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Tome XV.
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trailles de différeas poissons, confites dansle vinaigre ou dans l’eau , le sel, Sc quel-quefois dans l’huile, avec du poivre &des herbes fines.

Une chose certaine, c’est que le vraigarum du tems de Pline étoit une frian-dise tellement estimée , que son prix éga-loit celui des parfums les plus précieux :on s’en fervoit dans les sauces, commenous nous servons de verjus ou de jus decitron ; mais on n’en voyoit que fur lestables des grands seigneurs.

Au reste , il paroît que , pour bien en-tendre les auteurs anciens, il faut distin-guer les deux mots garus & garum. Lepremier étoit ordinairement le poisson,des intestins duquel on faisoit la saumure,le second étoit la saumure même; &quoiqu’on la fîtd’un poisson différent quele garus , ou de plusieurs poissons , elleconservoit toujours le même nom. (D. J.)

GAS, s. m. pi. ( Chym . ) terme créé parVanhelmont pour exprimer une vapeurinvisible & incoercible qui s’éleve de cer-taines substances, par ex. des corps douxactuellementfermentans, du charbon em-braie, du soufre brûlant, du sel ammo-niac auquel on applique de l’acide vitrio-lique , ou des substances alkalines, H<7.Vanhelmonta compris encore fous le nomde gas les exhalaisons produites dans dessouterreins profonds, tels que les galeriesdes mines , ou sortant de certains creux ,grottes, ou fentes de la terre, telles quela grotte du chien ; la prétendu espritdes eaux minérales ; les odeurs fortes &suffocantes ; en un mot, toutes les vapeursfur lesquelles M. Hales a fait les expé-riences rapportées dans son chap. VI de\z Statique des végétaux y & dans l’appen-dice qui termine cet ouvrage. Quelquesauteurs avoient auparavant appelle ces va-peurs fpiritus sylvestres , esprits sauvages.

Comme nous n’avons point de déno-mination commune pour désigner cessubstances, il fera commode de retenircelle de gas , & de désigner fous ce nomgénérique tontes les vapeurs invisibles &incoercibles qui font capables de fixerl’air , de détruire son élasticité, ou plu-tôt de le distendre, pour parler le Jan-'gagechymique, qui étant reípirées parles

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animaux, gênent singulièrement le jeude leurs poumons, au point même deles suffoquer quelquefois subitement, quiéteignent la flamme, qui se décèlent bail-leurs par une odeur plus ou mdins fétide,& souvent en irritant les yeux jusqu’à enarracher des larmes.

Les vapeurs connues, qui produisenttous ces effets, font, outre celles dontnous avons déjà parlé, la vapeur des bou-gies , des chandelles, des lampes allumées,c’est-à-dire , la fumée des substances hui-leuses brûlantes ; celles de toutes les subs-tances végétales & animales brûlantes ;celles des corps pourriíîàns ; certains clistùs;les acides minéraux volatils , Sc les alkalisvolatils , sur-tout ceux qui sont animéspar la chaux.

M. Hales a pensé que le phénomène dela suffocation des animaux n’étoit qu’unesuite de la fixation de l’air ou de la des-truction de son élasticité ; c’est-à-dire ,qu’un animal frappé de la foudre ou placédans une athmosphere infectée par le gasdu vin ou par celui du charbon , mourroit« parce que l’élasticité de l’air qui envi-» ronne l’animal venant à manquer tout» d'un coup , les poumons font obligés„ de s’affaistèr ; ce qui suffit pour causer» une mort subite ». Statique des végé-taux, traduct. franc. p. 2.2,1.

Cette explication , quoique très-sédui-sante par sa simplicité, ne paroît pas sa-tisfaire entièrement à toutes les circons-tances qui accompagnent ce phénomène :il nous paroît que la considération sui-vante suffit pour nous empêcher de l’ad-mettre. Les gas suffoquent en plein air,quoique leur action soit moins énergiquefur les animaux , en ce cas, que Iorf-qu’ils les respirent dans des lieux fermés :or , comment imaginer que l’athmos-phere qui environne immédiatement unanimal, étant détruite ou supprimée , l’airvoisin ne la répare pas soudainement ?Peut-on penser qu’un animal seroit suf-foqué parce qu’on établiroit devant sabouche & ses narines une espece depompe qui ablorberoit à chaque instantautant de pieds cubiques d’air qu’on vou-dra supposer ? Je crois que M. Rouelleest le premier qui a réfuté publiquement

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