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peuvent, les passages formels de l’Ecri-ture qui sont contraires à leur opinion ;prétendant qu’il ne faut jamais prendreà la lettre dans les livres saints, tout cequi paroît blesser Phumanité & la raison.Ils croient donc qu’il y a des peines dansune autre vie , mais pour un tems. Ainsile purgatoire, qui a été une des princi-pales causes de la séparation des protef-tans d’avec l’église romaine , est aujour-d’hui la seule peine que plusieurs d’en-tr’eux admettent après la mort : nouveautrait à ajouter à l’histoire des contradic-tions humaines.
Pour tout dire en un mot, plusieurspasteurs de Geneve n’ont d’autre religionqu’un socinianisme parfait, rejetant toutce qu’on appelle mystères , & s’imaginantque le premier principe d’une religionvéritable, est de ne rien proposer à croirequi heurte la raison : aussi quand on lespresse sur la neccstite de la révélation,ce dogme si essentiel du christianisme,plusieurs y substituent le terme d ’utilité ,qui leur paroît plus doux : en cela, s'ilsne sont pas orthodoxes, ils font au moinsconséquens à leurs principes. Voye^ SOCI-ín’IANISME. (a )
Un clergé qui pense ainsi, doit êtretolérant, & Test en esset astèz pourn’ètre pas regardé de bon œil par les mi-nistres des autres églises réformées. Onpeut dire encore, fans prétendre ap-prouver d’ailleursla religion de Geneve ,qu’il y a peu de pays où les théologiens& les ecclésiastiques soient plus ennemisde la superstition. Mais en récompense,comme l’intolérance & la superstition nefervent qu’à multiplier les incrédules, onfe plaint moins à Geneve qu’ailleurs desprogrès de l’incrédulité , ce qui ne doitpas surprendre : la religion y est presque
Ça) Cette imputation dont M. d’Alembert chargeGeneve, n’est point nouvelle. Dès 1690 quelquesministres anglois en avalent déjà porté des plaintesan synode convoqué à Amsterdam. La tolérance ec-clésiastique qui suit des'principes de la réforme, a pufaire naître dans son sein une foule de sociniens :mais le to février 1758, l’église de Geneve a pro-testé par un acte solemnel contre la doctrine cjuilui est imputée dans cet article ; & il faut croirequ’en consignant dans ses fastes ecclésiastiques sonhorreur pour toute doctrine socinienne, elle vaécarter loin d’elle tous les soupçons formés contrefï foi. Journal encyclopédique , juillet 1758.
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réduite à l’adoration d’un seul Dieu , d»moins chez presque tout ce qui n’est paspeuple : le respect pour J. C. & pour lesEcritures , sont peut-être la feule chosequi distingue d’un pur déisme le christia-nisme de Geneve.
Les ecclésiastiques font encore mieuxà Geneve que d’être tolérans ; ils fe ren-ferment uniquement dans leurs fonctions,en donnant les premiers aux citoyensl’exemple de la soumission aux loix. Leconsistoire établipour veiller fur les mœurs,n’inflige que des peines spirituelles. Lagrande querelle du sacerdoce & de l’em-pire, qui dans des siécles d’ignorance* aébranlé la couronne de tant d’empereurs ,& qui, comme nous ne le savons que trop,cause des troubles fâcheux dans des siéclesplus éclairés, n’est point connue á Ge-neve le clergé n’y fait rien fans l’appro-bation des magistrats.
Le culte est fort simple ; point d’ima-ges , point de luminaire , point d’orne-rr.ens dans les églises. On vient pourtantde donner à la cathédrale un portail d'aì-sez bon goût ; peut-être parviendra-t-onpeu à peu à décorer l’intérieur des tem-ples. Où seroit en effet l’inconvénient d’a-voir des tableaux & des statues, en aver-tissant le peuple, si l’on vouloit , de neleur rendre aucun culte , & de ne les re-garder que comme des monumens desti-nés à retracer d’une maniéré frappante &agréable les principaux événemens de lareligion ? Les arts y gagneraient fans quela superstition en prositât. Nous parlonsici, comme le lecteur doit le sentir, dansles principes des pasteurs genevois, Lt nondans ceux de l’église catholique.
Le service divin renferme deux choses,les prédications, & le chant. Les prédi-cations fe bornent presqu’uniquement àla morale, & n’en valent que mieux. Lechant est d’astez mauvais goût, & les versfrançois qu’on chante, plus mauvais en-core. 11 faut espérer que Geneve se ré-formera sur ces deux points. On vient deplacer un orgue dans la cathédrale, & peut-être parviendra-t-on à louer Dieu en meil-leur langage & en meilleure musique. Dureste, la vérité nous oblige de dire [quel’Ètre suprême est honoré à Geneve avec