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roit de grands risques. Que îe rétrécisse-ment du tonnerre s’opere avec un dé t r sédansl’intérieur, ou mieux & plus simple-ment , avec la machine à forer, il en ré-sultera toujours le risque de voir crever cesfusils à la longue , lorsque la crasse tropabondante & les bavures de la balle la fixe-ront dans un point fort éloigné de la chargede la poudre , qui trouvant, à chasser laballe , un obstacle plus difficile à vaincreque celui qu’oppofera la résistance du ca-non , lofera éclater. Le régiment de Schom-berg a quitté ces fusils, parce qu'ils étoientsujets à crever.
On ne pense pas qu’on cherchât à éviter^inconvénient dont on vient de parler, endiminuant le diamètre des balles, qui estfixé en France à sept lignes un quart à peuprès, & de dix-huit à la livre , quoique lescalibres des étrangers soient plus forts. Onn’imagine pas non plus qu’on augmentâtle calibre du canon , en laistànt la ballecomme elle est ; car les inconvéniens qu’ona rapportés fur la longueur des portées &la justesse du tir, feroient encore plus con-sidérables.
Concluons donc que 1 Q fusil dont il estquestion ne convient nullement à l’infan-terie, & qu’il vaut beaucoup mieux qu’elletire avec un peu moins de vitesse, maisavec plus de solidité & de sûreté. (M. D.L. R. )
Fusil-PIQUE, {Art milit. Fabriq.des armes.} Le fusil-pique ,à quelqueschangemens près, n’est pas autre choseque le fusil du dernier modele , ou tel au-tre qu’on voudra lui préférer ; en voici ladifférence : son bois n’a que trois piedstrois pouces ; mais il est plus gros d’uneligne dans la partie comprise entre la sous-garde & la premiere chappe. A la partieantérieure du canon font adaptés deux grosporte-baguettes, dont la porte de l’un &de l’autre ressemble assez àla douille d’unebaïonnette renversée. Dans ces deux porte-baguettes , est une hampe longue de troispieds trois pouces, qui se gîte dans le boisde la mëme maniéré que la baguette. Cettehampe est un canon qui, dans toute fa lon-gueur, est de même épaisseur & de mêmecalibre que celui du fusil à son embou-chure , fortifié par un bâton de bois de fa-
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pin, qui le remplit très-exactement: elle atrois boutons semblables au guidon du fu-sil, dont deux servent à la retenir & à lafixer dans les porte-baguettes lorsqu’on latire pour faire \a pique , & le troisième àrecevoir la baïonnette, qu’on alonge desix pouces, & qui, au moyen d’un petitressort pratiqué au bas de fa douille, tientau canon de maniéré à ne pouvoir s’en dé-tacher fans y mettre la main. La baguetteplacée au côté gauche du fusil, entre lecanon & la hampe, coule dans un porte-baguette adhérent aux deux gros, qu’onappelle porte - hampe , & y est très-bien.La crosse du fusil - pique est coupée fur falongueur en deux parties ; & au moyend’une charnière pratiquée dans le milieu& fur toute la largeur de la plaque du ta-lon , on peut, en renversant la partie supé-rieure , alonger le fusil de neuf pouces &demi, & lui donner au besoin un talonpointu & ferré, fixé par un ressort très-folide, mais aisé à détendre , pratiqué à lapartie inférieure de la croise ; la partie su-périeure est aussi fixée par un petit ressort.
La principale objection qu’on ait faitesur le fusil-pique , & la premiere qui s’of-fre à l’imaginatiou, est la pesanteur; maisce qui pourra paroître fort extraordinaireà ceux qui ne sont pas vu , c’est qu’il nepèse exactement que deux livres de plusque le fusil dont se sert actqellement l’in-fanterie. Mais cette augmentation de poidsne doit être d’aucune considération dansune arme si redoutable & si commode :ajoutez que le prix est, à bien peu de choseprès, 1e même que celui du fusil ordi-naire. (a)
Quant au maniement de cette arme, quel’on fait faire & répéter à plusieurs soldatscomme fusil, il est tout aussi facile que ce-lui du fusil dont on fe sert aujourd’hui ;& comme pique , on s’est convaincu partoutes fortes d’expériences qu’elle a autant
( « ) Cette' objection nous a été faite par tin offi-cier général qui a ajouté que ce fvjìl seroit sujet àla rouille. Ce dernier inconvénient est inséparabledu fer , mais on le prévient avec du foin. Quant àla pesanteur, il n’a pas fait attention que le fufil-fique ne pesant qu’onze livres & demie, la piquedont on fe fervoit encore au commencement de cefiecle , pefoit cinq livres & demie de plus. Noutsommes donc lien dégénérés : heu quitm dégénérés !