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substance résineuse qui en découle dansles pays chauds, par l’incision que l’onfait à son écorce. Cette matière abondesur-tout dans le grand genevrier qui croîtdans les provinces méridiona'es du royau-me , & qui y est connu fous le nom decade.
On retire dans ces pays, de cette der-niere espece de genevrier, une huile em-pyreumatique, noire & épaisse, en distil-lant le tronc & les branches de cet ar-brisseau dans un appareil où le fourneausert e» même tems de vaiílèau contenant,& qui est construit fur les mêmes princi-pes que celui dans lequel on prépare lapoix noire. Nous décrirons cette manœu-vre à \'article Poix. Cette huile empy-reumatique qui est connue fous le nomd’ huile de cade , est fort usitée dans nosprovinces méridionales contre les mala-dies extérieures des bestiaux, & fur-toutdans la maladie éruptive des moutons ,appellée petite vérole ou picote.
Cette huile entre dans la compositiondu baume verd ; elle est véritablementcaustique : si l’on en touche l’intérieurd’une dent creuse, elle cautérise le nerf& calme la douleur : mais si l’on continueâ l’appliquer, elle fait bientôt tomber ladent en pieces. Quelques-uns ont osé ladonner intérieurement contre la coliqueLc les vers ; mais on ne peut avoir re-cours à ce remede fans témérité. C’est làPunique médicament que le grand gené-vrier fournit à la médecine ; médicamentencore, dont les usages font très-peuétendus, comme Ton voit.
C’est du petit genevrier, du genevriercommun , de celui qui croît dans toutel’Europe, que nous allons parler dans lereste de cet article. Ce font fes baies queTon emploie principalement en médecine.
On retire des baies de genievre uneeau distillée, une huile estèntielle; on enprépare un vin & un rob ou extrair.V . Eau distillée, Huile essen-tielle , Vin , Rob & Extrait.
Les Allemands emploient fréquemmentdans leurs cuisines les baies de genievre âtitre d’assaifonnement. Etmuller les ap-pelle Xaromate des Allemands. Nous entaisons un fréquent usage, mais feulement
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à titre de médicament. Nous les em-ployons principalement dans les maladiesde ì’estomac , qui dépendent de relâche-ment, de foi blesse & d’un amas de glai-res tenaces & épaisses. Nous les regar-dons comme souveraines contre les vents,les coliques venteuses, les digestions lan-guiflantes. Elles passent austi pour déter-ger les reins & la vessie , pour faire chas-ser les glaires des voies urinaires, & pourfaire sortir hors du corps les fables & lescalculs. Elles font célébrées austi commebéchiques & comme principalement uti-les dans Tasthme humide : on leur a ac-cordé aussi la qualité fudorifique , emmé-nagogue & alexipharmaque; c’est à ce der-nier titre que quelques - uns les ont ap-pellées la thériaque des gens de la cam-pagne.
On prescrit les baies de genievre à ladose d’un gros ou de deux , qu’on mangede tems en tems dans la journée, ouque l’on prend en infusion dans de T eauou dans du vin
L’extrait ou le rob du genievre, quiest aussi appellé la thériaque des Alle-mands , fe prescrit dans les mêmes vuesà la dose d’un gros dans du vin d’Efpa-gne , dans de l’eau de genievre, ou dansquelqu’autre liqueur convenable: on lefait entrer austi avec d’autres remedesdans les électuaires magistraux.
L’eau distillée des baies de genievreest fort vantée par Etmuller pour les co-liques & la néphrétique ; elle excite dou-cement Texcrétion de l’urine,-selon cetauteur ; & elle corrige fur-tout la dispo-sition au calcul, si Ton en boit à jeunpendant un certain tems quatre ou sixonces. On ne fauroit compter fur l’effi-cacité de T eau distillée de genievre,comme fur T extrait ou fur le fruit mêmepris en substance.
On retire du vin de genievre , par ladistillation, un esprit ardent, auquel onaccorde communément des vertus parti-culières ; mais on ne peut en attendreraisonnablement que les effets communsdes esprits ardens. V . Espr it ardent.
L’huile essentielle de genievre dislòutedans Tefprit-de-vin, ou donnée fous formeà'œleo-saccharum dans une liqueur con-