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Tome XV.
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pieds & demi. Si présentement ston con-sidéré que les orientaux mectoient leurfaste en vastes lits de parade, l’on trou-vera que l’exemple le plus respectablequ’on allégué d’un géant, ne porte quesur la grandeur d’un lit qui servoit à samagnificence.

Pour ce qui regarde Goliath, on croitqu’il seroit très-permis de prendre les sixcoudées & une palme que fauteur dupremier livre des Rois lui donne , pourune expression qui ne désigne autre chosequ’une grande taille au-dessus de l’ordi-naire ; elle étoit telle dans Goliath , qu’ilparoistoit avoir plus de six coudées : ilsembloit grand comme une perche de sixcoudées & une palme. Notre foi n’estpoint 'intéressée,dans le plus ou le moinsd’exactitude du récit des faits qui ne laconcernent point.

Si l’on passe aux témoignages des au-teurs profanes, allégués en faveur de l’exis-tence des geans , on pense qu’il n’est paspossible de s’y laisser surprendre, quandon se donnera la peine de faire la discus-sion du caractère de ces auteurs, & desfaits qu’ils avancent.

Dans cette critique, Hérodote, accusqen général d’erreur & mème de mensongepar Strabon en cent choses de fa connois-sance, Test en particulier par ce géogra-phe & par Aulu-Gelle, au sujet de douzepieds & un quart que cet historien donneau squelette d’Oreste, qu’on avoir décou-vert je ne sais où.

Plutarque doit être repris avec raisond’avoir copié de Gabinius, écrivain tenupour suspect de son tems méme, la fablede 62 coudées qu’il dit que Sertoriusreconnut fur le cadavre du géant An-tée , qu’il fit déterrer dans la ville deTanger.

Le passage dans lequel Pline sembleattribuer au squélette d’Orion, trouvé enCandie, 4 6 coudées, sjil est bien examiné,ne peut qu’avoir été altéré par quelquecopiste, qui aura placé au-devant du chif-fre 6 celui de 40, car il n’est pas natu-rel que l’ordre d’une gradation, commecelle qu’il paroi t qu’a voulu suivre cet au-teur , en comptant depuis 7 jufqu’à 9 cou-dées , se trouve interrompu par le nom-

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bre de 4 6, placé au milieu de la grada-tion.

La variation de Solin sur le méme fait,ne lui donne pas plus de crédit qu’à Pline,dont on fait qu’il n’est que le copiste.

Phlégon fera sifflé dans la relation deson géant Macrosyris, par le ridicule decinq mille ans de vie qu’il lui donne dansl’épitaphe qu’il en rapporte.

Apollonius, Antigonus, Caristius, &Phílostrate le jeune, auteurs déjà décré-dites par le faux merveilleux dont ils ontrempli leurs écrits, le deviennent biendavantage par leur fable d’un géant decent coudées.

Quantité d’autres narrations de ce ca-ractère se trouvent détruites par les seulescirconstances dont les auteurs les ont ac-compagnées. Plusieurs nous disent que d’a-bord qu’on s’est approché des cadavres deces geans , ils font tombés en poussere ;& ils le dévoient, pour prévenir la cu-riosité de ceux qui auroient voulu s’enéclaircir.

Où y a-t-il plus de contradictions &d’anachronismes que dans la prétendue dé-couverte du corps de Pallas, fils d’Evan-dre ? La langue dans laquelle est faite tonépitaphe, son style, cette lampe qui nes’éteignit, après Z300 ans de clarté, quepar l’accident d’un petit trou, & autrespuérilités de ce genre, ne sont qu’unepreuve de la simplicité de Tostat, évêqued’Avila, qui a pris pour vrai un conte dela chronique du moine Hélinand, forgédans un siecle d’jgnorance.

Les corps des cyclopes , qui ont ététrouvés dans différentes cavernes, avoient,selon Fazel, 20 ou 30 coudées de hau-teur; & le P. Kircher, qui a vu & me-suré toutes ces cavernes , ne donne à laplus grande de toutes que 15 à 20 palmes.

Pour ce qui regarde les découvertes ded.ents , de côtes, de vertèbres, de fémurs,d’omoplates, qu’on donne, attendu leurgrandeur & leur groífèur , pour des os degeans , que tant de villes conservent en-core, & montrent comme tels, les phy-siciens ont prouvé que c’étoient des os,des dents, des côtes, des vertèbres, desfémurs , des omoplates d’éiéphans, devraies parties de squelettes d’animaux ter-