à unmoindre volume. Un tel effet pourroit-ildépendre d’une simple privation , d’un êtrepurement négatif? Non , fans doute ; c’estfa force de cohésion qui condense les corps ;une moindre chaleur n’est ici qu’une ré-sistance plus ou moins diminuée , qu’unobstacle plus ou moins facile à surmonter.

Ne perdons point de vue ce principe in-contestable , que la cohésion des parties in-tégrantes des corps est d’autant plus forteque la chaleur est plus affoiblie. II fuit évi-demment de là, qu’un corps en devenantmoins chaud , acquiert plus de fermeté &de consistance. Si la solidité & la fluiditédépendent essentiellement, comme on nesauroit en disconvenir, du plus ou du moinsde cohésion ; si , par une conséquencenécessaire la chaleur doit être regardéecomme une des principales causes de lafluidité , quelle difficulté y aura-t-il à con-cevoir qu’un corps auparavant fluide, de-vienne , par une plus forte adhésion desparties qui le composent, une masse en-tièrement solide , quand il aura été privéd’une partie de sa chaleur?

Nous venons de déduire la formation dela glace de l’idée du froid, conçu commeune moindre chaleur. Musschenbroek ,quoiqu’attaché à cette même idée, expli-que autrement la congélation : le froid &la gelée ont beaucoup moins de rapport,selon lui, qu’on ne ''imagine communé-ment. II regarde le froid comme la simpleprivation du feu, & il croit que la geléeest l’effet d’une matière étrangère, qui s’in-sinuant entre les parties d’un liquide , fixeleur mobilité respective, les attache forte-ment ensemble, les lie en quelque maniéré,comme feroit de la colle ou de la glu. La