6oo FUS
dans les pores des corps, qui, entrant enagitation par la vibration de leurs partiesfrottées, leur communique son mouve-ment , ou bien à la matière du feu quileur est combinée, pour les échauffer &les embraser ; ce n’est plus ce même feuélémentaire qui met un corps solide auton de chaleur de l’athmofphere, à peu prèsen le traversant avec la quantité du mou-vement qu’il a reçu du soleil, &c. ce n’estplus le phlogistique du charbon qui, deve-nant feu élémentaire par son dégagement,pénétré la mastè des corps : c’est le mou-vement seul appliqué à la surface d’uncorps, & se communiquant de proche enproche à toutes ses parties. Mais il seroità souhaiter que Stahl eût un peu plusétendu son assertion, & nous eût prouvéque le feu élémentaire & la matière de lalumière ne pénètrent point les corps, cequi répugne, & est démontré faux par lesphénomènes de l’électricité ; ou que celuiqui y est contenu n’entre pour rien dansleur échauffement, ce qui ne paroît pascroyable par la même raison. II auroitencore dû prouver que la mixtion du phlo-gistique n’est point rompue par ce mouve-ment, & qu’il ne concourt en rien à l’em-brasement des corps frottés , ce qui estauíïï dénué de vraisemblance ; & que cemême phlogistique ne pénétré point l’ag-grégation d’un corps, ce qui est démentiar l’expérience qui convertit en acier unearre de fer, qui ne prend ce nouvel étatque par une surabondance de ce principe ,selon Stahl lui-même. En attendant queces difficultés soient levées , il n’en resterapas moins pour constant que la fusion estce changement qui arrive à un solide enconséquence de faction du feu qui pénétréson aggrégation , la rompt , & imprimeson mouvement à ses molécules intégran-tes qu’il fait rouler les unes fur les autres.Voye\ les ouvrages de Stahl.
Fusion, ( Chymie .) se dit de l’espece Jde détonation particulière au nitre. Voye\Fuser ù Nitre.
Fusion, ( Chymie & métallurgie. )c’est une opération par laquelle des corpssolides & durs, tels que les métaux, lespierres, les sels, &c. font mis dans un étatde fluidité par le moyen du feu qu’on leur
FUS
applique médiatement ou immédiatement.
II y a des corps qui ont la propriétéd’entrer en fusion par la feule applicationdu feu : les métaux, les demi - métaux, leverre, les sels alkalis fixes, la plupart dessels neutres, les soufres , les résines, &quelques pierres, font dans ce cas. D’au-tres corps n’ont point la même propriété,& il faut leur joindre d’autres substancespour les faire entrer en fusion. V. Fon-dant.
Les métaux & demi - métaux exigentdifférens degrés de feu pour être mis enfusion , & présentent des phénomènes toutdifférens.
Le plomb & l’étain entrent très-promp-tement en fufion, & même avant d’avoirrougi ; l’or & l’argent y entrent en mêmetems qu’ils rougistènt ; le cuivre & le ferveulent avoir été rougis pendant long-tems& vivement, fur-tout le dernier , avantde fe fondre.
Si l’on fait fondre de l’or, de l’argent,du cuivre , du plomb , de l’étain , ou duzinc, & que lorsquel’une de ces substan-ces métalliques fera fondue, qu’on y jetteun morceau de métal de la même espece ,il tombera au fond, ou bien il restera aufond fi l’on verse du même métal fondupar-dessus. Ces mêmes métaux mis en fu-fion, occupent un plus grand espace queIorsqu’ils font refroidis ; d’où l’on voit quela fufion augmente leur volume, & dimi-nue leur pesanteur spécifique. II n’en estpas de même du fer , du bismuth, del’antimoine, & du soufre : si l’on fait fon-dre une de ces substances, en y jetant unmorceau froid de la même substance, ilsurnagera à la matière fondue ; ce quiprouve que ces dernieres substances acquiè-rent par la fufion une pesanteur spécifi-que plus grande qu’elles n’avoient étantsolides.
La fufion opéré encore des phénomènes1 très-singuliers fur les métaux qu’on allieles uns avec les autres ; il y en a qui, parson moyen, deviennent d’un plus grandvolume qu’ils n’étoient avant que d’avoirété fondus ensemble , tandis que d’autresdeviennent d’un volume moins considéra-ble. Outre cela, il y a des métaux quis’uniflènt parfaitement par la fufion : tels