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par semaine. On ne peut les imprimer Ique fur du papier timbré, ce qui n’estpas une taxe indifférente pour Tétât.
Les galettes de la Chine ne regardentque cet empire; celles de TEurope em-brassent l’univers. Quoiqu’elles soient sou-vent remplies de fausses nouvelles, ellespeuvent cependant fournir de bons ma-tériaux pour Thístoire , parce que d’ordi-naire les erreurs d’une galette sont recti-fiées par les suivantes, & qu’on y trouvepresque toutes les pieces authentiques queles souverains même y font insérer. Lesguettes de France ont toujours été re-vues par le ministère : c'est pourquoi lesauteurs ont toujours employé certainesformules qui ne paraissent pas être dansles bienséances de la société, en ne don-nant le titre de monfieur qu’à certainespersonnes, & celui de fieur aux autres ;les auteurs ont oublié qu’ils ne parloientpas au nom du roi. Ces journaux publicsn’ont (Tailleurs jamais été souillés par lamédisance, & ont été toujours assez cor-rectement écrits. II n’en est pas de mêmedes galettes étrangères. Celles de Lon-dres, excepté celle de la cour,font sou-vent remplies de cette indécence que laliberté de la nation autorise. Les galettesfrançoises faites en pays étranger ont étérarement écrites avec pureté, & n’ont paspeu servi quelquefois à corrompre la lan-gue. Un des grands défauts qui s’y fontglissés, c’est que les auteurs, en voyant lateneur des arrêts du conseil de France quis’expriment suivant les anciennes formu-les, ont cru que ces formules étoient con-formes à notre syntaxe, & ils les ont imi-tées dans leurs narrations ; c’est comme siun historien romain eût employé le stylede la loi des douze tables. Ce n’est quedans le style des loix qu’il est permis dedire , le roi auroit reconnu , le roi auroitétabli une loterie. Mais il faut que le ga-utier dise, nous apprenons que le roi ae'tabli , & non pas auroit établi une lo-terie , &c... nou f apprenons que les Fran-çois ont pris Minorque , & non pas au-roient pris Minorque. Le style de cesécrits doit être de îa plus grande simpli-cité; les épithetes y font ridicules. Si leparle nent a une audience du roi, il ne
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faut pas dire , cet augufle corps a eu uneaudience , ces peres de la patrie font re-venus à cinq heures précises. On ne doitjamais prodiguer les titres ; il ne faut lesdonner que dans les occasions où ils fontnécessaires. Son altejfe dina avec fa ma-jesté , & fa majesté mena ensuite son al-tesse d la comédie , après quoi son altessejoua avec sa majesté ; Ù les autres altes-ses & leurs excellences messieurs les am-bassadeurs asstflerent au repas que fa ma-jesté donna à leurs altesses. C’est une af-fectation servile qu’il faut éviter. II n’estpas nécessaire de dire que les termes in-jurieux ne doivent jamais être employés,fous quelque prétexte que ce puisiè être.
A limitation des galettes politiques,on commença en France à imprimer desgalettes littéraires en 166; ; car les pre-miers journaux ne furent en effet que desimples annonces des livres nouveaux im-primés en Europe ; bientôt après on yjoignit une critique raisonnée. Elle déplutà plusieurs auteurs, toute modérée qu’elleétoit. Nous ne voulons point anticiper iciF article JOURNAL ; nous ne parleronsque de ces galettes littéraires, dont onsurchargea le public, qui avoit dejà denombreux journaux de tous les pays deTEurope, où les sciences font cultivées.Ces galettes parurent vers Tan 17Z3 à Pa-ris fous plusieurs noms différons, Nouvel-liste du Parnasse , Observations fur lesécrits modernes , 8cc. La plupart ont étéfaites uniquement pour gagner de Tar-gent ; & comme on n’en gagne point àlouer des auteurs ,1a satyre fit d'ordinairele fonds de ces écrits. On y mêla souventdes personnalités odieuses ; la malignitéen procura le débit : mais la raison & lebon goût qui prévalent toujours à la lon-gue , les firent tomber dans le mépris &dans Toubli.
Une espece de galette très-utile dansune grande ville, & dont Londres adonnéT exemple, est celle dans laquelle on an-nonce aux citoyens tout ce qui doit sefaire dans la semaine pour leur intérêt oupour leur amusement; les spectacles, lesouvrages nouveaux en tout genre ; toutce que les particuliers veulent vendre ouacheter ; le prix des .effets commerçables,