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Tome XV.
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§86 G E N

ques-uns dont le génitif d éloigne. de cetteanalogie ; ce font des noms grecs auxquelsl’ufage de la langue latine a conservé leurgénitif originel : Andromache (Andro-maque ) , génit. Andromaches , premieredéclinaison : Orpheus ( Orphée ), génit.Orphei & Orpheos, seconde déclinai-son -.fyntaxis (syntaxe) , génit. fyntaxis& fyntaxeos , troisième déclinaison.

Ces exceptions font, pour ainsi dire ,les restes des incertitudes de la languenaissante. Les cas, spécialement le géni-tif, n’y furent pas fixés d'abord à desterminaisons constantes, & les premieresqu’on adopta étoient grecques, parce quele latin est comme un rejeton du grec ;elles s’altérerent insensiblement pour sedéfaire de cet air d’emprunt, & pour serevêtir des apparences de la propriété.

Ainsi as fut d’abord la terminaison dugénitif de la premiere déclinaison , &l'on disoit musa , musas , comme les Do-riens nov<rx, nfxç. Outre le pater familiasconnu de tout le monde , on trouve en-core bien d’autres traces de ce génitifdans les auteurs ; dans Ennius, àux ipfevias , pour vice i & dans Virgile (JE ne id.Ii.) mhil ipfa, nec auras, nec sonitusmemor , selon Jules Scaliger qui attribueà l’impéritie le changement A'auras enaurœ. Le génitif de la premiere décli-naison fut aussi en aï, terrai, aulaï; onlit dans Virgile, aulaï in medio , pouraulce : comme on rencontre plus d’exem-ples de ce génitif dans les poètes , onpeut présumer qu’ils l’ont introduit pourfaciliter la mesure du vers , & qu’ils serégloient alors sur la déclinaison éolienne,où au lieu du dorien nfxç , on disoit /uútxtç.

Les noms des autres déclinaisons onteu également leurs variations au génitif.On trouve plusieurs fois dans Salluste fe-nati. Aulu-Gelle ( lib. VI, c. 1 6.) nousapprend qu’on a dit fenatuis , flucluis ;& le génitif fenaiûs , fluclûs paroit n’enêtre qu’une contraction, hegénitif de diesle présente dans les auteurs fous quatreterminaisons .différentes : i°. en es commeéquités daturos illius dies pœnas. ( Cic.pro Sexto.") 2°. En e, comme César l’avoitindiqué dans ses analogies, & comme Ser-yíus_& Priscien veulent qu’on le lise dans

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ce vers de Virgile ( i Georg . 208,)

Libra die fomnique pares ubi fcceritho r as.

3 0 .En U, comme dans cet autre passagedu même poète, munera Icetitiamquedii : quod imperitiores dei legunt , ditAulu-Gelle, lib. IX, cap. 14. 4°. Enfinen ei, & c’est la terminaison qui a pré-valu.

II. Dans la dérivation philosophiquele génitif est la racine génératrice d’uneinfinité de mots, soit dans la langue la-tine même , soit dans celles qui y ontpuisé ; on en reconnoît simplement lafigurative dans ses dérivés.

Ainsi du génitif des adjectifs on forme,à peu d’exceptions près, leurs degréscomparatif & superlatif, en ajoutant à lafigurative de ce cas les terminaisons quicaractérisent ces degrés : docli , docli-or ,docli-ffimus ; prudenti-s , prudenti-or ,prudenti - fjlmus. II en' est de même des.adverbesdérivés des adjectifs ; ils prennentcette figurative au positif, & la conser-vent dans les autres degrés : prudent-is yprudent-er , prudent-ius , prudent-iffime.

Le génitif des noms sert à la dériva-tion de plusieurs especes de mots : de pa~tris font sortis les noms de patria , pa-triciatus , patratio , patronus , patronx ,patruus ; les adjectifs patrius , patricius ,patrimus ; l’ad verbe patrie ; les verbespatrare , patrijfare. On trouve même plu-sieurs noms dont le génitif , quant aumatériel, ne différé en rien de la secondepersonne du singulier du présent absolude l’indicatif des verbes qui en font dé-rivés : lex, legis ; leg o , le gis : dux , du-els ; duco , ducis. Quelques génitifs inu-sités hors de la composition, se retrouventde même dans des verbes composés dela même racine élémentaire : tibi-cen ,tibi-cinis \ con-cino , con-cinis ; parti-ceps , parti-cipis 5 ac-cipio , ac-cipis.

Nous avons dans notre langue, des motsqui viennent immédiatement d’un génitiflatin ; tels font capitaine , capitation ,qui font dérivés de capitis ; tels encoreles monosyllabes, art , mort, part , fort >&c. qui viennent des génitifs art-is ,mor-tis , part-is ,fart-is , dont on a feu-