GAS
ce sentiment de M. Hales.
Les gas font des êtres encore fort in-connus pour nous : nous n’avons jusqu’âprésent bien observé que les qualités gé-nériques que nous venons de rapporter ;& vraisemblablement leur incoërcibilité■les soustraira encore long-tems à nos re-cherches.
Becker tenta inutilement de ramasserdu gas de vin, en appliquant des chapi-teaux armés de réfrigérant, au bondond’un gros tonneau plein de moût actuel-lement fermentant : on a exposé en vaindifférens aimans à la bouche des latrinesles plus puantes; on n’a retenu aucunprincipe sensible. On fait que la naturede la mouffette de la grotte du chien s’estrefusée aux fameuses expériences de M.l’abbé Nollet. Voye\ Exhalaisons ,Mouffette , Charbon , Soufre,Clissus, Fermentation, Putré-faction, Vin, Vinaigre.
Vanhelmont a donné encore le nomde gas à l'esprit vital, à un prétendubaume ennemi de la putréfaction, &c.mais ce n’est ici, comme on voit, qu’uneexpression figurée, ou qu’une chimere. (b)
GASCOGNE, Vasconia , ( Géogra-phie. ) grande province de France quifait une partie du gouvernement généralde la Guienne ; elle est entre la Garon-ne , l’Océan, & les Pyrénées : les géo-graphes l’étendent plus ou moins, & ladivisent en haute & bastè, ou en Gas-cogne proprement dite, & Gascogne im-proprement dite. La Gascogne proprementdite comprend, suivant plusieurs auteurs ,les Landes, laChalosse, leTursan, le Mur-san, & le pays d’Albret : la Gascogne im-proprement dite ajoute à ces pays le Bas-que , le Béarn , la Bigorre, le Commin-ges, l’Armagnac, leCondommois , 1 e Ba-zadois, & le Bourdelois. On comprendaussi quelquefois fous le nom de Gas-cogne, le Languedoc & la Guienne en-tiere.
La Gascogne a pris ce nom des Gas-cons ou Vascons , peuples de l'EspagneTarragonoise, qui s’en emparèrent; ilsdescendirent fous les petits-fils de Clovis,fur la fin du sixième siecle, des mon-tagnes q'u’ils habitoient dans le voisinageTome XV,
GAS 84-
des Pyrénées, se rendirent maîtres de laNovempopulanie, & s’y établirent fousun duc de leur nation. Théodebert &Thierri les attaquèrent en 602, & lesvainquirent; mais ils se révoltèrent en-suite plusieurs fois, & ne cédèrent qu’àCharlemagne. Voye^ les détails dans l’abbéde Longuerue, Descript. de la France ;dans Hadrien de Valois, Notít. Gallice;& dans M. de Marca, Hifl. de Bearn.
Grégoire de Tours est le premier écri-vain dans lequel on trouve le nom deGascogne. Ces peuples ont apporté d’Es-pagne l’habitude qu’ils ont encore de con-fondre V V & le B ; & c’est ce qui adonné lieu à la plaisanterie de Scaliger :felices populi , quibus bibere ejl vivere,( D . /.)
GASCON , f. m. poiílòn. Voye\SAXJ-REL.
GASETTES." Voye\ ce que c’est àYarticle FaïANCE.
GASFOTS, f. m. pi. {Pêche) ; cesont des petits crocs de fer qui ferventà ramasser des crabes de toute efpece,des homars, & même des congres, queles pêcheurs retirent d’entre les rochesavec cet instrument.
GASPESIE , ( Géograph .) province deI’Amérique septentrionale dans la Nou-velle-France, bornée à Lest par les montsNotre-Dame ; au nord, par le golfe de S.Laurent ; au sud , par l’Acadie ; à l’ouest ,par le Canada. Elle est habitée par dessauvages robustes, adroits & d’une ex-trême agilité ; ils campent fans cesse d'unlieu à un autre, vivent de la pêche, sebarbouillent de noir & de rouge , se fontpercer le nez, & y attachent des grainsen guise de pendans. Ce pays comprendenviron cent dix lieues de côte, & s’a-vance beaucoup dans les terres. Le P.Leclerc , récollet, en a donné une des-cription qui paroît plus romanesque quevraie. ( D. J. )
GASTALDE ou CASTALDE, f. m.Ç Hifl. mod.J nom d’un officier de lacour de différens princes. Le gaflaldtétoit ce qu’o n appelle en Italie & en Es-pagne, majordome: il étoit comte; cequi prouve que sa charge étoit considé-rable. Voye ^ Comte.
Pppp p