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Tome XV.
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detir se soutienne dans une exacte pro-portion. Les Innuits, nés au-deladu 70 edegré de latitude nord , où le froid est leplus rigoureux qu’on connoistè dans lemonde , font encore d’une stature élevéede plus de deux pieds au-dessus de la tailledes nains proprement dits, & qui est dedeux pieds sept pouces & demi, commela taille des géans proprement dits, estde dix pieds six pouces : car dans le pre-mier cas on prend la moitié de la hau-teur d'im homme ordinaire ; & dans lesecond cas on prend le double de cettehauteur, qu’on fixe, par un calcul mi-toyen , à cinq pieds trois poudts.

II est bien vrai que l'éducation , l’exer-cice, la nourriture, la maniéré d’exister,peuvent influer fur la croissance du corpshumain ; mais le plus grand & le moindreeffet se bornent à quelques pouces de plusou de moins. Les anciens Germains vi-voient de laitage, de gibier, de la chairde leurs troupeaux & d’un peu de grainqu’ils faifoient cultiver par leurs esclaves ;encore dans l’intérieur des terres ne con-noistòit-on aucune espece de grain , ils nefe marioient point avant d’être sortis dei’adolefcence : le séjour & lé luxe desvilles , qui énervent tant la constitution ,ne pouvoient les énerver ; car ils n’avoientpoint de villes, & à peine avoient-ils desvillages. Tout cela a pu former un peupletel que les historiens nous le dépeignent ;& comme le genre de vie y étoit très-uniforme, la taille des individus a dû êtreaussi très-uniforme. Or, voilà ce qui n’estplus de nos jours, à cause des arts, desmétiers, du travail des terres, & de millecauses qui affectent plus un homme qu’unautre ; mais en revanche nous croyons queJes gens de la campagne font aujourd’huidans la Germanie., généralement parlant,plus forts que leurs ancêtres, qui ne tra-vailloient presque jamais : aussi avoient-ilslaissé envahir les trois quarts de leur payspar les forêts ; de forte que , malgré í’a-vantage de leur taille , la population adû être parmi eux extrêmement foible ;& quoi qu’en ait pu dire M. de Montes-quieu , il n’y a point d’apparence que cesforêts de la Germanie aient renfermé troismillions d’hommes du teins de Jules Cé-

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far , & â présent on compte sur cettemême étendue de terrein plus de vingtmillions d’hommes.

Quant à la dégradation de la taille d’âgeen âge , on peut dire à tous ceux qui ontsoutenu cette opinion , ce qu’on a dit auxArabes Bédouins de l’Egypte, qui, audix-septieme siecle, prétendoient encoreque les pyramides rangées fur la côte à I’oc-cident du Nil, depuis Hanara dans la pro-vince de Feium, jusqu’à Gizch à l’oppositedu Caire , avoient été construites par desgéans. Mesurez , leur a-t-on répondu ,l’entrée & les galeries de la plus grande deces pyramides , c’est-à-dire, de celle quife trouve vers le nord, à peu près fousle trentième degré de latitude ; & vousverrez que les architectes & les maçonsqui l’ont élevée, étoient précisément dela taille des hommes d’aujourd’hui. Ainsil’on peut prouver qu’en un laps de plus detrois mille ans il n’est point survenu lamoindre altération dans la mesure que lanature a fixée au corps humain. On a dé-terré à Sakara & à Abousir , des momiesde quelques personnes qui vivoient peut-être très-long-tems avant la naissance d’Ho-mere : or ces momies ne font ni plusgrandes, ni plus petites que les Coptesou les Egyptiens modernes. Nous nouscroyons bien dispensés après cela de de-voir parler de l’hypothese des germes em-boîtés & de la taille de Roland le furieux,ou de celle d’Adam : discussion qu’il fautabandonner aux talmudistes, aux rabbins& à leurs semblables. {D. P.)

On a borné dans Particle précédent kstature de l’homme à six pieds de roi. Cettemesure peut être admise pour le commundes hommes, mais elle n’est pas une borneque l’espece humaine ne puisse passer. IIy a un milieu entre l’excès de crédulité &l’air décisif avec lequel on pose des limitesà la nature, d’après une induction incom-plète.

Très-souvent sans doute on a pris des of-semensd’éléphans,de bêtesmarines même,pour des os de géans. Le fémur qu’on adéterré près de Lucerne, paroît de cetteespece.

Très-souvent encore on a donné desfables pour des témoignages. On fait l’hif-