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Tome XV.
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à pied fourchu, parce qu’ils ont plus derapport les uns avec les autres qu’avec lesanimaux solipedes, ou avec les fissipedesqui ont plus de deux doigts à chaque pied,& que l'on raslèmble fous un troisièmegenre : de la même façon que l’on établitdes genres en réunifiant des efpeces, onfait de» classes en réunissant des genres.Les animaux solipedes, les animaux à piedfourchu & les fissipedes font tous com-pris dans la dalle ries quadrupèdes, parcequ’ils ont plus de ressemblance les unsavec les autres qu’avec les oiseaux ou lespoiííbns, qui forment deux autres dalles.V. Classe, Espece , Méthode. (I)

Genre. ( Anatom. ) Le genre nerveuxest une expression assez fréquente dans nosauteurs, & signifie les nerfs considéréscomme un assemblage ou système de par-ties similaires distribuées par tout le corps.Voye\ Nerf. Le tabac contient beau-coup de sel piquant, caustique & propreà irriter ìe genre nerveux; le vinaigre prisen trop grande quantité, incommode legenre nerveux. Chambers.

Genre de style. ( Litte'r .) Commele genre d’exécution que doit employertout artiste dépend de Lobjet qu’il traite;comme le genre du Poussin n’est pointcelui de Teniers, ni l’architecture d’untemple celle d’une maison commune, nila musique d’un opéra tragédie celle d’unopéra bouffon : aussi chaque genre d’é-críre a son style propre en prose & envers. On fait assez que le style de l’hif-toire n’est point celui d’une oraison fu-nèbre ; qu’une dépêche d’ambaíîàdeur nedoit point être écrite comme un sermon ;que la comédie ne doit point fe servirdes tours hardis de l’ode, des expressionspathétiques de la tragédie, ni des méta-phores & des comparaisons de Pépopée.

Chaque genre a ses nuances différen-tes ; on peut au fond les réduire à deux,le simple & le relevé. Ces deux genres•qui en embrassent tant d’autres, ont desbeautés nécessaires qui leur font égale-ment communes ; ces beautés font la jus-tesse des idées, leur convenance , l’élé-gance , la propriété des expressions , lapureté du langage ; tout écrit , de quel- jque nature qu’il soit,, exige ces qualités.

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Les différences consistent dans les idéespropres à chaque sujet, dans les figures ,dans les tropes : ainsi un personnage decomédie n’aura ni idées sublimes ni idéesphilosophiques ; un berger n’aura pointles idées d’un conquérant, une épître di-dactique ne respirera point la passion ; &dans aucun de ces écrits on n’emploierani métaphores hardies, ni exclamationspathétiques , ni expressions véhémentes.

Entre le simple & le sublime il y aplusieurs nuances ;& c’est Part de les as-sortir, qui contribue à la perfection del’éloquence & de la poésie : c’est par cetart que Virgile s’est élevé quelquefois dansl’églogue. Ce vers

Ut vidi ! ut perii ! ut me malus abftuliterror !

feroit aussi beau dans la bouche de Di-don que dans celle d’un berger ; parcequ’il est naturel, vrai & élégant, & quele sentiment qu’il renferme convient àtoutes sortes d’états. Mais ce vers

Caflaneœque nuces mea quas Amarillisamabat.

ne conviendroit pas à un personnage hé-roïque , parce qu’il a pour objet une chosetrop petite pour un héros.

Nous n’entendons point par petit cequi est bas & grossier ; car le bas & le gros-sier n’est point un genre , c’est un défaut.

Ces deux exemples font voir évidem-ment dans quel cas on doit se permettrele mélange des styles, & quand on doitfe le défendre. La tragédie peut s’abais-ser , elle le doit même ; la simplicité re-leve souvent la grandeur, selon le pré-cepte d’Horace,

Et tragicus plerumque dolet fermonepedeflri.

Ainsi ces deux beaux vers de Titus,sinaturels & si tendres :

Depuis cinq ans entiers chaque jour jela vois ,

Et crois toujours la voir pour la premierefois.

ne seroient point du tout déplacés dansle haut comique.