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Tome XV.
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Mais ce vers d’Antiochus,

Dans Vorient désert quel devint monennui !

ne pourroit convenir à un amant dansune comédie, parce que cette beîie ex-pression figurée dans Vorient désert , estd’un genre trop relevé pour la simplicitédes brodequins.

Le défaut le plus condamnable & leplus ordinaire dans le mélange des styles ,est celui de défigurer les sujets les plussérieux, en croyant les égayer par les plai-santeries de la conversation familière.

Nous avons remarqué déjà au mot ES-PRIT , qu’un auteur qui a écrit fur laphysique, & qui prétend qu’il y a euun Hercule physicien , ajoute qu’on nepouvoit résister à un philosophe de cetteforce. Un autre qui vient d’écrire un pe-tit livre (lequel il suppose être physique& moral ) contre Futilité de l’inoculation,dit que, fi l'on met en usage la petitevérole artificielle , la mort fera bien at-trapée.

Ce défaut vient d’une affectation ri-dicule. II en est un autre qui n’est quel’effet de la négligence, c’est de mêlerau style simple & noble qu’exige l’his-toire, ces termes populaires, ces expres-sions triviales que la bienséance réprouve.On trouve trop souvent dans Mezeray,& même dans Daniel , qui ayant écritlong-tems après lui, devroit être pluscorrect , qu un général fur ces entrefaitesfie mit aux trousses de Vennemi , qu ilJfiivit fa pointe, qu’il le battit à platecouture. On ne voit point de pareillesbassesses de style dans Tite-Live , dansTacite, dans Guichardin, dans Claren-don.

Remarquons ici qu’un auteur qui s'estfait un genre de style, peut rarement lechanger quand il change d’objet. La Fon-taine , dans ses opéras, emploie ce mêmegenre qui lui est si naturel dans ses contes& dans ses fables. Benferade mit dans fatraduction des métamorphoses d’Ovide ,le genre de plaisanterie qui I’avoit faitréussir à la cour dans des madrigaux. Laperfection consisteroit à savoir assortirtoujours son style à la matière qu’on

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traite; mais qui peut être le maître deson habitude, & ployer à son gré songéni eì Article de M. de Voltaire.

Genre , (Rhétor . ) nom que les rhé-teurs donnent aux classes genérales aux-quelles on peut rapporter toutes les dif-férentes efpeces de discours ; ils distin-guent trois genres , le démonstratif, ledélibératif & le judiciaire.

Le genre démonstratif a pour objet lalouange ou le blâme, ou des sujets pure-ment oratoires; il renferme les pané-gyriques , les discours académiques, Ùc.Voye\ Démonstratif. Le délibératifcomprend la persuasion & la dissuasion.II a lieu dans les causes qui regardent lesaffaires publiques, comme les PhilippiquesdeDémosthene, &c. V. Délibératif.Le judiciaire roule fur l’accufation oula demande & la défense. V. JUDICIAI-RE. (G)

Genre. ( Musique .) On appelloit gen-res dans la musique des Grecs, la ma-niéré de partager le tétracorde ou l’éten-due de la quarte, c’est-à-dire , la maniéréd’accorder les quatre cordes qui la com-posoient.

La bonne constitution de cet accord ,c’est-à-dire , rétablissement d’un genrerégulier, dépendoit des trois réglés sui-vantes que je tire v d’Aristoxene ; la pre-mière étoit que les deux cordes extrêmesdu tétracorde dévoient toujours resterimmobiles, afin que leur intervallefât tou-jours celui d’une quarte juste ou du diatef-saron. Quantaux deux cordes moyennes,elles varioient à la vérité ; mais l'inter-valle du lichanos à la mefe (voyez cesmots) ne devoir jamais passer deux tons,ni diminuer au-delà d’un ton ; de fortequ’on avoit précisément Fespace d’un tonpour varier Faccord du lichanos, & c’estla seconde réglé. La troisième étoit, queFintervalle de la parhypate ou secondecorde à Fhypate, ne passât jamais celuide la même parhypate au lichanos.

Comme en général cet accord pouvoitse diversifier de trois façons, cela cons-tituoit trois principaux genres , qui étoientle diatonique, le chromatique & Fenhar-monique ; & ces deux derniers genres oùles deux premiers intervalles du tétracordeL 1 I 1 1 1 ij