G A R
nattés ; iîs ne descendent pas jusques furle pont, afin de Iailler l’espace pour tirerle mousquet. (Z)
Gardes-CôTES. Ces gardes font com-posées des communes des villages les plusproches de la mer; les habitans des vil-lages destinés à la garde-côte ne tirentpoint à la milice.
Les gardes-côtes font distribués parcapitaineries. Le commandant de la pro-vince leur fait donner des munitions entems de guerre ; le major de la capitai-nerie répond des armes, & les fait reporterdans les arsenaux à la paix.
Les capitaineries & la nomination desofficiers dépendent du ministre de la ma-rine ; les capitaines & les principaux offi-ciers font toujours choisis parmi les gensde condition de la province, qui ferventou qui ont servi.
Par des arrangemens particuliers faitsfous les ordres de l’intendant de la pro-vince, ces troupes ont des gratificationsen tems de guerre , & ont presque toutesdes uniformes de serge ou de grosse toile,avec des paremens de différentes couleurs ;elles ont aussi des drapeaux.
Les gardes-côtes font très-utiles pourépargner le service aux troupes du roi ;& lorsqu’une capitainerie est bien tenue ,comme celles du Calaisis, de Verton , duCrotoy & de Cayeux, qui ont fort bienservi pendant la derniere guerre, ellesfont suffisantes pour la défense de la côte,dont elles connoissent les plages & lespoints où l’ennemi pourroit aborder pourfaire un coup-de-main.
Cependant nous croyons que Tordreétabli dans le Boulonnois , est meilleurrue celui des capitaineries gardes-côtes. LeBoulonnois en tout tems a cinq régimensd’infanterie & trois de cavalerie , dontles colonels & les officiers font brévetéspar le roi. Ces troupes font fous les ordresdu ministre de la guerre. Chaque villageou chaque hameau fournit un nombrede cavaliers & de soldats , proportionnéaux fermes & aux habitans qui le compo-sent.
En tems de guerre on choisit dans cenombre trois ou quatre bataillons , quifont armés, équipés & entretenus par le
G A R
roi, comme les autres régimens d'infan-terie. Ces régimens ont leur inspecteurparticulier ; ils servent en garnison à Bou-logne & dans les places maritimes voisi-nes , & prennent rang dans Tinfanterie dujour de leur création.
On assemble à Boulogne deux compa-gnies de cavalerie , armées , montées,équipées & payées comme le reste de la ca-valerie. Ces compagnies servent à envoyerdes détachemens à la découverte le longde TEstran ; & en cas d’alerte elles four-nissent des ordonnances pour envoyer endifférens bourgs & villages du Boulonnoispour commander aux régimens de s’assem-bler & de marcher aux rendez-vous gé-néraux , tant au-delà qu’en-deçà de laLyanne.
Cette opération est d’une exécution fa-cile & prompte ; & en douze heures Tof-ficier général qui commande en Boulon-nois , peut être fur d’avoir sept à huitmille hommes fous les armes. L’ordre éta-bli en Boulonnois est très - bon ; il n’estpoint â charge au pays ; l’esprit militaires’y conserve. Cette province , la plus voi-sine de TAngleterre , peut fe garder parses propres forces, fans que la culture desterres en souffre.
Pendant la derniere guerre les troupesenrégimentées étoient fort belles ; elles ontbien servi, & étoient très-bien composéesd’officiers.
Nous avons plusieurs provinces mari-times , où le même ordre seroit très-utileà établir.
En tems de guerre tous les postes desgardes-côtes ont un signal qui peut êtreapperçu des postes de droite & de gau-che. Ces signaux s’exécutent pendant lejour avec des drapeaux & des flammes,telles que celles des galères ; pendant lanuit, avec des fanaux & des feux. Dans leBoulonnois , le roi entretient en tems deguerre un guetteur fur la montagne duGrinez & fur celle du Blanez. Ces deuxmontagnes forment les pointes de la pe-tite baie de Willan, que Ton croit êtreTancien portus Iclius des Romains ; maisqui n’est plus aujourd’hui d’aucun usage,par la quantité de sables qui l’ont com-blé , & qui ont même entièrement couvert
tout