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dé Castille, prit les armes en faveur ducomte de Vêla, fit contre les Castillansles plus formidables préparatifs, & char-gea son général Orduan de ravager leurspossessions. Garde , informé de foragequi fe préparoit contre lui, fe ligua avecSanche, roi de Navarre , & marcha con-tre Orduan qui avoir pénétré déjà dansses états , où il exerçoit les fureurs de laplus meurtrière dévastation. Garde luilivra une bataille, remporta fur lui unevictoire éclatante , le mit en fuite & dé-livra ses sujets des hostilités des Maures.Ceux - ci firent dès l'année suivante lesplus grands efforts pour rétablir l’honneur& la gloire de leurs armes : mais Gardedéconcerta tous leurs projets ; & quoiqueson armée fût de beaucoup inférieure àcelle de ses ennemis , il les contraignitencore de se retirer , après avoir souffertdes pertes très-cansidérables. Almanzor,qui déjà s’étoit rendu si redoutable auxchrétiens, entreprit de venger les infidè-les ; mais il n’eut que peu.de succès, &Garde eut plus d’une fois la gloire derendre la victoire incertaine entre lui &ce fameux général. Cette guerre dura plu-sieurs années, toujours avec la même in-certitude ; mais à la fin la fortune fe dé-clara pour le comte de Castille qui rem-porta divers avantages décisifs fur les Mau-res, qu’il battit complètement dans les plai-nes d'Ofma. II mit le comble à ía gloire,par la justice qu’il rendit à la famille deVêla, qu’il rappella en Castille, & qu’ilremit en posseflion des biens que Ferdi-nand lui avoit ravis. La guerre terminée,& ses états rendus austi floristans qu’ilspouvoient.le devenir , Garde eùt le cha-grin de voir son fils séduit par les con-seils de quelques lâches adulateurs, fe sou-lever contre lui & former d es complotsodieux. II fit tous ses efforts pour rame-ner ce fils ingrat ; mais le voyant décidé-ment déterminé à la rébellion , il le pré-vint , prit les armes , lui livra bataille, leprit Iui-méme, & eut la générosité de luipardonner son crime. Cette guerre civileétoit à peine éteinte, que l’armée du.roide Cordoue se jeta sur les terres de Cas-tille & y commit d’affrcux ravages. Gar-cìc rassembla toutes ses troupes, marcha
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contre les infidèles, les rencontra entreAlcocer & Berlanga, leur livra bataille,fut malheureux : & entraîné par fa va-leur, s’engagea si avant dans les escadronsennemis, qu’il fut enveloppé de toutesparts, couvert de blestùres & fait prison-nier , tandis que son armée consternée decet accident, s’abandonna à la terreur &prit la fuite avec précipitation. Garde nesurvécut que deux jours à fa défaite, &mourut de ses blestùres entre les mainsdes Maures qui, malgré la violence deleur haine pour les chrétiens, ne purents’empêcher d’admirer la fermeté du comtede Castille, captif & mourant, comme ilsavoient si souvent redouté sa valeur aUimilieu des combats. (L. C.)
Garcie II, comte de Castille. (Hift.d’Esp.) Si ce jeune souverain eut vécuplus long-tems, disent lés historiens Espa-gnols, il eût été fans doute le modelé des .rois; car il n’eut ni défauts, ni soiblest'es,ni vices : il n’eut que des vertus, des ta-lens infiniment au-dessus de son âge, 6 cles qualités les plus propres à illustrer lesprinces. II avoit à peine quatorze ans,lorsque don Sanche son pere lui transmit,en mourant, la souveraineté de Castille,en 1022, sous la tutele de dona Elvire, famere, & sous la protection de don San-che , roi de Navarre, son oncle. On as-sure que, malgré sa jeunesse, Garde IIeût pu gouverner seul, & qu’alors mêmeses sujets, ainsi que les nations voisines,avoient po.ur lui l’admiration la plus pro-fonde &l la plus méritée. Cependant quel- .qu’éminentes que fussent ses vertus, son-élévation ne laissa pas d’occasionner destroubles, par lambition de quelques fac-tieux qui, méprisant la jeunesse de leurnouveau comte, entreprirent d’exciterdes soulevemens, & de se rendre indé--pendans. Le plus dangereux de ces rebel-les étoit don. ïerdinand Guttierez, qui ss’empara du château de Monçon , aimases partisans contre !e souverain, & sc li-gua, secrètement avec les infidèles. Le roide. Navarre informé d.e ces mo.uvcmens,.fe rendit, suivi de. l’élite.ce. f es troupes,.auprès de son neveu, qui, ayee tin tel se--cours, marcha contre le perfide Guttie-rez, le. battit, dispersa les rebelles, &.