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l’imbéciîlité du peuple toutes les raretésde cette efpece. Ici nous nous souvenonsd’en avoir encore trouvé quelques-unes àl’entrée d’une église de Cologne , qui nousparurent être des fragmens d’une carcassede baleine. Les Romains alloient auíïïchercher très-loin tous les grands os qu’ilspouvoient découvrir, pour en orner leurcapitale ; & ce fut Scaurus qui l’embellitd’un squélette célébré , pris dans la Topar-chiede Joppé, & dont nous ne néglige-rons pas de parler plus amplement. Ondit, à la vérité, que l’empereur Tibererefuíà les ossemens prodigieux qu’on luioffrit & qui avoient probablement été dé-terrés en Sicile où l’on en déterre encorebeaucoup de nos jours, comme dans plu-sieurs isles de la Méditerranée où il y a eudes volcans ; mais nous doutons que Ti-bere ait craint de faire par-là contrastersa taille avec celle des anciens héros aux-queîs on attribuoit ces débris : il faudroiten ce cas que fa vanité eût été très-oppo-sée à celle d'Auguste ; cependant Phlégonl’astùre (onpì §-xvnx<rícov xsq. A). Mais commel’on connoît bien l’imbécillité de cet écri-vain & l'on ardeur á mentir, on ne íauroitfaire aucun fond fur ce qu’il rapporte en-core de la découverte de plusieurs sque-lettes énormes , jetés par la mer fur le ri-vage , ou trouvés dans des crevasses faitespar des tremblemens de terre. Au reste ,ce feroit fe tromper que de prendre Abi-dene & Eupolene cités par Éufebe, pourdes historiens plus judicieux & plus sin-cères que Phlégon.
Ce qu’il y a de bien certain , c’est queles orientaux ont, de tems immémorial,personnifié des météores : ils ont changéen géans les explosions des montagnes ar-dentes , les vents, les tourbillons , les ora-ges ; & nos mariniers donnent encore au-jourd’hui le nom du géant Typhon à latrombe ou au tornados, phénomène quetout le monde connoît, parce qu’il esttrès-fréquent dans la Méditerranée & l’O-céan : mais il ne faut pas croire que le Ty-phon de l’Egypte ait été envisagé commela cause immédiate de cet élancement deseaux , que les Egyptiens, ou connoistòientpeu, ou craignoient peu, puifqu’ils nenavigeoient jamais. Le météore qu’ils ont
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personnifié dans leurs fables sacerdotales,est un vent qui souffle assez régulière-ment après l’équinoxe du printems , &avant le so’stice d’hiver , ou directementdu sud, ou d’un rumb, qui approche decelui de l’est. Tous les voyageurs qui ontété en Egypte, parlent de ce fléau, carc’en est un ; & pour en avoir quelqu’idée ,il suffira de consulter le Journal de M.Thévenot, qui en a lui-même essuyé leseffets , tant fur l’isthme de Sués , que dansl’endroit où a été située Héliopolis horsdu Delta, qu’on ne confondra point avecune autre ville de ce nom, qui paroît avoirété entre les bras du Nil. Lorsque ce ventest violent , il remplit l’athmosphere d’unsable brûlant, qui blesse la rétine de ceuxqui le reçoivent au visage , & étouffe quel-quefois deux ou trois mille hommes , &autant de chameaux de la caravane de laMecque, comme feroit un coup de foudre.
Ce font là les véritables vents typhoni-ques, qu’on nomme aussi champjtn. Nousavons trouvé dans Prosper Alpin ( Rer.JEgyp. lib. I. ) que cette appellation dé-rive du nom de l’usurpateur Cambyse,dont l’armée fut en partie détruite parun orage semblable ; mais cette étymolo-gie n’est assurément point heureuse , puif-qu’il y a bien de l’apparence que Iong-tems avant la conquête des Perses, lesEgyptiens employoient déjà, dans un sensfiguré, le mot de champsah ( a ) } qui dansson propre sens désigne le crocodile , ani-mal qu’on fait avoir été plus qu’aucunautre l’embléme du Typhon, qui étoit, gé-néralement parlant, le mauvais principe;mais lorsqu’on le personnifioit, lorsqu’onle représentoit sous la forme gigantes-que , soufflant comme un dragon le feude sa gpeule sur toute la terre d’Egypte ,alors on le qualifioit plus particulièrementpar l’épichete d’aphoph. (Jablons Panth.-éEgyp. lib. V, cap. z. ) Quoique les dieuxl’eusíènt jadis foudroyé, il n’en respiroitpas moins dans le lac Sirbon, ou plutôtdans les eaux bitumineuses de ce bourbier ,
Ça) II y avoit differens dialectes en Egypte,puisqu’on trouve même dans les livres coptes «»«-fiib & pamfup , pour désigner le crocodile. Temsacbelt un mot arabe qu’il ne faut point introduiredan? le texte d’Hérodote , au lieu du terme qu’ony lit, comme quelques lavaus l’ont voulu.