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Tome XV.
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se sont perdus, font bien voir qu’il ne luicoûtoit guere d’écrire. Suidas dit que Ga-lien avoir composé des ouvrages non-seule-ment sur la médecine, sur la philosophie,mais encore fur la géométrie, fur la gram-maire. L’on comptoir plus de cinq centslivres de fa façon , concernant la médecinefeule, & environ la moitié autant concer-nant les autres sciences. II a fait lui-mêmedeux livres contenant la seule énumérationdes diíïerens sujets fur lesquels il avoir tra-vaillé.

On peut dire que Galien fut le plus grandmédecin de son siecle , soit pour la théo-rie , soit pour la pratique. On ne peut dis-convenir qu’il n’ait écrit des choses admi-rables fur la médecine en particulier. II aété le grand restaurateur de la médecined’Hippocrate contre celle des méthodi-ques, qui jufqu’à son tems s’étoit toujourssoutenue avec distinction ; toutes les autressectes de médecine fubfistoient même en-core dutems de Galien. II y avoir des dog-matiques , des empiriques, des épifynthé-tiques , des éclectiques, des pneumati-ques , &c. mais les méthodiques avoientla plus grande vogue ; les dogmatiquesétoient fort divisés entr’eux ; les uns te-naient pour Hippocrate, les autres pourAristote, & d’autres encore pour Afclé-piade.

Galien ne se déclara pour aucune de cessectes, & les étouffa toutes. Son principalbut sot néanmoins de leur substituer ladoctrine d’Hippocrate, v®ye\ Hippo-cratisme; personne ne l’avoit étudiée,ne l’avoit saisie comme lui. C’étoit sur lesidées du pere de la médecine qu’il avoirformé les siennes, principalement pour cequi concerne la nature , les crises , le pou-voir de l’attraction, bc. Mais , dit M.Quesnay , en portant son jugement sur lasecte des galénistes, dans son Traité desfievres continues , tome I, Galien quittala voie qui pouvoit conduire à de nou-velles connoillànces dans l’économie ani-male. Au lieu d’insister fur l’observation,& de se conformer à celui qu’il se propo-soit pour modele, il assujettit la scienceencore naissante de sart de guérir , à quel-ques idées générales, qui en arrêtèrent leprogrès ; il les présenta aux médecins sous

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un aspect lî simple, si uniforme, & 6commode, qu’elles furent généralementadoptées pendant une longue fuite de sié-cles. Non-seulement Galien rapportoitcomme Hippocrate les maladies aux in-tempéries des quatre premieres qualités ,le chaud, le froid, le sec & Phumide ; maiscontre le sentiment d’Hippocrate & desmédecins de l’antiquité , il rapporta aussi àces qualités les causes des maladies, & lesvertus des remed.es. Voye \ Maladie ,Intempérie , Qualité , Médica-ment.

Ce système borna entièrement les re-cherches des médecins, parce que, fixés àdes idées par lesquelles ils croyoient pou-voir expliquer tous les phénomènes, ilsétoient persuadés que toute la seience dela médecine se réduisoit à de tels principes :cependant l’observation & I’expérienceleurprésentoientbeaucoupd’inductionsfortopposées! ces principes. Pour les concilierou pour éluder les difficultés, ils avoientrecours! des distinctions, à des interpré-tations , & ! des subtilités qui amusoientinutilement les esprits, & qui multi-plioient beaucoup les livres. Resserrés dansles bornes de leur système , ils y rarne-noient toutes les connoissances qu’ilspou-voient acquérir dans la pratique de la mé-decine; les lumières qu’elles y portoientétoient obscurcies par les erreurs qui abon-dent nécessairement dans une doctrinedont les principes sont faux ou insuffisans,ou trop étendus. Tels sont & tels doiventêtre absolument ceux sur lesquels Galiena établi fa doctrine, dans un tems où laseience de la médecine étoit encore bienimparfaite.

Pour réduire! un système vrai & juste,sur-tout ! un système général, une seienceassujettie ! l’expérience, il saut avoir au-paravant toutes les connoissances qui peu-vent nous conduire aux vrais principes decette science : car ce sont ces connoistàn-ces elles-mêmes, qui toutes ensemble doi-vent nous les indiquer. Avant qu’on soitarrivé 1! , on ne doits’appliquer qu’á éten-dre ces connoisiances, qu’à tirer des unes& des autres les portions de doctrine quePon peut en déduire avec certitude : autre-ment on s’égare, & l'on retarde extrê-