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Tome XV.
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présence de cette matière, tantôt plustantôt moins abondante dans I’air , & lafacilité qu’eîle a d’exercer son action encertaines saisons & en certains climats,supposent la réunion de plusieurs circons-tances , dont le froid, s’il en faut croirel’illustre auteur que nous citons, n’est pastoujours la plus estèntielle. Ce n’est pas icile lieu d’examincr en détail cette explica-tion. Voye\ Glace. Qu’on la rejette ouqu’on l’adopte, le froid en tant qu’il influeplus ou moins fur la formation de la glace,pourra toujours être conçu comme unemoindre chaleur.

C’est encore à l'introduction de cettematière étrangère, que le même Musschen-broek attribue l’augmentation du volumede l’eau glacée. Essai de physique, tome I,chap. 2.5.D’autresphysiciens en très-grandnombre , pensent que l’air contenu dansseau forme différentes bulles qui, se dila-tant par leur reíîòrt, font l’unique cause decet effet. II y en a qui ont eu recours au dé-rangement des parties d’eau , en vertu deleur tendance à former entr’elles certainsangles déterminés. V'oye\ M. de Mairan ,

‘ Dijfert. fur la glace, pag. 169 & suiv.M. de Réaumur admet un déplacementdans les parties du fer fondu , pour rendreraison de la dilatation qu’éprouve ce métaldans l’instant qu’il perd fa liquidité acquisepar la fusion. Toutes ces explications, quirapportent le phénomène dont il s’agit, àdes causes particulières, différentes de fac-tion générale du froid , ont chacune leurprobabilité, comme nous te verrons à Var-ticle Glace. Ce qu’il est important d’ob-server ici, c’est qu’elles ne donnent aucuneatteinte à Ridée du froid conçu commeune moindre chaleur , & qu’elles laissentsubsister entic-rement le principe que nousavons établi, que les corps dont la chaleurdiminue , íe condensent de plus en plus ,quand rien d’ailleurs ne s’oppose à leurcondensation.

Si nous considérons dans les corps froidsfaction qu’ils exercent fur nos organes ,nous n'aurons pas de peine à comprendrecomment un corps moins chaud que lesparties de notre corps auxquelles il est ap-pliqué, peut, en diminuant la chaleur de cesmêmes parties, exciter en nous la sensation

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de froid. Et premièrement, il est clair quel’application d’un tel corps doit diminuerle degré de chaleur de nos organes, sui-vant ce principe général, que deux corpsinégalement chauds étant contigus, le pluschaud des deux communique de la chaleurà l’autre, & en perd lui-inême. D’un autrecôté , cette diminution de chaleur intro-duisant dans nos organes un véritable chan-gement , pourquoi la sensation de froidn’en pourroit-ellé pas résulter ?

Consultons l’expérience ; elle nous ap-prendra que la sensation de froid est rela-tive à f état actuel de l'organe du toucher ;de sorte qu’un corps est jugé froid , quandil est moins chaud que les parties de notrecorps, auxquelles il est appliqué, quoiqu’àd’autres égards le degré de fa chaleur soitconsidérable. C’est par cette raison que descaves d’une certaine profondeur , qui réel-lement font plus chaudes en été qu’enhiver , nous paroisiènt si froides dans lapremiere de ces deux saisons, & si chaudesdans la derniere. Voye\ Cave. 11 arrivesouvent en été, qu’un orage succédé à deschaleurs excessives & suffocantes. A peinecet orage est-il passé, que l’air semble serafraîchir, & que cette grande chaleur estsuivie d’un froid très - incommode. Noscorps font vivement affectés de ce promptchangement ; ils frissonnent, & l’on diroitpresque qu’on est au milieu de I’hiver.Cependant le thermomètre prouve quecet air, qui paroi t si froid, est réellementsi chaud que, s’il l’étoit à ce point en hiver,nous ne serions pas en état d’en supporterla chaleur. En effet, si dans le tems de laplus forte gelée on excitoir dans une cham-bre un degré de chaleur qui, au rapport duthermomètre, feroit le même absolumentque celui qu’a l’athmosphere au moisd’août, après quelqu’un de ces oragesdont on vient de parler, il n’y auroit aucunhomme qui, sortant d’un lieu découvert,où il auroit été exposé pendant quelquetems à un air froid , pût soutenir la cha-leur de cette chambre sans tomber en dé-faillance. Boerhaave, Chem. tom. I, tract,de igné. Les voyageurs nous disent que lesnuits de certains pays situés dans la zone tor-ride , font quelquefois si froides qu’ellescausent des engelures aux Européens même

établis