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Tome XV.
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s’appuient au contraire fur des observa-tions , rassemblent des faits, & parlent unlangage plus intelligible. L’homme & lafemme ayant l’un & l’autre la faculté derépandre une liqueur dans le congrès,elle fut d’abord regardée comme prolifi-que en tant que leur mélange fe présentanaturellement à Pefprit, pour expliquerl’origine de l’homme : c’est pourquoi telfut le premier système physique fur la gé-nération , qui est reproduit de nos joursfous différentes combinaisons. Lucrècel'a décrit auíïì clairement qu'aucun phi-losophe de l’antiquité.

Et commiscendo , cum semen forte virileFœmina commulfitsubita vi , corripuit-

que , &c.

Semper enim partos duplici de semine

constat. &c.

Lib. IV, de natura rerum.

Selon ce grand poète philosophe lui—méme, non - feulement le sperme virildoit être mêlé avec célui de la femmepour qu’elle conçoive; mais il ajoute en-core deux singularités frappantes par lerapport qu’elles ont avec quelques systè-mes modernes ; c’est que chacune de cessemences a un caractère qui lui est pro-pre, relativement au sexe de l’individuqui la fournit ; enforte que si dans le mé-lange qui s’en fait dans le corps de lafemme, la qualité de fa semence contri-bue plus à la formation de Pensant, il abeaucoup de ressemblance avec elle ; demême qu’il tient beaucoup du pere, sic’est fa semence qui est prédominante parses effets ; & si l’ouvrage fe forme égale-ment des deux liqueurs, il arrive que lerésultat de cette tendre alliance est leportrait du pere & de la mere : d’ailleurspour la construction des différentes par-ties du corps, les deux semences étantcomposées de parties hétérogènes, le con-cours de celles qui ont de l’analogie en-tr’elles, forme les différons organes, com-me le concours des atomes en général apu former les différentes parties de l’u-nivers.

Hippocrate paroît avoir adopté ce qu’ily a d’estèntiel dans le système d’Epicure »pour en former le sien, avec quelques

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Ie'geres différences qui consistent princi-palement en ce qu’il fait de plus gran-des recherches fur les causes & fur leseffets. II suppose que la semence vientde toutes les parties du corps, mais par-ticulièrement de la tête, d’où il la faitdescendre par la moelle épiniere dans lesreins ; & en admettant donc la liqueurprolifique de chaque sexe, il prétend queces deux semences font chacune de deuxqualités différentes, dont l’une est forte,a plus de chaleur, c’est-à-dire , plus d’es-prits ; l’autre foible, chargée d’humidité,moins active ; que les mâles fe sonnentlorsque la semence, tant du mâle que dela femelle, se trouve forte ; & les femel-les , lorsque les semences dominantes fontfoibles ; & pour la ressemblance de Pen-sant au pere & à la mere, elle dépend ,comme dans le système précédent, duplus ou du moins de semence que l’un oul’autre fournit.

Hippocrate, d’après le maître de Lu-crèce, appuie son hypothèse sur le faitsuivant ; savoir, que plusieurs femmes,qui d’un premier mari n’ont produit quedes filles, d’un second ont produit desgarçons ; & que ces mêmes hommes,dont les premieres femmes n’avoient pro-duit que des filles, ayant pris d’autresfemmes, ont engendré des garçons, se-lon , dit ce médecin philosophe, que lasemence forte ou foible du mâle ou dela femelle est prédominante dans ces dif-férons cas ; mais s’il arrive que le mélangedes liqueurs prolifiques fe faste en quantité& en qualité égales, qui contribuent parconséquent autant l’une que l’autre à Pieu-vre de la génération , Pensant participe-ra-t-il également à la ressemblance & ausexe de son pere & de sa mere ? Et d’ail-leurs , dans le cas même le plus ordi-naire à supposer, où cette égalité dans lessemences n’existe pas, & où la liqueurséminale d’un des deux individus géné-rateurs prédomine & influe le plus fur laressemblance, pourquoi cette ressemblan-ce n’est-elle pas autant dans le sexe quedans les traits du visage ? Inexpérience dé-montre que ces deux choses fe rencon-trent très-rarement ensemble ; ainsi celaseul sembleroit suffisant pour faire rejeter