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canon de M. de la Chaumette. En effet,le bouton à vis traversant le fond du ca-non , étoit sujet à se fausser, s’il étoit defer ou d’acier trempé mollement, & à secasser, si la trempe en étoit seche : dansl’un ou I’autre cas, il étoit difficile de l’óter.En second lieu, la craste qui s’amaíïbit dansles filets de la vis, lesquels étoient sujets às’égrener, en empêchoit le jeu ; & ne pou-vant plus ouvrir l’orifice par lequel on in-troduisoit la charge, l’arme devenoit inu-tile. Son seul avantage auroit été de secharger vîte & de porter bien la balle,parce qu’elle étoit forcée ; c’est-à-dire quele tube qu’elle avoit à parcourir, étantplus étroit que la partie du tonnerre qu’elleoccupoit, elle recevoit, fans en rien per-dre , toute la force de Pimpulsion que luiimprimoit la charge de poudre, fans pou-voir ballotter & flotter dans le canon.Cette arme différoit en cela des fusils àdé ou à secret du maréchal de Saxe, dont Ile tonnerre étoit plus étroit que le reste ducanon.
Cet avantage du fusil à la Chaumettene balançoit pas apparemment les incon-véniens qui résultoient de son méchanisme;car on l’abandonna,& peut-être mêmen’en a-t-on jamais fait usage. Un arquebu-sier habile & fort ingénieux essaya d’encorriger les défauts, & y réussit astèz bien :au lieu de percer le tonnerre d’outre enoutre & d’appuyer la charge fur le boutonà vis qui le traversoit tout entier, il ne pra-tiqua qu’un orifice sur le pan gauche d utonnerre ; lorsque la charge étoit intro-duite , on refermoit l’ouverture avec unbouton à vis qui n’avoit pas plus de lan-gueur que le tonnerre même n’avoit d’é-paisseur, & la charge portoit fur le bou-ton de la culasse à l’ordinaire. Le boutonà vis étoit surmonté d’un anneau un peuapplati comme une clef, & en portoit lenom : il servoit en effet à ouvrir & fer-mer le lieu destiné à recevoir la charge , &l’on évitoit par-là les inconvénient qui ré-sultoient du bouton qui traversoit tout lefond de l’anie du canon à la Chaumette.
Cette arme rectifiée , comme on vientde le voir, pouvoit être d’un assez bonservice : je n’ai cependant pas oui direqu’aucune troupe en ait été armée, mais j
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j’en ai vu beaucoup tirer fans aucun incon-vénient & avec le double avantage de secharger vîte & de bien porter la balle ;cette espece d’arme auroit su r-tout con-venu à la cavalerie, où la difficulté de char-ger & de bourrer avec une baguette estsouvent insurmontable.
Fusil de Vincennes. Ces fusls ,abandonnés dès leur naissance, prirent lenom du château de Vincennes, où on avoitétabli les atteliers nécestaires à leur cons-truction : ils étoient extrêmement longs,& on les armoit d’une baïonnette très-Ion-gue ; ensorte qu’en les considérant commeune arme blanche , ils faisoient l’effet dela lance, dont bien des militaires regret-tent qu’on ait totalement abandonnél’usage.
Le canon òw fusil de Vincennes est brisé:il est composé de deux parties qu’on sépare& qu’on réunit à volonté : la partie anté-I rieure ou le devant est d’un diamètre unpeu plus petit que celui du tonnerre, pourforcer la balle. Le tonnerre, d’un plusgrand diamètre que le devant, tant en-dedans qu’en-dehors, est fraisé & taraudéà son extrémité antérieure , pour recevoirle devant du canon qui se termine par uneespece de vis conique ; le bouton de la cu-lasse est fraisé & percé d’un trou vis-à-visle bassinet ; le tonnerre est également percéd’un trou, & est arrêté fur le fût par unanneau de fer : il est saisi par une mani-velle , par le moyen de laquelle on lui faitfaire une demi-révolution sur lui-même.
II faut donc observer qu’il y a deuxtrous au tonnerre : l’un est celui de la lu-mière , comme à tous les fusls ; & l’autreplus grand , qui lui est opposé , donnepassage à une partie de la charge de pou-dre , laquelle tombant dans la fraisiere dubouton de la culastè , s’échappe par letrou pratiqué à ce bouton , & pastant parcelui du tonnerre , vient se rendre dansle bassinet & former l’amorce.
On place dessous le devant du canon ,une tringle de fer , terminée par un cro-chet qui Parrête & le fixe fur le fût ,par l’obstacle que lui oppose le tiroir :ce tiroir enlevé , on ôte facilement !e de-vant du canon de destûs le fût, pour lenettoyer ou pour porter plus aisément le