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Tome XV.
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né àByblos : il a menti prodigieusement,

Í iour illustrer fa patrie. Ce n’est pas fures bords de la Méditerranée qu’on cher-che aujourd’hui les plus anciens peuplesde la terre : austì Trogue Pompée rap-porte-t-il que les Phéniciens étoient venusdu centre du continent (apud Jufl. lib.XVIII, cap. 3. ) ; & c’est là un fait quine souffre aucun doute. La feule parti-cularité qui mérite quelque considérationdans ces fragmens du faux Sanchonia-zhon , c’est qu’en parlant des géans , ilastìgne leurs demeures fur des montagnes,qui en avoient conservé, dit-il, le nom ,comme le mont Castìus , le Liban, l’An-tiliban & le Brathy , ro BpxSb, dont la si-tuation est maintenant inconnue. On voitpar-là combien les fables recueillies dansïa Phénicie font conformes aux circons-tances du local, dont nous avons parlé aucommencement de cet article ; & qu’onait eu connoiífance dans cette partie del’Asie, de différens os fossiles de la pre-mière grandeur, cela est prouvé par lesquélette qu’on confervoit à Joppé, & quiavoit appartenu à une baleine, autantqu’on peut en juger par la description quinous en reste ; & c’est là le seul squélettede cette efpece, que les anciens n’aientpas attibué à un homme, ce quel’abfencedes os des jambes & des bras ne leur per-mettait point de faire ; car il n’y avoit entout qu’une colonne verticale & des côtes.

Lorsque les Hébreux quittèrent l’E-gypte, la religion égyptienne étoit déjàtout ce qu’elle a été depuis : on y avoitcomplété à peu près le corps des fablessacerdotales ou des énigmes sacrées, si l’onen excepte celles qu’on y ajouta à l’occa-sion des épagomenes introduits dans Tan-née vague, & de quelques autres événe-mens historiques ; mais on y avoit depuislong-tems personnifié le vent brûlant dusud, & le Typhon étoit déjà alors logédans le Sirbon. II feroit en effet bien dif-ficile de nommer un canton de T Asie,de T ancienne Europe, de T Afrique sep-tentrionale , où de telles fables ne fe soientpas répandues. Dans la Lybie on montroitun village pétrifié & les os d’Anthée. Nouslavons, par les recherches de M. Schaw,Voyage en Barbarie , ce que c’est que

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ce prétendu village pétrifié, connu fousle nom de Rajsim , & où il n’y a pas d’au-tres pétrifications que les pierres ordinai-res ; & quant aux os d’Anthée, Strabons’en moquoit déjà ouvertement de sontems (lib. XVII). Si depuis , Plutarqueen a parlé d’une maniéré plus positive,c’est qu’il y a une grande différence entreun auteur judicieux & un auteur qui Testmoins.

Que penser après tout cela de Pline »& de ceux qui Comme lui ont soutenu quela taille de l’homme alloit en' diminuantd’âge en âge? Homere s’en étoit déja ap-perçu , di%on , & il ne cestoit d’en fairedes plaintes, que Juvénal répete d’untonde déclamateur : le pied d’Hercule qu’ona mesuré dans une carrière ou une lice ,s’est trouvé bien plus grand qu’on ne s’yferoit attendu : on a vu de nos tems, desacadémiciens que nous ne nommeronssûrement point ici, calculer la hauteur dela taille d’Adam & la trouver vingt-unefois plus grande qu’on ne s’y feroit en-core attendu, même dans Thypothefe desgermes emboîtés. Mais en vérité, est—ilpermis d’abufer jufqu’à ce point de fa rai-son , & de proposer fans pudeur , des chi-mères dont on auroit dû rougir dans lessiécles d’ignorance ? Est-ce bien ici qu’ilfaut citer Homere , & le pied d’Hercule»qui, par le développement de la mytho-logie égyptienne, s’est trouvé être la forcequi meut la terre, ou qui mouvois îe so-leil dans l’ancien système astronomique ?De forte que chacun des douze travaux dece prétendu héros vaut trente degrés d’unsigne du" zodiaque, & les douze signesdu zodiaque étoient les douze grandsexploits représentés fur la porte du tem-ple de Jupiter Ammon, où Ton n’avoitastùrément pas employé des sculpteursgrecs.

S’il y a quelque chose de constant dansla nature, il paraît que c’est la taille deThomme : le climat & toutes les causesphysiques imaginables ne peuvent pro-duire ordinairement ni une race de nains ,ni une race de géans. Lorfqu’il paraît detels individus dans notre efpece, ce fonttoujours des monstres qui ne donnent pasdes filiations dont la petitesse ou la grau-