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cette opinion de Pexistence des deux se-mences dans chaque sexe , & même d’unefeule semence prolifique dans la femmeen particulier ; ce qui dans la fuite de cetarticle fera encore réfute' par d’autresraisons.
Voici comment se fait, selon Hippo-crate, la formation du fœtus : les li-queurs séminales s'étant mêlées dans lamatrice, s’y épaississent par la chaleur ducorps de la mere ; le mélange reçoit &tire l’esprit de la chaleur ; & lorsqu’il enest tout rempli, Pesprit trop chaud sortau-dehors : mais par la respiration de lamere , il arrive un esprit froid ; & alter-nativement il entre un esprit froid , & ilsort un esprit chaud dans le mélange ; cequi lui donne la vie, & fait naître unepellicule à la surface du mélange , quiprend une forme ronde; parce que lesesprits agissant du milieu comme centre,étendent également de tous côtés le vo-lume de cette matière. II se forme peuà peu une autre pellicule, de la mêmefaçon que la premiere pellicule s’est for-mée ; le sang menstruel dont l’évacua-tion est supprimée, fournit abondam-ment à la nourriture : ce sang fourni parla mere au fœtus, fe coagule par degrés ,& devient chair ; cette chair s’articuleà mesure qu’elle croît, & c’est l'esprit quidonne cette forme à la chair : chaquechose prend sa place. Les parties solidesfe joignent aux parties solides ; celles quifont humides aux parties humides : cha-que chose cherche à s’unir à celle qui luiest semblable ; & le fœtus est enfin en-tièrement formé par ces causes & cesmoyens.
Aristote, qui est celui de tous les an-ciens qui a le plus écrit fur la repro-duction des êtres organisés, & qui atraité de ce sujet le plus généralement,établit pour principe à cet égard , que lamatière n’étant qu’une capacité de rece-voir les formes, prend dans la générationune forme semblable à celle des indivi-dus qui la fournissent; & par rapportaux animaux qui ont des sexes , son sen-timent est, que le mâle fournit seul leprincipe prolifique , & que la femelle nedonne rien qu’on puisse regarder comme
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tel. Voyc{ les œuvres de ce philoso-phe , de generadone , lib. I, cap. 10,& lib. II, cap. 4. Car quoiqu’il dise ail-leurs , en parlant des animaux en géné-ral, que la femelle dans le coït répandune liqueur au-dedans d’elle-même, ilparoît qu’il ne regarde pas cette liqueurcomme un principe prolifique ; & cepen-dant , selon lui, la femelle fournit toutela matière nécessaire à la génération.Cette matière est le sang menstruel quisert à la formation , à la nourriture &au développement du fœtus ; mais le prin-cipe efficient existe seulement dans la li-queur séminale, laquelle n’agit pas commematière, mais comme cause.
Averroès, Avicenne & plusieurs au-tres philosophes , qui ont suivi le senti-ment d’Aristote, ont cherché des raisonspour prouver que les femelles n'ont pointde liqueur prolifique. Ils ont dit que, com-me les femelles ont la liqueur menstruelle& que cette liqueur est nécessaire & suf-fisante à la génération , il ne paroît pasnaturel de leur en accorder une autre , &qu’on peut penser que le sang menstru elest en effet la seule liqueur fournie parles femelles pour la génération , puif-qu’elle ne commence à paraître que dansle tems de la puberté ; comme la li-queur prolifique du mâle ne paroît aussique dans ce tems. D’ailleurs , difent-ils ,fi la femelle a réellement une liqueurséminale & prolifique, comme celle dumâle, pourquoi les femelles ne produi-lent-elles pas d’elles-mêmes, &íans I’ap-proche du mâle, puisqu’elles contien-nent {le principe de fécondation, auffibien que la matière nécessaire pour for-mer l'embryon? Cette raison métaphy-sique est une difficulté très-considérablecontre tous les systèmes de la généra-tion , dans lesquels on admet une semenceprolifique, propre à chaque individu desdeux sexes. M. de Buffon, en traitant dece sujet dans son grand ouvrage de l’His-toire naturelle, témoigne avoir sentitoute la force de cette difficulté, à l’égardmême de son système , qui est un de ceuxde ce genre; mais cette objection peutêtre encore étayée par bien d’autres quefont les aristotéliciens. Ils ajoutent donc