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Tome XV.
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qu’on a grande peine à réussir fans fausserou casser quelque chose.

Les inconvéniens qu’on vient de voirpar rappo 't au dé brasé sur la culasse ,ne sont rien en comparaison de ceux qu’onva citer , lesquels font communs aux deuxmaniérés de pratiquer le dé : ce sont au-tant de faits confirmés par l'expérience ,qui doivent faire proscrire pour toujoursde telles inventions.

II est certain que la balle enchâsséedans le dé & serrée sur la poudre , quiflotte ensuite dans un tube plus large ,change de direction & perd de fa portée.

La crasse qui, à mesure que l’on tire ,s’amasse dans le dé, en diminue la capa-cité , & la poudre ne pouvant plus y tenirtoute, gagne insensiblement la place dela balle , laquelle n’étant plus ferrée â lafin de fa chute , diminue de vitesse dansPexplosion, & perd de fa portée à pro-portion que l’on approche du nombrede coups qu’on peut tirer fans nettoyer1 Q fusil.'

Les inconvéniens qui naissent de laforme de la cartouche dans la maniéré decharger le fufil , & de la vîteílè du tir,ne sont pas moins réels que ceux qu’onvient d’exposor.

Deux cylindres de carton, de diamè-tres dissérens , adaptés" l’un à l’autre' &léparés par un diaphragme , forment lacartouche: celui qui a le-plus petit dia-mètre contient la poudre & est couvertd’un bouchon de liege; la balle est dansl’autre, qui est fermé avec du cuir ou dela peau.

Inexpérience nous apprend que dès quele soldat a fait sa premiere décharge, ildevient très-difficile de le faire tirer avecordre ; il se Uvre à son ardeur , & tire tantqu’il a de cartouches , fans qu’on puissel'arrêter. Si on lui donne le fusil à dé ,qu’il ne fauroit charger fans une forted’adresse & d’attention , quelques-uns desplus fermes & des mieux exercés pour-ront s’en servir utilement; mais le plusgrand nombre, qui est le plus à consi-dérer , fur-tout après une ou deux cam-pagnes , ne fera pas de méme : les unsgênés ou coudoyés, soit de pied ferme ,iòit en marchant, répandront infaillible-

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ment une partie de la poudre en la vou-lant verser dans le canon ; le vent pourraaussi en emporter. D’autres y introdui-ront la balle la premiere , & pour peuque le fusil soit crasseux, elle n’en sor»tira que difficilement. Pour que la balles’enchâsse dans le dé de tout son poids,augmenté à la fin de fa chute, il est né-cessaire qu’elle y tombe verticalement :l’agitation & le mouvement qui règnentdans un corps qui combat, même la cha-leur du canon au bout d’un certain nom-bre de coups , ne laisseront que très-rare-ment au soldat la facilité de tenir sonfusil dans une position convenable à ceteffet. De tout cela il résulte manifeste-ment une différence dans les portées descoups foibles, & l’inutilité de beaucoupde fusils , ce qui donnera évidemment lasupériorité du feu à l’ennemi qui aura con-servé le fufil à baguette.

II faut encore observer qu’à la longue lachaleur du canon occasionne des fractures& des changemens nuisibles dans la mon-ture àu fufil, qu’ellese communique à laplatine, en desseche les ressorts & les dé-trempe , & que celle-ci, à force d’être ma-niée dans cet état, se détraque aisément.

Ce seroit ici le lieu de mettre en com-paraison le fusil à dé avec le fufil à ba-guette : on seroit voir que ce dernier estexempt de tous les inconvéniens qui fontattachés au premier , & qu’essentiellementil conserve fur celui-ci la longueur des por-tées & la justesse du tir, si nécessaires entant d’occasions ; mais l’un est trop connude tout le monde pour que les avantagesqu’il a fur l’autre puissent échapper à qui-conque prendra la peine déliré cet articleavec attention. On fe contentera d’obser-ver qu’on peut tirer jusqu’à cent coupsavec le fusil à baguette fans être obligéde le nettoyer ( a ) , & assez facilementcinq coups par minute ; au lieu qu’avec ce-lui à dé on ne va pas au-de làde quatre-vingts ; encore ne pourra-on jamais se flat-ter de tirer ce nombre de coups, fl detems en tems on ne fait pas descendre laballe avec la baguette : autrement on cour-

( a ) A la bataille de Parme , chaque soldat tira8o coups de fusil j & il y en a plusieurs autrssexemples qu’ou croît superflu de rapporter.