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Tome XV.
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grantes': d’où il s’ensuit qu’il existe nnmouvement continuel dans les particulesignées, qui est ce en quoi consiste la cha-leur plus ou moins sensible, selon que cemouvement est plus ou moins considéra-ble. Voye\ Feu , Chaleur ,& sur-toutce qui a rapport à ces différentes matiè-res ; les Elémens de chymie de Boerhaave,partie II; la Physique de s’Gravelande, deMuíFhenbroek , &c.

On peut dire , conséquemment à ce prin-cipe , qu’il n’y a point de corps qui ne soitchaud , dès qu’on regarde la cha’eur com-me une qualité qui suppose dans le corpsoù on la conçoit, une action de feu , tellequ’elle puisse être, à quelque degré qu’ellepuiflè avoir lieu. II n’y a donc point decorps, c’est-à-dire, d’aggrégé des partiesclémentaires de !.a matière, dont on puissedire qu’il est absolument froid , en enten-dant par ce terme la qualité d’un corpsdans la substance duquel il n’y a aucune ac-tion du feu. On ne peut imaginer que lesdémens même, ato/ni, qui, comme ilssont les seuls solides parfaits, indivisibles ,inaltérables, doivent par conséquent n’êtrepénétrables par aucun agent dans la na-ture , sur-tout par aucun agent destruc-teur , tel que le feu : mais comme cetteexception unique, qui présente ainsi l’idéed’un froid absolu dans les seules partiesélémentaires des corps ne tombe pas fousles sens, le froid qui peut nous affectern’est donc qu'u ne qualité respective , parlaquelle on a voulu désigner non une ab-sence tota’e du feu , mais une diminutionde son effet,c’est-à-dire, dela chaleur re-lativement à celle qui a lieu naturellementdans notre corps.

t Ainsi c’est la chaleur animale qui fixel’idée du chaud & du froid , selon qu’il ré-sulte du premier de ces attributs une fortede sensation, à laquelle il est attaché de re-présenter à l’ame un plus grand effet du feuque celui qu’il produit dans notre corpsconsidéré dans I’état de santé ; & selon qu’ilsuit de l’attribut opposé, qu’il n’est autrechose que la faculté d’affecter d’une autresorte de sensation , par laquelle l’ame s’ap-perçoit d’un moindre effet du feu que ce-lui qu’il opéré dans notre corps bien dis-posé.

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Nous n’appellonsdoncc/wuí/& froid,que ce qui nous semble plus ou moins agitépar faction du feu que ne Test notre pro-pre corps, autant que nous pouvons en ju-ger par la comparaison des impressions quefait fur nos parties sensibles cette action dufeu dans les substances dont nous sommescomposés, avec celles qui nous viennentdu dehors par le contact des corps ambians.Nous ne nous appercevons du chaud & dufroid , que par les effets de cette agitationignée, qui font plus ou moins considéra-bles, qui excedent ou qui n’égalent pasceux de la chaleur vitale au degré qui estpropre à Y état de santé dans chaque indi-vidu.

Le terme de froid n’est donc employéque pour désigner une forte de modifica-tion des corps, respectivement à la sensa-tion qu’ilsexcitent en nous, lorsqu’ilsnousaffectent par une mesure de chaleur moin-dre que celle de la nôtre. Comme les corpsne font dits chauds qu’autant que fac-tion du feu est en eux plus forte qu’en nous,qu’autant que nous la sentons telle; carelle n’est pas toujours réellement ce qu’elleparoît, ainsi qu’on le prouvera ci-après :c’est donc toujours la mesure de notre cha-leur animale, qui est la réglé de compa-raison pour juger de la chaleur ou du froidde tous les corps qui font hors de nous.

Or cette chaleur vitale, dont la me-sure ne peut être déterminée que par lemoyen du thermomètre , ayant été fixéeà f égard de l’homme, par f observationfaite avec cet instrument , de la façon &selon la graduation de Fahrenheit,à la lati-tude de quatre-vingt-douze à quatre-vingt-dix-huit degrés pour les différons tempé-ramens & les différons âges dans Y état na-turel ; & la plus grande chaleur de l’ath-mosphere étant limitée à un degré bieninférieur , puisqu’aucun animal ne pour-roit vivre dans un milieu dont la chaleurseroit constamment portée à quatre-vingt-dix-huit degrés : il s’ensuit que l’on ponr-roitdire avec fondement, d’après ce qui aété établi ci-devant, que faction du feudans l’athmosphere ne va jamais jufqu’à larendre chaude respectivement à nous ,puisqu’elle n’excede & n’égale même ja-mais , d’une maniéré durable & suppor-