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Tome XV.
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r> sont des sauvages d’une taille médio-» cre. »

On lit dans les journaux, que le P. Jo-seph Torrubia , Espagnol, a fait impri-mer tout récemment, 1756 , une giganto-logie, dans lequel ouvrage il prétend ré-futer le chevalier Hans Sloane, & prou-ver l’existence des géans fur des monu-mens d’antiquité indienne: mais en at-tendant que quelqu’un se donne la peined’examiner la valeur de pareils monumensqui, selon toute apparence, ne seront pasplus authentiques que tant d’autres en cegenre, le lecteur curieux d’une bonne gi-gantologie physique, fera bien d’étudiercelle du mêtftç chevalier Hans Sloane,qui n’a pas plíi âu bon pere Espagnol. Elleest insérée d a ni les Tranfacl. philosoph.n°. 404 ; & par extrait, dans 1 eSuppl. dudicl. de Chambers. (D. J.)

Nous allons mettre fous les yeux du lec-teur , les additions & corrections que

M. le baron de Haller a faites à Var-ticle géant.

On fait combien les systèmes fur l’ori-gine & la nature des grands os fossiles,font aujourd’hui multipliés ; mais ce qu’ily a de bien certain au milieu de ce con-cours d’opinions si différentes & souventiì peu fondées, c’est que la découverte deces débris prodigieux a accrédité la fabledes géans dans les deux hémisphères denotre globe. Les physiciens qui ont faitune étude particulière de la minéralogie ,savent que les ossemens de cette especesont ordinairement enveloppés dans deslits ou dans des couches de gravier, defable ou de terre molle, qui peuvent aisé-ment s’ébouler , ou être entraînés par desavalanges ou par des chûtes d’eau ; deforte qu’on trouve quelquefois des squé-lettes entiers fans qu’on les cherche, &fans même qu’on pense à les chercher :aussi est-ce par de tels accidens que les sau-vages , qui ne labouroient, ni ne re-muoient jamais la terre, en ont eu con-noissance.

Les torrens qui rouloient avec un bruit& une impétuosité étonnante du haut desmontagnes de la Thessalie & de la Macé-doine, ont, dans les tems fabuleux, donnélieu aux Grecs de croire que les geans

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avoìent voulu y entasser l’Ossa surl’OIym-pe, & POlympe sur le Pélion, pour ycombattre de plus près les dieux ; & cesdieux même n'éroientque la lueur del’au-rore boréale.

C’est par un pastàge de Solin, qu’il con-viendra de citer ici, que nous savons quedans la Macédoine, sur-tout, on décou-vroit fréquemment des os fossiles de lapremiere grandeur au fond des ravinesque ces torrens, dont nous parlons , yavoient creusées dans les campagnes. InMacedonia , nimbis torrentes excitan-tur , & aucla aquarum pondéra , ruptisobicibus , valentius se in campos ruunt teluvione osa etiam nunc ferunt detegi ,qu ce sunt ad inflar corporis humani fj'edmodo grandiore. Cap. 14.

Si l’on avoir examiné ce passage avectoute l’attention qu’il méritoit, on se se-roit épargné des raisonnemens très-futilesfur les motifs qui ont fait placer l’aííàur oul'escalade des géans , plutôt au nord de laGrece que dans fa partie méridionale. Aureste le Bathos de l’Arcadie, dont parlePausanias dans ses Arcadiques , a pu êtreune vallée étroite & profonde, ce que ceterme grec paroît bien désigner, & oùl’on faisoitde tems en tems les mêmes dé-couvertes qu’au pied de POlympe & desautres montagnes de la Macédoine. 11 fautobserver encore ici, que le terrein surlequel les Macédoniens bâtirent la ville dePhlegra, paroît avoir été une soufrière ouun vestige de volcan éteint, & l’on verrapar la suite de quelle conséquence peutêtre une telle observation. C’étoit une es-pece de fureur parmi les anciens, de vou-loir que tous les os fossiles qu’on leur mon-troit, fussent des restes de corps humains.S. Augustin vit à Lstique une dent mo-laire, cent fois plus grande que la dentd’un homme : mais au lieu d’astiirer qu’elieavoir appartenu à un hippopotame, il as-sura qu’elle avoir appartenu à un géant. Etce qu’il y a de bien ridicule , c’est que Vi-vès, le commentateur de saint Augustin ,est tombé dans des erreurs aussi grossièresà Poccasion d’un os exactement semblable,qu’il vit à Valence dans Péglise de saintChristophe ; car en ce tems c'éroit la cou-tume d'exposer à la dévotion ou plutôt à