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Tome XV.
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On donne le nom de geai à plusieursautres oiseaux , sur-tout á ceux qu’on ap-pel le/eu A de Bengale & geais de Boheme.

Le geai de Bengale est plus grand que legeai commun ; il a le sommer de la têtebleu, le cou & la poitrine de couleur cen-drée , mêlée de brun clair & de rouge ;les aiies , le dessous du ventre & lescuisses bleues ; le dos & le croupion d’unverd obscur ; la queue noire ou noirâtreprés du corps, bleuâtre dans le milieu ,

6 de couleur obscure vers Pextrêmité ;les pieds de couleur brune jaunâtre, & lesongles noirs.

Le geai de Boheme est de la grandeurd’un merle ; il a le bec de couleur cen-drée , verdâtre fur la plus grande partiede fa longueur , & noirâtre près de laracine ; la tête est droite, de couleur dechâtaigne, & surmontée par une hupedemême couleur qui se renverse en-arriere ;les yeux font d’un beau rouge , & envi-ronnés de noir : il y a fur la gorge unetache noire bordée de blanc de chaquecôté ; le dessus d u cou & le dos font decouleur d’ambre : les grandes plumes desaile ont une teinte noirâtre ; la moitié deces plumes font jaunes à la pointe, les au-tres plumes des ailes ont des taches rou-ges & blanches ; la queue est composéede douze plumes noirâtres, excepté lapointe, qui est jaune. Cet oiseau se nour-rit de fruits, sur-tout de raisins : on l'ap-privoise aisément. Hifl. nat. des oiseaux ,parDerham , tom. I, page 16; & tom. II,page io. ( 7 )

GÉANT , s. m. ( Hifl. anc. & mod. )homme d’une taille excessive , comparéeavec la taille ordinaire des autres hom-mes.

La question de l’existence des ge'ans aété souvent agitée. D’un côté, pour laprouver , on allégué les témoignages detoute l’antiquité, laquelle fait mentionde plusieurs hommes d’une taille déme-surée qui ont paru en divers tems; l’E-criture-sainfe en parle auísi : les poètes ,les historiens profanes & les anciens voya-geurs s’accordent à en dire des chosesétonnantes. De plus, pour donner unpoids décisif à cette opinion, on rapportedes découvertes de squélettes ou d’ostè-

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mens si monstrueux, qu’il a fallu que leshommes qui les ont animés aient été devrais colostès : enfin on le confirme parle récit des navigateurs.

Cependant, d’un autre côté , lorsqu’onvient à examiner de près tous ces témoi-gnages ; à prendre dans leur significationla plus naturelle les paroles du texte sa-cré; à réduire les exagérations orientalesou poétiques à un sens raisonnable ; à pe-ser le mérite des auteurs ; à ramener lesvoyageurs d’un certain ordre, aux cho r esqu’ils ont vues eux-mêmes, ou apprisesde témoins irréprochables ; à considérerles prétendus ossemens de squelettes hu-mains ; à apprécier Pautorité des naviga-teurs dont il s’agit ici, & à suivre la sageanalogie de la nature , presque toujoursuniforme dans ses productions, le pro-blème en question ne paroît plus si diffi-cile à résoudre. Suivons, pour nous éclai-rer , la maniéré dont on le discute.

On remarque d’abord au sujet du textesacré, que les mots employés de nephilim& d e gibborim } que les Septante ont tra-duits par celui de gigantes , & nous parle mot ge'ans , signifient proprement deshommes tombés dans des crimes affreux ,& plus monflrueux par leurs désordresque par Vénormité de leur taille. C’estainsi que ces termes hébreux ont été in-terprétés par Théodoret, S. Chrysostome,& après eux par nos plus savans modernes.

On dit ensuite, que le fondement surlequel Josephe , & quelques peres de l’é-glise après lui, ont cru qu’il y avoit eudes géans y est manifestement faux, puis-qu’ils supposent qu’ils étoient sortis ducommerce des anges avec les filles deshommes ; fable fondée fur un exemplairede la version des Septante & fur le livred’Enoch, qui au lieu des enfans de Dieu,c’est-à-dire, des descendans deSeth, quiavoient épousé les filles de Caïn, ontrendu le mot hébreu par celui d 'anges.

On observe, en troisième lieu, qu’iln’est pas question dans le Deutéronome,chap. III, v. z, de la taille gigantesqued’Og, roi de Basan ; il ne s’agit que de lalongueur de Ion lit, qui étoit de neufcoudées ; c’est-à-dire , suivant l'apprécia-tion de quelques modernes, de treize