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sensations de ge'ans ; & les peintures quiornent leurs temples, font chargées defigures semblables. Comme nous avonsaujourd’hui des copies de ces tableaux,beaucoup plus fideles que celles que leP. Kircher a insérées dans la China illus-trât a , de sédition d’Amsterdam , il estaisé de s’appercevoir que tous ces geansIndiens font des vices ou des vertus per-sonnifiées. Le moifasour, ou le mauvaisprincipe, y paroít quelquefois en pygmée,& quelquefois en géant , suivant que lesens de l’embJéme l’exige. Plusieurs sa-vans ont cru que toutes ces allégories fontvenues de l’Egypte dans l’Inde ; maisM. Holwell croit au contraire qu’ellesfont venues de l’Inde en Egypte : & nousdirons ici en pastànt, que ces deux systè-mes nous semblent également faux & des-titués de toute espece de preuve histo-rique. Au reste, toutes les sois qu’il estquestion d’hommes d’une stature déme-suré.- dans les légendes des manichéens,dans celles des Parfis, dans les livres fa-natiques des Japonnois , dans l’ Aughtor-rah - Baade des Gentous, on peut êtrecertain que ce font des êtres physiquesou moraux, personnifiés fous des formesmonstrueuses, dont on a quelquefois au-tant multiplié les membres que la capa-cité ou la circonférence du tronc l’a pupermettre : dix paires de bras & vingttêtes ne font encore rien pour ces statuesallégoriques qui peuplent les pagodes del’orient. Quoique les mythologues grecsaient donné aussi , comme l’on lait, beau-coup de membres surnuméraires à leursgeans , il faut observer que cette bisar-rerie n’a pu leur venir des Egyptiens qui,dans leurs fables sacerdotales, ont cons-tamment dépeint le Typhon avec deuxpieds, deux bras & une tête : aussi un fa- jvant d’Allemagne , qui a fait des notesfur l'ouvrage de l’abbé Banier, obscrve-t-il qu'il n’est parlé qu’une feule fois, dansun auteur ancien, des dopbles mains duTyphon ; mais c’est là une tradition quèles Egyptiens ne connoistòient non plusque l’histoire de la fuite des dieux , qui,pendant la guerre des geans , se sauvè-rent d’épouvante jusqu’aux bords du Nil,pour s’y cacher dans le corps de diffé-
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[ rens animaux; Vénus entr’autres s’y ca-; cha dans un poiston qu’on a prétendu; être la perche ou la variole des Francs.
! P.if ce Venus latuit. .
Tous ces traits & mille autres de cetteforce partoient ou directement de l’ima-gination des Grecs, ou étoient des pa-rodies de la doctrine énigmatique desprêtres de Memphis, d’Héliopolis, deThebes & de fiais.
Après avoir parlé de peuples aussi cé-lébrés que les Indiens, les Chinois, lesEgyptiens , nous doutons presque qu’ilnous soit permis de parler des Juifs, dontles traditions , telles qu’on les trouve ex-posées dans le Talmud au sujet d’unerace gigantesque, sont si grossièrement ab-surdes , qu’il faut leur appliquer ces motsde Tacite: Stolida, vana, fi molliusacciperes , miferanda. On jugera de cetentassement de fables monstrueuses ' parune seule de ces fables-là : les ta*mudiftesassurent qu’il y avoit des geans dans l’ar-che ; & comme ils y occupoient beau-coup de place, on fut obligé de faire sor-tir le rhinocéros : quand on leur demandece que devint alors le rhinocéros, ils ré-pondent qu’il suivit l’arche à la nage. Ceconte n’a point même, comme l’on voit,le mérite des contes allégoriques ou mo-raux ; car il n’y a aucune allégorie à fairenager un rhinocéros au-dessus des mon-tagnes. Ces geans y dont il est ici question,étoient nés du commerce des Egregores.avec les filles des hommes, suivant le livred’Hénoc, dont la supposition est généra-lement reconnue. Nous soupçonnons aussiqu’il n’a point été inconnu à Phiíon quia manifestement mêlé quelques traditionsjudaïques & phéniciennes avec la théogo-i nie d’Hésiode, pour en fabriquer les stag-nions trop célébrés de Sanchoniathon ,dont les favans eussent mieux reconnu fa,fausseté, s’ils ses avoient examinés plu-tôt en philosophes qu’en grammairiens ouen critiques ; encore s’en- faut-il beau-coup qye tous les critiques les aient ad-mis pour authentiques. Lorsque Phiíortdit que Biblos est la premiere ville quiaitété bâtie dans le monde entier, alors iîsuffit de se rappeller qu’il étoit lui-mêmo