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Tome XV.
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établis depuis quelque tems dans ces pays.Ces mêmes nuits seroient jugées fort tem-pérées dans d’autres climats. Voy. Observ.phylîq. & matltém. faites aux Indes & àla Chine y dans les anciens Mémoires deVacadémie , tome VII, part. n. II seroitfacile démultiplier ces sortes d’exemples ,mais ceux - ci font plus que suffisons pourprouver que la sensation de froid peut êtrefacilement conçue comme une perceptionconfuse de l’impreffion que fait sur nousune moindre chaleur.

Tous les autres effets du froid s’expli-quent avec la même facilité par la simplenotion d’une chaleur affoiblie. Cette idéese soutient toujours parfaitement dans Pap-plication qu’on en fait au détail des phéno-mènes. Elle est Tailleurs d’une grande sim-plicité. Par ces deux raisons, elle doit êtrepréférée. Imaginer d’autres systèmes , ceseroit s’écarter de la premiere réglé deNewton, suivant laquelle on ne doit admet-tre pour l’explication des effets naturels ,que des causes réellement existantes , pro-pres à rendre raison de ces mêmes effets.

C’est en vain que l’on auroit recours àdes parties frigorifiques , dont l’existence,pour ne rien dire de plus, n’est nullementprouvée. On ne nie pas que certaines par-ticules subtiles s’introduisont dans les po-res d’un corps ne puiííènt en chasser le feu ,au moins en partie ; & on conviendra demême qu’elles pourront diminuer le mou-vement intestin des parties du corps, si ,comme le prétendent quelques philoso-phes , un certain mouvement déterminéconstitue la chaleur. C’est en agissant de laforte que les sels communiquent, en se fon-dant , un nouveau degré de froid à la neigeou à la glace pilée. Mais outre qu’il n’estpas prouvé que les corpuscules solins oud’autres particules de cette espece se trou-vent toujours par-tout où il y a diminutionde chaleur, il est certain Tailleurs que cesfortes de particules ne font point frigori-fiques dans le sens qu’on attache commu-nément à ce terme. Les Gassendistes &ceux qui pensent comme eux à cet égard ,désignent par-là des parties qui non-seu-lement chassent le feu des corps, mais quide plus exercent une action particulière furles organes de nos sens, en se repliant au-Tomt XV.

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tour des filamens de la peau, en les serrant& les tiraillant ; ce qui cause ce sentimentvif & piquant que nous appelions froid.Or l’existence de ces fortes de parties n’estconstatée , comme je l’ai déjà dit, par au-cun phénomène. Voye\ ce qu’on dira ci-après du froid artificiel.

Le/ro/Tn’étant qu’une chaleur affoiblie,le plus grand degré de refroidissement d’uncorps est la privation de toute chaleur. Uncorps refroidi à ce degré seroit froid ab-solument & à tous égards ; ainsi on a raisonde donner à cette extinction totale de cha-leur le nom de froid absolu. II y a appa-rence qu’un tel froid n’existe point dansla nature. La chaleur tend toujours à se ré-pandre par-tout uniformément. Ainsi , nulcorps n’est probablement exempt de toutechaleur.

En voilà assez fur la nature du froid zil est tems de parler des causes qui peuventopérer le refroidissement des corps, ou, cequi est le même , diminuer leur chaleur.Ces causes font en grand nombre ; les unespurement naturelles, agiííènt Telles-mê-mes en certaines circonstances ; les autres,pour produire leur effet, attendent quefart ou l’industrie humaine les mette enaction : de là la division d u fr oid en naturel& artificiel.

Du froid naturel. Le froid naturel ,comme nous venons de le dire , doit fanaissance à des causes purement naturelles,à des agens que l’art des hommes n’a pointexcités, mais qui obéissent simplement auxloix générales de ('univers. Tel est 1 q froidqui se fait sentir en hiver dans nos climats ;tel est celui qu’éprouvent les habitans deszones glaciales pendant la plus grande partiede l’année.

C’est dans l’air de notre athmosphereque 1 Q froid dont il est ici question , s’ex-cite le plus promptement ; les autres corpsplacés fur la superficie de notre globe , re-çoivent les mêmes impressions ; ce froidpénétré enfin dans l’intérieur de la terre»jusqu’à une profondeur qui excede rare-ment 90 ou 100 pieds.

Tout ceci ne suppose qu’une chaleursimplement diminuée. Or une grande par-tie de la chaleur des corps terrestres ve-nant de faction que le soleil exerce furIii