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Tome XV.
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état de guerre ; mais malgré cet exercicequi suppose du courage, ils étoient íì pu-sillanimes , qu’ils trembloient à la vue d’unétranger désarmé ; & eussent-ils été vingtcontre un seul agresseur, ils n’auroientopposé aucune résistance. Telle fut lalâcheté des premiers Garamqntes , maisleurs descendans donnerent dans la fuiteplusieurs témoignages d’intrépidité ; &comme la vie nomade endurcissoit leurcorps, on les compta au nombre des na-tions nées pour la guerre. Les déserts qu’ilfalloit traverser pour aller jusqu’à eux,assurèrent leur indépendance. Leur pau-vreté ne pouvoit allumer l’avarice d’unconquérant ; & les brigands qui infestoientles routes, étoient autant de remparts quiles défendoient contre les incursions deleurs voisins : ainsi ils eurent peu d’occa-sions d’exercer leur courage. Les Romainsqui vouloient avoir des sujets par-tout oùil y avoir des hommes, en firent la con-quête. Cornélius Galba obtint les honneursdu triomphe pour les avoir subjugués ;mais trop farouches pour se familiariseravec le joug, ils rentrerent bientôt dansla jouissance de leurs droits , & ne voulantobéir qu'à leur chef, ils se choisirent unroi qui embrasse la querelle de Tacfari-nas, contre les Romains. Ptolomée assurequ’ils étoient nombreux & puissens, &que ce fut leur attachement pour la viesauvage qui les empêcha de figurer parmiles peuples les plus célébrés de la terre.Le mariage n’étoit pas un contrat civil quiengageât leur liberté. L’union des sexesetoit autorisée par le besoin momentanéde se reproduire. L’amour chez eux n’é-toit qu un appétit brutal. Le culte d’unpeuple qui n’a point de demeures fixes,doit être simple ; ses autels & ses tem-ples ne pourroient être transportés dansles différentes contrées qu’il parcourt : lesGaramantes , quoique toujours errans,avoient consacré un temple en l’hon-neur de Jupiter Ammon, objet particulierde leur culte. Ce dieu yétoit représentéavec des cornes de bélier, symbole de l’a-bondance. Cette contrée, ainsi que la Ly-bie, nourrissoit quantité de brebis dontle lait servoit de nourriture à ce peuplepauvre & frugal.]

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Les Nubiens, les Pérorsiens, les Tar-valséens& plusieurs autres peuples qui oc-cupoient la haute Guinée, semblent avoirété les tiges ou les rameaux des Garaman-tes , puisque tous étoient compris fous Ladénomination générale d’Ethiopiens. Cespeuples offrent les mêmes traits, & leurlangage est peu différent. Les Carthagi-nois avoient des relations avec ces peuplesignorés du reste de la terre ; ils en tirèrentdes troupes dans la guerre qu’ils eurent àsoutenir contre Gélon, & l’on sait qu’ilsse servoient dans leurs expéditions, de cha-riots armés de faux, de l’arc & de fléchés.Ils étoient polygames, ou plutôt le mariagen’étoit chez eux qu’une union paísegere »qu’une jouissance brutale, comme les bêtesdont ils avoient l’instinci plutôt que la rai-son qui distingue l’homme. ( T — N. )GARAMANTICUS LAPIS. V.Grenat.

GARANCE, ( HiJÌ. nat. bot. ) rubiatinclorum. Les plantes de ce genre portentdes fleurs d’une feule piece, faites en go-det , percées à leur fond, découpées parleurs bords en quatre, cinq ou six parties.Dans l’intérieur, sont quatre étamines, &un pistil formé d’un style fourchu, dontla base, qui est l’embryon, fait partie ducalice. Lorsque la fleur est passée, cet em-bryon devient un fruit en baie plus oumoins succulente, composée de deux grai-nes hémisphériques ou presque rondes,dont chacune est recouverte d’une pelli-cule. Les racines font rampantes, longues,assez seches, plus ou moins grosses, selonles especes, d’une saveur styptique; &toutes donnent une teinture rouge.

Especes. i. La plus cultivée parmi nous,est l’espece connue sous le nom de rubiatinclorum sativa C. B. appellée erythro-danum par Ray, & rubi en Provence. Ellepousse des tiges longues de trois à six pieds,quarrées, noueuses, fort rudes au toucher,qui se mêlent ensemble, sont trop menuespour pouvoir se soutenir à une certainehauteur , & périssent tous les ans. Chaquenœud est garni de cinq ou six feuilles ob-longues , pointues, étroites, rudes en-des-sous, bordées de dents fines & dures, quis’attachent aux habits. Ces feuilles sontdisposées en étoile autour de la tige, &

verticillées.