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Tome XV.
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marqua le transport de propriété. Le gantjeté fut un cartel ; le gant relevé, un car-tel accepté. II étoit autrefois défendu auxjuges royaux de siéger les mains gantées,& aujourd’hui on n’entre ni dans la grandeni dans la petite écurie du roi, fans fe dé-ganter.

Les gants fe font de peaux d’animauxpa (Tées en huile ou en mégie. V. MÉGis-sier.C es peaux font celles du chamois,de la chevre,du mouton, de l’agneau,dudaim, du cerf, de l’élan , Ùc. On fait desgants à Paiguille ou fur le métier, avec lafoie, le fil, le coton , Ùc. II y en a de ve-lours, de satin, de taffetas , de toile, &d’autres étoffes.

Ce font les gantiers qui fabriquent lesgants de peau, les bonnetiers qui font lesgants au tricot & à Paiguille , & les mar-chands de modes qui vendent les gantsd’étoffes & autres.

Voici le travail du gantier. Cette pro-fession est une de celles qui exigent le plusde propreté. Les instrumens de cet ouvrierfont le ciseau de tailleur, ou la force ; lecouteau à doler, le tourne-ga/zr, &c.

Le gantier ne prépare point ses peaux,il les prend chez le mégiísier ; il doit seule-ment apporter quelques précautions dansl’achat qu’il en fait, fur-tout lorsque lapartie de peaux qu’il achete est considéra-ble. On les lui présente en douzaines, fansêtre parées. Celui qui les lui vend, répandtoujours deux ou trois peaux de rebut furchaque douzaine de peaux de recette. Legantier intelligent en fera le triage , &lesachetera séparément ; ou il les examinerabien avant que de les prendre, comme ondit, les unes dans les autres , & il comp-tera le plus exactement qu’il lui fera possi-ble ce qu’elles peuvent toutes lui fournird’ouvrage. Toute peau percée est censéede rebut, quoique le gantier habile puissea íi í° UV - er| t en tirer le même parti que sielle n avoir aucun défaut. Son art doit alorsconsister à placer dans !a coupe les trousentre les fentes des doigts, ou à l’enlevurequi fe pratique pour le pouce de la main.

Le gantier commence par faire parer fespeaux, ou à en ôter le pelun. S’il a à cou-per des chevreaux en blanc, & que cespeaux soient un peu plus épaisses au dosTome XV.

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qu’l la tête,ou fur les flancs, il commencepar lever une petite lisiere de la secondepeau, vers la tête. A l’aide de son pouce& de son ongle , il fuit la coupe de cetteportion de fa peau dans toute fa longueur.C’est ainsi qu’il la rend d’égale épaisseur,& plus maniable. C’est ce qu’on appelleeffleurer à la main. Cela fait, il a une brostède crins rudes ; il brosse chacune de fespeaux du côté de la chair, pour en ôter cequ’il peut y avoir de crastè & de vélo. IIrange toujours fes peaux la fleur fur lachair. II en place un grand nombre fur unetable bien nettoyée. II a une éponge qu’iltrempe dans de l’eau fraîche. II paste cetteéponge le plus légèrement qu’il peut furchaque peau. 11 prend fa peau par les pat-tes de derrière ; il la retourne & l’étend furune autre table du côté où elle a été mileen humide, fur la fleur. II éponge une se-conde peau qu’il étend sur la premiere,chair contre chair. 11 en éponge une troi-sième qu’il étend sur la seconde , fleur con-tre fleur, & ainsi de suite, un côté hu-mide d’une peau toujours fur un côté hu-mide de la suivante , & la chair de l’unetoujours contre la chair d’une autre.

Après cette premiere manœuvre, ilroule toutes fes peaux & en fait un paquetrond, ce qu’il appelle les mettre en pompe.11 les tient dans cet état jusqu’à ce qu’il soitastùré que ses peaux ont bu assez d’eau.Alors il ouvre le paquet. II prend une deces peaux qui a conservé un peu de son hu-midité. II tire la tête à deux mains, l’étend& la met fur son large ; il continue de lamanier ainsi & mettre sur son large de !atête à la culée, & il cherche à en tirer leplus d’ouvrage qu’il est possible. C’est l’é-tendue de la peau qui décidera de la lon-gueur des gants. Si l’ouvrier est un mal-adroit , & que fa coupe soit mal entendue,il perd beaucoup, & les ouvriers disentalors que les forces ont dîné avant lemaître.

Après qu’il a tiré la peau fur son large,il la manie & la tire fur son long ; il la dé-pecé , & donne à fes étavillons la forme &les dimensions convenables. On appelleétavillons , les grandes pieces d’un gantcoupé. II renferme fes étavillons dans unenappe, où ils conservent encore un peu de