9Z2 G E N
perfectionner cette maniéré d’expliquer?la génération , pour l’espece humainefur-tout, & à la rendre incontestable,on n’eût pas mis au jour une autre opi-nion fondée fur une nouvelle découvertequi avoit fait voir, par le moyen du mi-croscope, des corpuscules singuliers pa-raissant animés dans la liqueur spermari-que de la plupart des animaux ; corpus-cules que l’on crut d’abord devoir re-garder auífi comme de vrais animaux : &comme on n’en trouva pas d’abord dansles autres humeurs du corps, on ne putpas se refuser à l’idée que ces animalcu-les découverts dans la feule semence desmâles, étoient de vrais embryons, aux-quels il étoit réservé de reproduire lesdifférentes especes d’animaux ; car mal-gré leur petitesse infinie & leur forme depoisson, le changement de grandeur &de figure coûte peu à concevoir au phy-sicien , & encore moins à exécuter à lanature : mille exemples de l’un & de l’au-tre font fous nos yeux, d’animaux dontJe dernier accroissement ne semble avoiraucune proportion avec leur état au temsde leur naissance, & dont les premieresfigures se perdent totalement dans lesfigures nouvelles qu’iîs acquièrent. Quipourroit reconnoître le même animaldans le ver dont se forme ensuite le pa-pillon ? &c.
Cette découverte des animalcules dansla semence, qu’on doit à Lewenhoeckprincipalement, & à Hartsoëker, fut con-firmée ensuite par Valifnieri, Andry ,Bourguet, & plusieurs autres observa-teurs. Ces animalcules font, disoient-ils,de différente figure dans les différentesespeces d’animaux ; cependant ils ont toutcela de commun, qu’ils font longs, me-nus , fans membres : ils font en si grandnombre, que la semence paroît en êtrecomposée en entier, & Lewenhoeck pré-tend en avoir vu plusieurs milliers dansune goutte plus petite qu’un grain de sa-ble. Selon les observations d’Andry, ilsne se trouvent que dans sage propre à lagénération , que dans la premiere jeu-nesse ; & dans la grande vieillesse ils n'exis-tent point. Us se remuent avec beaucoupde viiesse^dans la semence des animaux
GEN
seins ; ils sont languissons dans ceux quifont incommodés , fur - tout dans la se-mence des véroles: ils n’ont aucun mou-vement dans la semence des impuissons.Ces vers dans l’homme ont la tête, c’est-d-dire, l’une des deux extrémités par les-quelles se termine leur corps, plus grosse,par rapport à l’autre extrémité, qu’elle neI’est dans les autres animaux J ce qui s’ac-corde, dit le même Andry, avec la figuredu fœtus, dont la tête en effet est beau-coup plus grosse , à proportion du corps,que celle des adultes.
D’après ces différentes observations,la plupart de ceux qui les avoient faitescrurent être bien fondés à renoncer ausystème des œufs, & à s’y opposer de tou-tes leurs forces. Us disoient que les femel-les ne fournissent rien de pareil aux ani-malcules de la semence des mâles, quiavoient été trouvés par Lewenhoeck dansla matrice même & dans les trompesd’une chienne, peu de tems après avoirété couverte, il étoit évident que la fé-condité qu’on attribuoit aux femelles detous les animaux, appartenoit au contraireaux mâles ; que n’y ayant que la semencede ceux-ci dans laquelle on puisse décou-vrir quelque chose de vivant, ce fait seulavançoit plus l’explication de la généra-tion , que tout ce qu’on avoit imaginéauparavant, puisqu’en effet ce qu’il y ade plus difficile à concevoir dans W géné-ration , c’est la production de l’être quia vie, l’origine de la vie elle-même ; quetout le reste est accessoire, & qn’ainsi l’onne pouvoit pas douter que ces petits ani-maux de la semence humaine ne fussentdestinés â devenir des hommes, commeceux de la semence des autres animaux àdevenir des animaux parfaits dans chaqueefpece. Et lorsqu’on opposoit aux parti-sans de ce système, qu’il ne paroît pasnaturel d’imaginer que de plusieurs mil-lions d’animalcules, dont chacun pouvoitdevenir un homme ou un autre animalparfait, il n’y eût qu’un seul de ces ani-malcules qui eût cet avantage ; lorsqu’onleur demandoit pourquoi cette profusioninutile de germes d’hommes, ils répon-doient que c’étoit la magnificence ùt laprofusion ordinaire de la nature ; que dans