Band 
Tome XV.
Seite
436
JPEG-Download
 

4Z6 F R O

que les pays d’où il vient font plus froidspar leur position que ceux où fa directionle porte. II faut dire le contraire du ventde sud, qui dans notre hémisphère souffledes pays chauds vers les pays froids. II estaisé de comprendre que dans I’hémisphereaustral le vent de nord est chaud”, & levent du midi froid.

II suffit de considérer ce qui arrive dansnotre hémisphère. Puisque , généralementparlant, le vent de nord y est froid , & levent du midi chaud, les plus grands froidsdoivent se faire sentir en hiver par le ventde nord, ou par ceux de nord-ouest, denord-est, (y c. qui participent plus ou moinsà la froideur du premier. C’estaustì ce quel’on observe le plus communément.

On remarque souvent en hiver , quequand le vent past'e subitement du sud aunord , un froid vif & piquant succédé tout-i-coup à une astèz douce température. Laraison de ce dernier changement est facileà trouver. Quand le vent de sud régné enhiver, Pair est plus échauffe par ce ventqu’il ne le seroit par la seule action desrayons du soleil. Cependant la chaleur dansces circonstances est encore assez foible ;puisque dans les provinces méridionales dela France, le vent étant au sud dans lesmois de décembre, de janvier & de février,le thermomètre de M. de Réaumur ne s’é-leve guere le matin qu’à six ou sept degrésau-dessus de la congélation, & l’aprèsmidià dix ou onze degrés. La feule privationdu vent de sud doit donc causer dans l’ath-mosphere un refroidistèment qui, sans êtrefort considérable , ira bientôt jusqu'à unterme fort approchant du terme de îa glacedans des pays qui ne font pas extrêmementfroids. Si nous ajoutons que le vent de nordaugmente le refroidistèment, nous verronsclairement pourquoi \e froid est déjà assezvif, lorsqu’à peine le vent de nord a com-mencé de souffler.

Si le vent de nord est’déterminé à souffleren même tems fur une grande partie de lasurface de notre globe, le froid pourracommencer en même tems dans des paysfort éloignés.

Le froid est plus généra! ou plus parti-culier, selon que le vent de nord qui l’a-mene régné sur une plus grande ou fur une

F R O

moindre étendue de pays ; il est d’autantplus considérable que les régions d’où vientceventdenord, font plus voisines du pôle,ou plus froides d’ailleurs par quelqu’unedes causes locales indiquées ci-dessus.

II n’y a nulle difficulté à concevoir qu’unvent de nord ou tout autre vent régné enmême tems dans une grande partie denotre hémisphère, les causes qui produisentles vents étant par elles-mêmes assez puis-santes pour imprimer à une partie considé-rable de l’athmosphere terrestre un certainmouvement déterminé. Voye\ Vent.

Qu’un vent de nord apporte dans notrezone tempérée l’air glacé des régions voi-sines du pôle, c’est ce qui doit arriver na-turellement dans plusieurs circonstances.Si, par exemple, les vents du sud ont soufflépendant long-tems avec beaucoup de vio-lence dans une grande partie de notre hé-misphère , l’air fortement comprimé se seraresserré vers notre pôle ; il se rétablira avecforce, quand les causes qui produisoient lesvents de sud auront cesté ; il s’étendra ailloin ; il fera très -froid , parce que les ré-gions d’où il viendra seront fort septen-trionales.

C’est dans des circonstances à peu préssemblables que le froid àevemnt plus con-sidérable & plus général, on pourra éprou-ver dans une grande partie de la terre unfroid pareil à celui qui se sit sentir en1709.

Au reste, je ne prétends nullement dé-cider qu’on se soit effectivement trouvé en1709 dans les circonstances que je viensd’indiquer. Différentes combinaisons descauses accidentelles du froid avec la causegénérale pouvant produire à peu près lesmêmes effets, il est souvent très-difficile ,quand un froid extraordinaire arrive , dedéterminer précisément co qui peut y avoirdonné lieu.

Le vent de nord nous apporte en astèzpeu de tems l’air des pays septentrionaux.On trouve par un calcul fort aisé, qu’unvent de nord assez modéré, qui parcourroit.quatre lieues par heure, apporteroit l’airdu pôle à Paris en moins d’onze jours. Cemême air arriveroit à Paris en sept jourspar un vent violent, qui seroit par heurejusqu’à six lieues. Un vent de nord-est vien-