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Tome XV.
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par des moyens physiques, & dans laquelleon a principalement pour objet la recher-che des différens principes des parties inté-grantes , qui entrent dans la compositiondes médicamens. Ainsi la premiere a étéfans doute nommée galénique, parcequ’elle fe pratique de la maniéré qui étoitfeule en usage parmi les disciples de Ga-lien , qui n’avoient vraisemblablementaucune connoistànce de la chymie, ouau moins ne l’avoient pas introduite dansla pratique de la médecine : cette distinc-tion cependant n’a été faite que lorfqu’il ya eu des médecins chymistes, pour établirla différence de ceux qui restoient attachésà la doctrine de Galien, d’avec ceux quiformoient la secte chymique. V. Pharma-cie , Chymie , Médicament.

G ALENISME, f. m. ( Med. ) fe dit dela doctrine de Galien , fauteur après Hip-pocrate le plus célébré parmi les médecins,& qui a eu même plus d’empire dans lesécoles que le pere de la médecine.

Galien naquit fous l’empereur Adrien ,l’an de N. S. 131 ; il avoit quatre à cinq anslorsque ce prince mourut. II étoit de Per-game , dans l’Asie mineure, ville fameuseà divers égards, & particulièrement parson temple d’Esculape. II étoit fils de Ni-con , homme de bien, riche & savant, quin’épargna rien pour l’éducation de sonfils.

Le jeune Galien , après avoir appris toutce qu’on avoit alors coutume d’enfeignerdans les écoles, tourna toutes fes penséesvers la médecine, y étant déterminé parun songe , selon qu’il le dit lui-même. IIétoit pour lors âgé de dix-fept ans : deuxans après il fe mit à étudier pendant quel-que tems fous un disciple d’Athenée, &ensuite fous différons maîtres d’un méritedistingué, comme il paroît par ce qu’il endit en divers endroits de fes ouvrages : ils’attacha néanmoins très-peu au premierde ces professeurs ; il s’étoit bientôt re-buté de le suivre, parce que celui-ci faifoitgloire d’ignorer la logique, bien loin dela croire nécessaire à un médecin. II goûtabeaucoup la secte des péripatéticiens, quoi-qu’il maltraite Aristote en quelques en-droits, en voulant faire croire que ce qu’ily a de meilleur dans la physique de ce

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philosophe , est tiré des œuvres d’IIippo-crate.

Après fes études, Galien fe mit à voya-ger; il situn long séjour à Alexandrie , oùtoutes les sciences fleurissoient. A l’âge devingt-huit ans iî retourna à Pergame. Sasanté qui jusqu’alors avoit été chancelante,devint meilleure, selon ce qu’il en dit lui-même , & sot même très-vigoureufe toutle reste de fa vie ; il parvint à une extrêmevieillesse. II avoit trente-deux ans lorfqu’ilparut à Rome, où il trouva de la part desmédecins la plus grande opposition! ce qu’ilpût exercer librement fa profession : aussiprétendoit-il savoir ce qu’ils n’avoient ja-mais so, & ce qu’ils ne vouloient point ap-prendre. Une prétention de cette efpece atoujours fait & fera toujours un grand nom-bre d’ennemis parmi ceux qui ont le mêmeobjet d'ambition, quelque bien fondé quepuiíïè être celui qui veut s’attribuer unepareille supériorité de lumières.

Cependant Galien parvint à plaire auxgrands de Rome par fes exercices anatomi-ques, par le succès de fa pratique , & sur-tout par celui des prognostics. Le préteurSergius Paulus fut un de fes plus zélés parti-sans, aussi bien que Barbarus, oncle de l'em-pereur Lucius Verus, & Severe : ce quicontribua le plus à augmenter les clameurs& les plaintes des autres médecins, aupoint qu’il fut forcé de sortir de cetteville, & de se retirer dans fa patrie, d’oùles empereurs Marc-Aurele & LuciusVerus le firent bientôt revenir à Rome;& depuis ce tems-là il n’en sortit plus,selon ce qui paroît. 11 ne ceflà pendanttoute fa vie de travailler avec beaucoup defoin à s’instruire dans les belles-lettres,dans la philosophie, & dans la médecine ; &comme il joignoit le talent à l’étude, il réus-sit très-bien. II s’acquit la juste réputationd’un grand philosophe & d’un grand mé-decin. II avoit beaucoup de facilité â s’énon-cer, & une éloquence fans affectation ; maiscomme son style est extrêmement diffus &étendu, à la maniéré de celui des Asiati-ques , cela est cause qu’on a quelquefois dela peine à ne suivre, ou qu’on le trouve obs-cur en divers endroits.

Le grand nombre de livres que nousavons de cet auteur célébré , & ceux quiPppp ij