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Tome XV.
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différens moyens attachés â leur individu,tels que les poils, les plumes, dont leprincipal usage paroissoit être de couvrirla surface de leur corps, & de la défendredes impressions fâcheuses que pouvoientleur causer les corps ambians : envier cetavantage & sentir que l’on pouvoit fe Pap-proprier, ne furent presque qu’une mêmeréflexion. En effet, l’homme ne tarda pasà fe procurer par art ce dont la nature nePavoit íàns doute laissé dépourvu queparce qu’elle lui avoit donné d’ailleursbien supérieurement à tous les animaux ,Inintelligence néceíliire non - feulementpour fe défendre de toutes les incommo-dités de la vie, mais encore pour trouvertous les moyens possibles de fe la rendreagréable, & par conséquent celui de segarantir du plus grand inconvénient de fanudité, en fe coùvrant contre le froid,& de la faire servir par le moyen d’untact plus tìn & plus étendu, à des délicesde différentes efpeces (que les animauxne font pas disposés à goûter ), dans biendes circonstances où il pouvoit desirer d’a-voir la surface de son corps découverte &exposée au contact d’autres corps propresà lui procurer des sensations agréables;comme dans les chaleurs de i’été, où illui étoit facile de fe dépouiller de tout cequi pouvoit l’empêcher de sentir la fraî-cheur de Pair , lorsque Poccaflon s’en pré-sentoir. II se détermina donc bientôt àsacrifier au besoin qu’il avoit de fe défen-dre du froid , les bêtes , auxquelles il crutvoir les couvertures les plus convenablesqu’il put convertir à l'on usage. 11 n’eutpas à balancer pour le choix ; les animauxdont les fourrures font les plus fournies,durent avoir tout de fuite la préférence :c’est là vraisemblablement le premiermotif qui a porté les hommes à égorgerdes animaux. Us pouvoient s’en passer àPégard de la nourriture , les fruits pou-voient leur suffire ; mais il ne fe présen-toir rien d’auífi propre à les couvrir, &qui demandât moins de préparation, quela peau garnie de poil , donc la natureavoit couvert un grand nombre d’ani-maux de différentes grandeurs.

L’art ajouta ensuite beaucoup à ce vê-tement fimple, pour le rendre plus com-

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mode- II ne servit d’abord qu’à envelop-per le tronc ; on ne parvint pas si tôt àtrouver le moyen de couvrir les extrémi-tés séparément. Tout cequ’on se proposad’abord en cherchant à le perfectionner ,fut d’en rendre P application plus intimefur les parties que l’on en couvroit, &d'empêcher qu’il ne restât des issiies à Pairpour pénétrer jusqu’à la peau. On s’apper-çut bientôt que plus la substance du vê-tement est compacte, plus elle garantit du 'froid: la chaleur du corps animal, sè ré-pondant autour de lui, échauffe ce quií’environne jusqu’à une certaine distance :ainsi Pair ambiant participe à cette cha-leur , d’autant plus qu’il est appliqué plusIong-tems à ce corps chaud fans être re-r.ouvellé, & il lui rend de cette chaleur em-pruntée à proportion de ce qu’il en a reçu.Mais comme les corps en général retien-nent & communiquent plus de chaleur se-lon qu’ils font plus denses , Pair étant detous les corps celui qui a le moins de den-sité , ne peut donc retenir & communi-quer que très-peu de la chaleur qu’il a re-çue de notre corps : c’est donc en fixantdavantage cette chaleur exhalée hors denous, & en nous la rendant pour ainsidire réversible, que les vêtemens nousservent d’autant plus qu’ils font plus com-pactes & plus exactement appliqués à lusurface de notre corps ; de maniéré qu’ilsempêchent le contact de Pair, qui est plus.propre à enlever de la chaleur animale rqu’à en rendre la dissipation profitable, &:qu’ils absorbent eux-mêmes en bonnepartie ce qui s’échappe ainsi continuelle-ment de cette chaleur , pour la réfléchirfur le corps qui l’a produite , pour contri-buer par-là à empêcher les effets du froidfur la surface du corps, & s’oppofer autrop grand resserrement des vaisseaux ca-pillaires cutanés , à la trop grande conden-sation des humeurs qui y font contenues:d’où suivroit la disposition contre nature,à laquelle est attachée la sensation du froid.

Ainíi c’est par le moyen des habits quePon conserve la chaleur des parties qui enfont couvertes, que Pon garantit ces par-ties des effets ào froid externe ; c’est aussil’inconvénient de cette précaution qui lesrend plus sensibles, tandis que le visage ,