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Tome XV.
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odieux de détrôner iòn pere & de'lui ra-vir la couronne. Alphonse III, instruit decette criminelle trame , marcha contreson fils ingrat qui déjà s’étoitarmé, le com-battit , remporta la victoire, prit son fils &le fit enfermer au château de Gauzon, oùil le retint prisonnier pendant deux outrois ans, quelque pressantes que fustèntles sollicitations de la reine, meredu çap-tif, & celles de Nugno Fernande/. DonOrdogno, frere du prisonnier, se joignit,à sa mere & à Nugno : ils cesserent detravailler à fléchir la juste cplere d’Al-phonse ; mais ils soulevèrent le peuple enfaveur de Garde ; & l’état étoit menacéd’une guerre civile, lorsque le roi Al-phonse , sacrifiant ses plus chers intérêts,ses droits & son rang à la tranquillité pu-,blique, mit le prince don Garde en li-berté , assembla les états, & abdiqua lacouronne en faveur de ce même fils dontles états indignés eussent dû punir i’audace& la rébellion. Ce fut ainsi que Gardemonta fur le trône en qio. II voulut effa-cer l’iniquitédu moyen dont il s’étoit servi,& dans cette vue il commença par fonderun monastère qu’il enrichit ensuite, ce quidans ces tems de superstition réparoit le splus grands crimes. Après cette action quilui acquit la réputation d’un prince très-pieux, il assembla son armée , & alla por-ter la guerre chez les Maures. Le roi deCordoue lui opposa l’élite de ses troupesfous le commandement d’AyoIa, regardécomme le plus habile général Maure de sonsiecle ; mais malgré fa valeur & son habi-leté , il fut vaincu , ses troupes masiàcrées,& Iui-même fait prisonnier & réservé àune longue captivité, dont il s’assranchitcependant, en trouvant le moyen de s’é-vader, malgré la vigilance de ses gardes.Animé par ce succès, Garde , de retourdans ses états, concerta avec son pere leplan de la campagne suivante; & Alphonse,quelque sujet de mécontentement qu’il eûtcontre son fils, voulut bien se charger ducommandement d’une partie des troupes,à la tête desquelles il alla ravager les terresdes infidèles. Après mille actions glorieu-ses & éclatantes, il revint chargé de lau-riers & de butin à Zamora, où il mourutdeux ans après son abdication. Les regrets

G A R

I que cette irréparable perte causa à Gar-cie , ne l’empècherent point de poursui-vre la guerre qu’il avoir déclarée aux Mau-res ; niais avant que de continuer le coursde ses opérations, il tenta d’enlever la Ga-lice à son frere don Ordogno, auquel pour-tant il avoir les .plus grandes obligations.Ce projet ne lui réussit point. Don Or-dogno , aimé de ses sujets autant que leroi de Léon étoit craint & peu chéri dessiens, se disposoit à la plus vigoureuse ré-sistance , lorique la reine-mere réconciliases deux fils qui se lierent de Ia-plus étroiteamitié, & porterent ensemble avec suc-cès la guerre chez les Maures. Rien ne leurrésista, & le roi de Léon eût porté ses con-quêtes tout aussi loin qu’il le desiroit, sila mort ne l’eût arrêté au milieu de (âcourse ; il tomba malade â Léon, languitquelques jours , & mourut fort estimé,mais très-peu regretté de ses peuples, aprèsun régné de trois ans. (Z. C.)

Garcie I, Feunandez, comte deCastille. ( Hijl. d’Ejp. ) II n’y avoir quepeu d’années que la Castille s’étoit ren-due indépendante & formoit un état sé-paré, auísi puissant & aussi redoutablequ’aucune des souverainetés qui divi-soient l’Espagne, lorsque Ferdinand Gon-zalez qui avoir opéré par sa valeur & sonambitieuse habileté cette grande révolu-tion , transmit paisiblement ses' états àdon Garde Fernande/ son fils , & mou-rut aussi tranquille poílèsseur de la sou-veraineté de Castille, que si elle eût étédans fa maison aux titres les plus légiti-mes. Garde succéda sans obstacles auxétats de son pere, en 970, & ne tardapoint à gagner la confiance de ses sujets,par les soins qu’il se donna pour les ren-dre heureux & contens. Il consacra lessept premieres années de son gouverne-ment à la félicité publique, & les moyensqu’il prit pour la fixer dans ses états, réus-sirent au gré de ses désirs & au-delà deson attente. Le comte de Vêla qui avoirles droits les mieux fondés fur la souverai-neté de la fertile province d’Alava, dontil avoir été dépouillé par Ferdinand , in-téressa à sá cause le roi de Cordoue qui,jaloux d’ailleurs de l’accroissement succes-sif que preaoit la puiísiuice des comtes