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ment aux intérêts des autres , qui porteâ leur sacrifier ses avantages personnels.En général, au moment où l'on relâchede ses droits en saveur de quelqu’un , &qu’on lui accorde plus qu’il ne peut exi-ger , on devient généreux. La nature ,en produisant l’homme au milieu de sessemblables , lui a prescrit des devoirs àremplir envers eux : c’est dans l'obéb-sance à ces devoirs que consiste l'hon-nêteté , & c’est au-delà de ces devoirsque commence la générosité. L’ame gé-néreuse s’éleve donc au-dessus des inten-tions que la nature sembloit avoir en laformant. Quel bonheur pour Phomme depouvoir devenir ainsi supérieur â son être,& quel prix ne doit point avoir à ses yeuxla vertu qui lui procure cet avantage !On peut donc regarder \agénérosté com-me le plus sublime de tous les sentimens ,comme le mobile de toutes les belles ac-tions , & peut-être comme le germe detoutes les vertus ; car il y en a peu quine soient essentiellement le sacrifice d’unintérêt personnel à un intérêt étranger.II ne faut pas confondre la grandeur d’a-me, la générosité, la bienfaisance & l'hu-manité : on peut n’avoir de la grandeurd’ame que pour foi, & l’on n'est jamaisgénéreux qu'envers les autres ; on peutêtre bienfaisant sans faire de sacrifices, &la générosité en suppose toujours ; onn’exerce guere l’humanité qu’envers lesmalheureux & les intérieurs , & la géné-rosité a lieu envers tout le monde. D’oùil fuit que la générosité est un sentimentaussi noble que la grandeur d’ame, aussiutile que la bienfaisance, & austi tendreque l’humanité : elle est le résultat dela combinaison de ces trois vertus ; &plus parfaite qu’aucune d’elles , elle ypeut suppléer. Le beau p'an que celuid’un monde où tout le genre humain se-roit généreux ! Dans le monde tel qu’ilest , la générosité est la vertu des héros ;Je reste des hommes se borne à l’admi-ser. La générosité est de tous les états:c’est la vertu dont la pratique satisfaitJe plus Pamour-propre. II est un art d’êtregénéreux : cet art n’est pas commun ; ilconsiste à dérober le sacrifice que l’on fait.ï,a générosité ne peut guere avoir de plus
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beau motif que l’amour de la patrie &le pardon des injures. La libéralité n’estautre chose que la générosité restreinte àun objet pécuniaire : c’est cependant unegrande vertu, lorsqu’e'le se propose lesoulagement des malheureux ; mais il y aune économie sage & raisonnée qui devroictoujours régler les hommes dans la dis-pensation de leurs bienfaits- Voici un traitde cette économie. Un prince (a) donneune somme d’argent pour l'entretien despauvres d’une ville ; man il fait ensorteque cette somme s’accroisse à mesurequ’elle est employée, & que bientôt ellepuisse servir au soulagement de toute laprovince. De quel bonheur ne jouiroit-on pas sor la terre , si la générosité dessouverains avoir toujours été dirigée parles mêmes vues ! On fait des généroficésá ses amis, des libéralités â ses domes-tiques, des aumônes aux pauvres. (5 )
GÉNÉRIQUE , adj. Les noms établispour présenter à l’esprit des idées géné-rales , pour exprimer des attributs qui con-viennent à plusieurs especesou a plusieursindividus , font nommés appellatijs parle commun des grammairiens. Quelques-uns trouvant cette dénomination peu ex-pressive , peu conforme à l’idée qu’ellecaiactérise, en ont subsitué une autre ,qu’ils ont cru plus vraie & plus anasogue ;c’est celle de génériques ; & il iàut con-venir que si cette derniere dénomina-tion n’est pas la plus convenable , la pre-mière , quand on l’a introduite, devoitle paroitre encore moins. Autant qu’ilest possible , l’étymologie des dénomina-tions doit indiquer la nature des chosesnommées : c’est un principe qu’on ne doitpoint perdre de vue , quand la décou-verte d’un objet nouveau exige qu’on lui
(«) Il s’agit dans cet endroit, du roi de Pologneduc de Lorraine : ce prince a donné aux magistratsde la ville de Bar dix mille écus qui doivent êtreemployés à acheter du bled lorsqu’il est à bas prix,pqur lç revendre aux pauvres à un prix médiocrelorsqu’il est monté à certain point de cherté. Parcet arrangement la somme augmente toujours; &bientôt on pouira la répartir fur d’autres endroitsdp la province.
(i) Ce n’est Idqu’une partie des idées quiétoientrenfermées dans un article fur la çénérojiii , qu’ona communiqué à M. Diderot. Les bornes de cet ou-vrage n’ont pas permis dç faire usage dç cet qitiçWçn entier,