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Tome XV.
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faisoient toujours ensemble uns sommemoindre que le troisième intervalle , s’ap-pelloient à cause de cela genres epais oudenses. V. EPAIS.

Dans le diatonique la modulation pro-cédoit par un sémi-ton , un ton & unautre ton, mi , fa , fol , la; & commeles tons y dominoient, de là lui venoitson nom. Le chromatique procédoit pardeux terni - tons consécutifs, & une tiercemineure ou un ton & demi, mi,fa,fadiefe , la. Cette modulation tenoitle mi-lieu entre celles du diatonique & de Fen-harmonique, y faisant pour ainsi dire sen-tir diverses nuances de sons, de mêmequ’entre deux couleurs principales on in-troduit plusieurs nuances intermédiaires ;& de là vient qu’on appelloit ce genrechromatique ou colore'. Dans l’enharmo-nique, la modulation procédoit par quartde ton , en divisant, selon la doctrined’Aristoxene, le sémi-ton majeur en deuxparties égales, & un diton oti tierce ma-jeure , comme mi , mi diefe enharmoni-que, fa & la; ou bien, selon les pytha-goriciens , en divisant le sémi-ton ma-jeur en deux intervalles inégaux qui for-moient, l’un le sémi-ton majeur ,' c’est-à-dire , notre diefe ordinaire , & l’autrele complément de ce même sémi-ton mi-neur au sémi-ton majeur; & ensuite lediton comme ci-devant, mi , mi diefeordinaire, fa , la. Dans le premier tasles deux intervalles égaux du mi au fa ,étoient tous deux enharmoniques ou d’unquart de ton ; dans le second cas il n’yavoir d’enharmonique que le pastàge d umi die fe au fa , c’est-à-dire, la différencedu sémi-ton mineur au sémi-ton majeur,laquelle est le diefe pythagorique, dontle rapport est de 1Z5 à 118. Voye\Diese.

Cette derniere division enharmoniquedu tétracorde , dont nnl auteur modernen’a fait mention , semble confirmée parEuclide même , quoiqu’aristoxénien ; cardans son diagramme général des troisgenres , il inféré biçn pour chaque genreun lichanos particulier, mais la parhy-pate y est la même pour tous les trois ;ce qui ne peut se faire que dans le sys-tème des pythagoriciens. Comme donc

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cette modulation , dit M. Burette, serenoít d’abord très-serrée , ne parcourantque de petits intervalles, des intervallesprefqu’infensibles, on la nommoit enhar-monique, comme qui diroit bien jointe,bien aííèmblée , probe coagmentata.

Outre ces genres principaux, il y enavoir d’autres qui résultoient tous des di-vers partages du tétracorde , ou des façonsde Faccorder différentes de celles dont onvient de parler. Aristoxene subdivise legenre chromatique en mol, hémiéolien& tonique ; & le genre diatonique enfyntonique & diatonique mol, dont ildonne toutes les différences. Aristide-Quintilien fait mention de plusieurs au-tres genres particuliers, & il en comptesix qu’il donne pour très-anciens ; savoir ,le lydien, le dorien , le phrygien , l’io-nien, le mixolydien & le syntonolydien.Ces six genres qu’il ne faut pas confondreavec les tons ou modes de même nom ,différoienten étendue; les uns ffarrivoientpas à l’octave, les autres la remplistòient,les autres l’excédoient : on peut en voirle détail dans le musicien grec.

Nous avons comme les anciens, le genrediatonique , le chromatique & l’enhar-monique , mais fans aucune subdivision ;& nous considérons ces genres fous desidées fort différentes de celles qu’ils enavoient. C’étoit pour eux autant de ma-niérés particulières de conduire le chantfur certaines cordes prescrites; pour nousce font autant de maniérés de conduire lecorps entier de Fharmonie, qui forcent lesparties à marcher par les intervalles pres-crits par ces genres ; de forte quele^cnreappartient encore plus à Fharmonie quiFengendre, qu’à la mélodie qui le faitsentir.

II faut encore remarquer que dans notremusique les genres font presque toujoursmixtes ; c’est-à-dire, que le diatoniqueentre pour beaucoup dans le chromati-que , & que l’un & F autre font nécestài-rement mêlés à l’enharmonique. Toutcela vient encore des réglés de Fharmo-nie , qui ne pourroient souffrir une con-tinuelle succession enharmonique, ou chro-matique , & aussi de celles de la mélodiequi n’en sauroit tirer de beaux chants. 11