Band 
Tome XV.
Seite
449
JPEG-Download
 

F R 0

îa raréfaction des solides en général par lachaleur extérieure, diminue l’élasticité desfibres des animaux , en diminuant la cohé-sion de leurs parties élémentaires ; d’où,tout étant égal, résulte moins de jeu dansleurs vaisseaux ; d’où s’enfuit dans les gran-des chaleurs une presqu’atonie universelle,une diminution proportionnée de factiondes organes vitaux ; d’où le ralentissementdu cours des humeurs dans les capillaires,le relâchement de ces vaisseaux, moinsde frottement des globules sanguins, moinsde chaleur qui est l’effet de ce frottement,moins de résistance au cours des humeursdans tous les vaisseaux ; conséquemmentmoins d’effbrts de la puissance motrice ,pour surmonter cette résistance; d’où moinsd’attrition, d’atténuation de la masse deshumeurs , d’élaboration , de sécrétions dufluide nerveux ; d’où enfin la foiblefîè,l’abattement que l’on éprouve toujours parune fuite de la chaleur de l’athmosphere :d’où s’ensuit que les hommes obligés à selivrer à de grands travaux,à de grandespeines de corps, les soutiennent mieuxdans les tems froids , ont plus de forces ,plus d’appétit pour les maintenir , quedans les tems chauds. C’est fans doute parcette considération , que Diodes médecincontemporain d’Aristote, dans fa lettre àAntigonus , roi d’Asie, qui contient plu-sieurs préceptes concernant la conserva-tion de la santé , donne pour maxime, enforme d’aphorisme, qu’il faut prendre plusd’alimens, boire moins en général, & boiredavantage de vin pur , à proportion qu’ilfait plus froid ; & qu’il faut par conséquentmanger moins , boire davantage, & boireson vin plus trempé, à proportion que leschaleurs augmentent. On peut donc con-clure de ce qui vient d’être dit, que leplus ou le moins de constriction dans lesvaisseaux en général, & dans les vaisseauxcapillaires en particulier , influe principa-lement fur tous ces effets, comme fur le

Î »lus ou le moins de génération de la cha-eur animale : ainsi l’on peut concevoir.que cette chaleur y est produite , fansqu’elle fasse en même tems cesser le resser-rement de ces mcmes vaisseaux, qui est lacondit’on efficiente: ainsi l’astèrtion dudocteur Douglas qui établit ce resserre-Tome XJS.

F R O 449

ment, & en conséquence le frottementdes globules sanguins dans les capillaires ,comme cause de la chaleur animale , sem-ble subsister sans atteinte à l’égard de lapremiere objection : paílons à la seconde.

On ne peut que convenir avec tous lesphysiologistes, que le mouvement du sangest très-lent dans tous les capillaires ; quele degré de cette lenteur doit varier à pro-portion des résistances , & par conséquentqu’elle augmente avec le plus de resserre-ment causé par l’augmentation du froid.Mais n’y a-t-il pas lieu de penser qu’il aug-mente ce ralentissement du cours des hu-meurs , seulement jufqu’à ce que les forcesvitales , par la disposition naturelle de lapuissance motrice, aient surmonté les ré-sistances qui le causent, sans changer l’étatde resserrement des solides, c’est-à-dire >jufqu’à ce que les humeurs aient éprouvél’effet de l’augmentation du ressort danstous les vaisseaux, la plus grande actionqu’ils exercent en conséquence fur elles ;que celles-ci en soient en général plus affi-nées , & que les globules sanguins en parti-culier soient désunis au point de pouvoirpasser l’un après l’autre dans les extrémitéscapillaires, & même d’étre forcés à s’alon-ger, à prendre la forme ovale ; ce qui lesrend propres à opérer plus de frottement,à proportion qu’ils touchent les parois desvaisseaux par des surfaces plus étendues ;qu’il fe fait par conséquent entr’eux unfrottement plus considérable qu’il ne se fai-soit Jorfqu’il pafïòit plus d’un globule à lafois , & qu’ils touchoient aux parois desvaisseaux par moins de points? Ensorte quel’on peut concevoir ainsi, que le mouve-ment des humeurs dans les capillaires rede-vient aussi peu lent qu’il étoit avant le res-serrement , sans que le resserrement endiminue d’aucune façon , dans la supposi-tion que la cause en subsiste toujours. Orcomme la faculté de procurer la sensationdu froid est attachée à l'impression quirésulte de la diminution du mouvementintestin causé par faction du feu, au-des-sous de celui qui constitue notre chaleurnaturelle : que la cause de cette diminutiondépende du froid de l’athmosphere, oud’une gêne dans le cours du sang , occa-sionnée par un resserrement spasmodiqueLll