GEN
soúvent d’un verd rougeâtre ; leurs bran-ches latérales dardent fans ordre tantôten haut, tantôt en bas. La verdure dugenevrier n’est pas extrêmement brillante,chaque petite feuille est partagée dans lemilieu par une strie blanche qu’on nevoit pas même d’aísoz près, mais qui,fe confondant avec le verd des bords ,donne à la mafso du feuillage un ton unpeu terne & mat.
Cet arbre est néanmoins d’un très-bonester dans les bosquets d’híver. On peutréemployer en tige, en buisson, en py-ramide , en haie : il souffre aslez bienle ciseau , mais il ne faut le tailler qu’unefois l’an & au mois de juillet. On en for-me des palissades de douze ou quinzepieds de haut, dont on peut entourer &figurer des cabinets toujours verds fortagréables. Ce genevrier croît dans tousles fols, mais il aime singulièrement lessables gras & les terres onctueuses & doucesau toucher.
La troisième efpece croît naturelle-ment au nord du Canada & dans plu-sieurs contrées de PAmérique septen-trionale. II s’y en trouve deux ou troisvariétés : l’une a les feuilles semblables àla sabine ; elles répandent une odeurtrês-pénétrante, lorfqu’on les froistè ; onl’appe!le en Amérique arbre de sabine :une autre a les feuilles comme le cyprès.Ces variétés font produites par la mêmesemence, & je l’ai expérimenté ainsi queMiller. Ce cedre s’éleve à environ vingtpieds fur un tronc droit & robuste, couvertd’une écorce rouge. Dés le mois d’octo-bre, son feuillage prend un ton brun-rouge,tirant plus ou moins fur le violet ; cen’est guere que dans les premiers joursd’avril qu’il reprend fa nuance naturellequi est un verd fort gai. La tige est droite ,les branches font convergentes , la têteest pyramidale , les rameaux font très-fourrés de feuilles , du moins dans cer-taines variétés , & les baies petites & unpeu oblongues.
Le cedre n°. 4 a fes feuilles inférieuressemblables â celles du grand genevrier ,les supérieures restèmblent à celles ducyprès : ce caractère est constant dans lesindividus obtenus de semences, lorsqu’onTome XV.
GEN 969
a recueilli avec foin les baies de cetarbre fans les mêler avec d’autres : onappelle ce cedre en Angleterre, cedre deCaroline , quoiqu’il croisse en Virginie.
La cinquième efpece croît naturelle-ment en 1 strie : les branches de cetarbre portent des branches rares & min-ces qui s’étendent ; elles font garnies defeuilles étroites qui font courbées par lebout comme une alêne , astèz éloignéesles unes des autres, & d’un verd obscur.Cet arbre fe distingue au premier coup-d’œil du genevrier commun, par son port ;se s- baies sont plus gro fies , & elles sontbleues dans leur maturité.
Le cedre n. 6 croît naturellement enPortugal ; il forme une pyramide par laréunion de fes branches : les inférieuresfont garnies de feuilles courtes , poin-tues & grisâtres, naissant par trois & quis’étendent : celles des branches supérieu-res font d’un verd-obfcur, appliquées lesunes fur les autres comme des écailles ,& terminées par des pointes aiguës.
Les fleurs mâles naissent à l’extrémitédes branches , & composent, par leurréunion, un chaton cylindrique à écailleslâches , portées fur un pédicule court &droit. Quelquefois le fruit naît fur lemême arbre qui porte les fleurs mâles ;souvent il se trouve leul fur un autre indi-vidu : c’est une baie d’un jaune pâle dansfa maturité , & à peu près de la grosseurde celle du genevrier commun.
L’efpece n°. 7 croît naturellement enEspagne & en Italie, dit Miller ; je faisqu’elle vient auílì en Provence, d’où j’enai reçu des baies. Les branches de cecedre font droites & couvertes d’uneécorce brune ; les feuilles font petites,obtuíès , & couchées les unes fur lesautres comme des écailles de poisson,enforte que les filets où elles font attachéesressemblent à de petits cordons, ce quidonne un aspect fort bifarre à cet arbre.Les fleurs mâles naissent à l’extrêmité desbranches où elles font grouppées dans unchaton conique ; les fruits naissent solitai-res fur les mêmes branches au-dessousdes fleurs ,mâles: c’est une grosso baieovale & brune dans fa maturité. J’ai vuun de ces cedres qui avoit environ douzeGSSSSg