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chard I, roi d’Angleterre, ayant péri surmer par une tempête, on reconnut soncorps parce qu’il avoir Je scel dit roi sus-pendu à son cou.
Depuis que l’on se servit en France desceaux plus grands, & que le nombre enfut augmenté, il ne fut pas possible auchancelier ou garde des sceaux de lesporter à son cou ; il n’en a plus porté quefes clefs, qu’il a toujours fur lui dans unebourse.
Anciennement le coffre des sceaux étoitcouvert de velours azuré, semé de fleurs-de - lis d’or ; & dans les cérémonies cecoffre étoit porté fur une haquenée qu’unvalet - de - pied conduifoit à la main: au-tour de cette haquenée chevauchoientles héraults & poursuivans du roi, Sc au-tres seigneurs qui étoient présens ; d'au-tres disent que c’étoient des archers,d’autres les appellent des chevaliers vêtusde livrée : cela se trouve ainsi rapportépar Alain Charrier, sous Fan 1449 &1451, & par Monstrelet au troisième vo-lume , en parlant des entrées faites par leroi Charles VII à Rouen & à Bordeaux.
On trouve ailleurs, que quand le chan-celier alloit en voyage , c’étoit le chauífe-cire. qui portoit le fcel royal fur son dos,ainsi qu’il est dit dans un hommage rendupar Philippe archiduc d’Autriche , au roiLouis XII , le 5 juillet 1499 , pour lescomtés de Flandre , Artois & Charolois.
Présentement le roi donne pour renfer-mer le* sceauxun grand coffre couvert devermeil, lequel est distribué en trois cases,contenant chacune une petite cassette fer-mante à clef.
La premiere qui est couverte de ver-meil, renferme le grand sceau de France& son contre-fcel.
La seconde qui est couverte de veloursrouge , parsemée de fleurs-de-lis & dedauphins de vermeil , contient le sceauparticulier dont on use pour la provincede Dauphine, & son contre-fcel.
La troisième cassette contenois le sceau& le eontre-sceau désordre de S. Louis ,établi en 1694 ; mais présentement cettecassette est vuide , les sceaux de cet ordreayant été donnés en 1/19 au chanceliergarde des sceaux créé pour cet ordre , par
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édit du mois d’avril de la même année.
Comme il n’y a plus que les deux pre-mières cassettes qui servent, le garde dessceaux , pour -les transporter plus facile-ment , a fait faire un petit coffre de bois,dans lequel ces deux cassettes font renfer-mées j & loríqu’il marche par la ville ouqu’il va en voyage , il fait toujours porteravec lui ce coffre dans son carrosse.
Ce fut vers le commencement de la troi-sième race que le nombre des sceaux duroi fut multiplié, que le roi garda lui-mémedepuis ce tems son petit fcel ou anneau ,qu’on appelloit le petit signet du roi , doncil fcelloit lui-méme toutes les lettres par-ticulières qui dévoient être closes ; & aulieu de ce fcel ou anneau , on donna auchancelier ou au garde des sceaux , d’au-tres sceaux plus grands, pour sceller les.lettres qui dévoient être publiques , & quapar cette raison l’on envoyoit ouvertes ,ce que l’on a depuis appelle lettres pa-tentes .
Le premier exemple que j’aie trouvé dsces grands sceaux , est dans une charte dutems de Louis le Gros , datée de l’an no6,pour Péglise de S. Eloi de Paris ; elle estscellée de deux grands sceaux appliqués furle parchemin de la lettre : dans l’un le roiest astis fur son trône, dans l’autre il est àcheval, & à Pentour sont écrits ces mots,Philippus gratia Dei Francorum rex ;ce qui prouve que ces sceaux étoient eitusage dans le tems de Philippe I.
Depuis que l’on se servit ainsi de plu-sieurs sceaux, il étoit naturel que celui quien étoit dépositaire fût appelîé garde dessceaux ; cependant on continua encoreIong-tems à l’appeller simplement gardeduscel royal t comme si le fcel du roi étoitunique ; ce qiá feroit croire que le secondsceau dont on a parlé , représentant le roià cheval, n’étoit autre chose que le reversdu premier sceau : mais on n’étoit pointencore dans l’usage d’appliquer ce secondsceau par forme de contre - scel, c’est-à-dire, derrière le premier.
Le scel fabriqué du tems de Philippe I ».étant beaucoup plus grand que le sceau ou;anneau dont on s’étoit servi jufqujalorsfut surnommé le grand scel , & celui qui enétoit chargé étoit quelquefois appellé l&