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Tome XV.
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ah plus du triple de leur revenu, tant lesaumônes de toute espece sont abondantes.

II nous reste à parler de la religion deGeneve c’est la partie de cet article quiintéresse peut-être le plus les philosophes.Nous allons donc entrer dans ce détail ;mais nous prions nos lecteurs de se sou-venir que nous ne sommes ici qu’histo-riens, & non controverfistes. Nos articlesde théologie font destinés à servir d’anti-dote à celui-ci, & raconter n’est pas ap-prouver. Nous renvoyons donc nos lec-teurs aux mots Eucharistie, Enfer,Foi, Christianisme, ùc. pour lesprémunir d’avance contre ce que nousallons dire.

La constitution ecclésiastique de Geneveest purement presbytérienne ; point d Ré-voques , encore moins de chanoines : cen’est pas qu’on désapprouve l’épiscopat ;mais comme on ne le croitpas de droitdivin , on a pensé que des pasteurs moinsriches & moins importans que des évê-ques , convenoient mieux à une petite ré-publique.

Les ministres font ou pasteurs , commenos curés, ou postulans , comme nos prê-tres fans bénéfice. Le revenu des pasteursne va pas au-delà de 12.00 liv. fans aucuncafuel ; c’est l’état qui le donne , car Pé-gìifé n’a rien. Les ministres ne font re-çus qu’à vingt-quatre ans, après des exa-mens qui font très - rigides quant à lascience & quant aux mœurs, & dont ilseroit à souhaiter que la plupart de noséglises catholiques suivissent ['exemple.

Les ecclésiastiques n’ont rien à fairedans les funérailles ; c’est un acte de simplepolice, qui fe fait fans appareil : oncroità Geneve 3 cju’il est ridicule d’être fas-tueux après la mort. On enterre dans unvaste cimetiere assez éloigné de la ville ,usage qui devroit être suivi par-tout. V.Exhalaison.

Le clergé de Geneve a des mœursexemplaires : les ministres vivent dansune grande union ; on ne les voit pointcomme dans d’autres pays, disputer en-tr’eux avec aigreur sur des matières in-intelligibles , fe persécuter mutuellement,s’accuser indécemment auprès des. magis-trats : M s’en faut cependant beaucoup,,

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qu’ils pensent tous de même fur les ar-ticles qu’on regarde ailleurs comme lesplus importans à la religion. Plusieurs necroient plus la divinité de Jésus-Christ,dont Calvin leur chef étoit si zélé défen-seur , & pour laquelle il fit brûler Servet.Quand on leur parle de ce supplice, quifait quelque tort à la charité & à la mo-dération de leur patriarche, ils n’entre-prennent point de le justifier ; ils avouentque Calvin fit une action très-blâmable,& ils. se contentent ( si c’est un catholi-que qui leur parle ) d’opposer au supplicede Servet cette abominable journée dela S. Barthélemy, que tout bon François,desireroit d’effacer de notre histoire avecson sang, & ce supplice de Jean Hus,que les catholiques même, disent-ils, n’en-treprennent plus de justifier , où l’huma-nité & la bonne foi furent égalementviolées, & qui doit couvrir la mémoirede Pempereur Sigismond, d’un opprobreéternel.

« Ce n’est pas, dit M. de Voltaire,,», un petit exemple du progrès de la rai-», son humaine, qu’on ait imprimé à Ge-», ncneavecl’approbation publique , dans.», ì’EJsai sur s histoire universelle du-mê--», me auteur, que Calvin avoir une ame», atroce, aussi bien qu’un esprit éclairé.», Le meurtre de Servet paroi t aujour—», d’hui abominable.». Nous croyons queles éloges dus à cette noble liberté depenser & d’écrire , sont à partager éga-lement entre sauteur, son fiecle, & Ge-neve. Combien de pays où la philosophien’a pas fait moins de progrès , mais oùla vérité est encore captive, où la raison,n’ose élever la voix pour foudroyer cequ’elle condamne en silence, où mêmetrop d’écrivains pusillanimes , qu’on ap-pelle sages , respectent les préjugés qu’ilspourroient combattre avec autant de dé-cence que de sûreté !

L’enfer , un des points principaux, denotre croyance, n’en- est pas un aujour-d’hui pour plusieurs ministres de Geneve.Ce seroit, selon eux, faire injure à ladivinité , d’imaginer que cet Etre pleinde bonté & de justice, fût capable depunir nos fautes par une éternité de tour—mens. Ils. expliquent le moins mal qu’ìk-