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Tome XV.
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§28 G E N

que, s’il existoit une liqueur prolifiquedans les femelles, elle ne pourroit êtrerépandue que par l’effet du plaisir véné-rien , comme il arrive à l’égard de celledu mâle ; mais qu’il y a des femmes quiconçoivent fans aucun plaisir ; que cen’est pas le plus grand nombre des femmesqui répandent de la liqueur dans Pacte dela copulation ; qu’en général celles qui fontbrunes, & qui ont Pair hommaslè , ne ré-pandent rien, & cependant n'engendrentpas moins que celles qui font blanches,& dont Pair est plus féminin, qui ré-pandent beaucoup ; qu’ainsi on peut con-clure aisément de toutes ces raisons, quela liqueur que les femmes répandent, ouqu’elles ont la faculté de répandre dansle coït, n’est point essentielle à la géné-ration ; qu’elle n’est par conséquent pointprolifique.

N’est-il pas en esset plus vraisembla-ble qu’elle n’est que comme une saliveexcrementeuse, destinée à lubrifier les ca-vités du vagin & de la matrice ; que lors-qu’elle est répandue d’une maniéré sen-sible , ce n’est que par l’effet d’une plusforte exprestìon des glandes ou vaistèauxqui la contiennent, excitée par la tensionou la constriction convulsive qu’y opéréle prurit vénérien?

Mais pour revenir aux raisonnemensdes péripatéticiens, ils pensent absolu-ment que les femelles ne fournissent rienque le sang menstruel , qui est la matièrede la génération , dont la liqueur sémi-nale du mâle est la cause efficiente , entant qu’elle contient le principe du mou-vement ; qu’elle communique aux mens-trues une espece d’ame qui donne la vie ;que le cœur est le premier ouvrage decette ame ; que cet organe contient enlui-même le principe de son accroisse-ment ; qu’il a la puissance d’arranger, deréaliser successivement tous les viscères,tous les membres; qu’ainsi les menstruescontiennent en puissance toutes les par-ties du fœtus.

Voilà le précis du système sur la géné-ration , propoíe par Aristote , & étendupar ses sectateurs : Hippocrate & lui onteu chacun les leurs. Presque tons les phi-losophes scholastiques, en adoptant la

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philosophie d’Arístote, ont aussi pensécomme lui à l’égard de la reproductiondes animaux ; presque tous les médecinsont suivi le sentiment d’Hippocrate surce sujet ; & il s’est passé dix-Gept ou dix-huit siécles fans qu’il ait plus rien parude nouveau fur cette matière , attendula stupide vénération pour ces deux maî-tres , que l’on a conservée pendant toutcet espace de tems, au point de regar-der leurs productions comme les bornesde l'esprit humain : en forte qu’il ne pou-voirs pas être permis méme de tenter deles franchir, parce qu’on le croyois im-possible ; jusqu’à Descartes qui a été heu-reusement assez osé pour prouver le con-traire, & pour convaincre par ses succès,qu’il íálloit l’imiter , en secouant commelui le joug de l’autorité , pour n’ëtre sou-mis qu’à celui de la raison.

Cependant ce méme Descartes a cru ,comme les anciens, que l’homme étoitformé du mélange des liqueurs que ré-pandent les deux sexes. Ce grand phi-losophe, dans son Traité de U homme, acru pouvoir aussi expliquer comment,par les seules loix du mouvement & dela fermentation , il se formoit un cœur ,un cerveau, un nez, des yeux, &c.Voye^ l’homme de Descartes, & la for-mation du fœtus dans ses œuvres.

Le sentiment de Descartes fur cetteformation a quelque chose de remarqua-ble , & qui préviendroit en sa faveur,dit l’auteur de la Vénus phyfique , si lesraisons morales powvoient entrer ici pourquelque chose ; car on ne croira pas qu’ill ait embrassé par complaisance pour lésanciens, ni faute de pouvoir imaginerd’autres systèmes.

En effet, au renouvellement des scien-ces, quelques anatomistes ayant fait desrecherches plus particulières fur les or-ganes de XcLgénération , elles firent décou-vrir auprès de la matrice, au lieu dedeux testicules qu’y avoient vus les an-ciens , deux corps blanchâtres, formésde plusieurs vésicules rondes, rempliesd’une liqueur semblable à du blanc d’œuf;l’analogie s’en empara ensuite. On re-garda ces deux corps dans l’espece hu-maine & dans toutes les especes d’anì-

maux